Le HibOO

The Host

The Host, un film de Joon-ho Bong

A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l’immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l’arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu’à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. Le snack démoli, Gang-du tente de s’enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l’aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière. La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo…

Joon-ho Bong n’est autre que le réalisateur du génial Memories of murder, sorti en 2004, déjà avec Song Kang-Ho. Song Kang-Ho qui a joué avec Bae Doona dans Sympathy for Mr. Vengeance de Park Chan-wook. Bae Doona qui joue également dans The Host. Et Park Chan-wook qui va participer au prochain film de Joon-ho Bong. Park Chan-wook le réalisateur de Old Boy (ça, ça vous parle hein!).

Vous suivez?

Moi non plus mais ce n’est pas grave.

Ce qu’il faut savoir c’est que The Host est un excellent film, de la même trempe que Memories of murder, mais dans un récit clairement différent.

Des sources sûres et de bon goût m’avaient conseillé The Host depuis longtemps. Mais la dithyrambe de la presse sur les qualité du film en terme de message politique et social me laissait un peu perplexe. Encore un magnifique film qui nous dit que la guerre c’est pas beau, les américains sont méchants, que sais-je encore…

Que nenni, j’avais oublié la qualité du réalisateur dans son précédent film : les personnages, la psychologie et l’ambiance sont travaillés et mis en valeur. Du coup le message passant en trame de fond est fin, les personnages convaincants dans leur détresse, leur absurdité, leur bassesse, leur ridicule. Parfois on a l’impression que le flim bascule dans le pastiche (avec de l’eau fraîche pour moi), mais il y a toujours un élément qui nous ramène à la dure réalité de la science fiction. Qui plus est on a de vrais moments où l’on tremble avec nos héros (la famille bidochon au pays du matin calme pour ainsi dire) et la grosse bête est bien répugnante à souhait (avec une mention spéciale à sa phase de digestion). Le résultat? un film déstabilisant. Il y a des moments où l’on ne sait plus si l’on doit rire, frémir, être triste, avoir peur. Chacun réagit selon son niveau.

Comme dans Memories of murder, la Corée est peuplée d’une galerie de portraits qui croque à merveille nos sociétés modernes. Les militaires américains interventionnistes sont de la partie, les employés de bureau plus intéressés par l’appât du gain que leurs relations humaines, le clochard nihiliste, les étudiants écologistes, les enfants sdf crève-la-dalle, les employés municipaux corrompus. Le réalisateur s’est inspiré de Godzilla, disait-il, pour ce film. Que retient le public de Godzilla aujourd’hui ? Matthew Broderick, Jean Reno, New York dévastée. Et pourtant le premier Godzilla, qu’était-ce? un des tout premiers films de monstre géant japonais certes, mais aussi une critique de l’utilisation de l’atome, et la détresse des populations impuissantes face au gros lézard. Les morts, les soins qui s’organisent, des images nous rappelant la Nouvelle-Orléans, le tremblement de terre arménien, que sais-je encore?

Visiblement c’est ce qu’il a voulu accentuer dans The Host. Qui un journal télévisé annonçant un virus, qui des personnes paniquées à un passage piéton quand quelqu’un tousse (scène typique où le ridicule côtoit l’ambiance pesante de Séoul), qui des gens parqués dans un gymnase. C’est très réussi de ce côté là aussi.
Résumons :

  • vous voulez un film de monstre, allez-y.
  • vous voulez une chronique sociale, allez-y.
  • vous voulez une dénonciation politique, allez-y.
  • vous voulez voir un bon film qui ne soit pas du déjà-vu, allez-y.
  • vous voulez aller au cinéma avec votre petit frère/petite soeur, allez voir Azur et Asmar.

Bande Annonce “The Host”

Un commentaire

  1. Il est vraiement excellent ce film.

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