Le HibOO

Les Nubians

Elles sont sœurs, elles ont un culture franco-africaine, connaissent un succès sans précédent pour des artistes francophones outre-atlantique. Elles ? Ce sont les Nubians, précurseurs du mouvement ‘Slam’, et reines de la Soul. Le festival Voix de fête les invite ce Mardi 23 Mai, pour une représentation haute en couleurs, qu’on annonce déjà comme le point fort de cette onzième édition. Entretien avec C-lia, qui nous dit tout sur la belle aventure des Nubians.

On va commencer par prendre quelques nouvelles, dans quel état d’esprit êtes vous à quelques jours de votre venue à Rouen ?

Tout va bien, nous nous préparons les uns et les autres. C’est un collectif, chacun travail de son côté, mais nous préparons ce rendez vous sur scène. On se retrouve ponctuellement, chacun a sa carrière. C’est la première fois que nous venons à Rouen.

N’est-il pas étrange de connaître un tel succès aux Etats-Unis (plusieurs centaines de milliers d’albums vendus), alors que le public et les médias vous boudent un peu en France ?

Nous nous sommes fait connaître un peu à nos débuts. Après, c’est vrai qu’on s’y fait. On regarde la télévision, on voit les gens qui sont premiers aux classements et on se dit que finalement ce n’est pas grave de ne pas y être. Tant qu’on a la chance de pouvoir faire la musique qu’on aime, tant qu’on a un public, qu’importe le lieu, nous sommes très heureuses. C’est vrai qu’aux Etats-Unis, nous avons été nominées aux ‘Grammy Awards’, dans la catégorie ‘Alternative R’n’B’. Nous étions quand même face à Outkast ou Kellis. C’est vrai aussi que nous sommes le groupe francophone le plus connu là bas, peut être même toutes langues étrangères confondues. C’est assez incroyable en fait…

L’actualité, c’est ce spectacle qui fait son chemin, ‘Echos’…

Oui, l’album est sorti en Octobre 2005, on le trouve dans les bacs. Le livre – CD, sans doute à la rentrée.

Peut on parler d’un virage artistique entre l’album précédent ‘One Step Forward’ et cette nouvelle création ?

Je ne crois pas que l’on puisse parler d’un virage artistique parce que ce projet n’est pas un album des Nubians à proprement dit. C’est une première production, un projet collectif au niveau des artistes présentés. Nous avons gagné de l’argent avec de la musique, on le remet dans la musique, c’est un peu comme un relais. On a pour but de mettre en avant des choses qui nous marquent et qui font partie de notre univers.

A quel genre de concert doit-on s’attendre, lors de votre passage au Hangar 23 ?

Le spectacle de Rouen, ce sera : Les Nubians présentent Echos. On peut s’attendre à de la poésie bilingue, il y aura un poète américain avec nous, je n’en dirai pas plus car je n’aime pas dévoiler les projets ! Il faut simplement venir et découvrir.

A quand remonte cette envie de poésie ?

En fait, nous avions formé une association, le Nouveau Griot, il y a plus de dix ans maintenant, elle avait pour but de promouvoir les cultures urbaines. Dans le cadre de cette association, nous avons accueilli, en 1995, un groupe dont faisait partie Razel des Roots. On a découvert cette forme de poésie que l’on appelle maintenant ‘Slam’. Cette manière de présenter la poésie avec de la musique, nous avions trouvé ça très intéressant. On s’était dit qu’un jour on proposerait ça.

Le ‘Slam’ est à la mode, mais vous le connaissez depuis longtemps finalement…

Tout à fait. ‘Echos’ est un projet qui a été artistiquement fini en 2001, nous avions fait les Transmusicales de Rennes en 2000. Lorsque nous avons fait une première tournée américaine, en 1999, nous avion au préalable organisé un concours sur Internet pour avoir un poète gagnant dans l’Etat où nous jouions. Nous avons fait une sélection après avoir reçu des milliers de réponse. On incluait ce poète dans notre spectacle. Nous avons rencontré des gens tellement formidables et talentueux qu’il était dommage de rien en faire. Lorsque nous sommes revenues en France, nous avons essayé de rencontrer des poètes ici, mais à l’époque le ‘Slam’ n’existait pas vraiment. On peut dire que nous sommes un peu précurseurs en la matière, même aux Etats-Unis, à l’époque, il n’y avait pas encore tout ça.

On regarde la télévision, on voit les gens qui sont premiers aux classements en France et on se dit que finalement ce n’est pas grave de ne pas y être… “C-lia”

Le Festival Voix de fête, dans le cadre duquel vous êtes invitées met en avant l’art vocal, quelles sont vos références en la matière ?

Ca va de Black Mama à Edith Piaf en passant par Bobby McFerrin.

Avez-vous l’impression d’être des ambassadeurs d’une certaine culture franco-africaine ?

J’ai l’impression d’exporter ces cultures, françaises et africaines. Je dis bien africaines et non camerounaises parce qu’on véhicule beaucoup de valeurs africanes. Nous sommes autant inspirées par des artistes sénégalais que sud africains. Ambassadeurs de la France et de la francophonie, tout ça se fait naturellement puisque nous chantons en français.

Retournez vous parfois en Afrique ?

Oui, bien sûr. Nous étions au Sénégal l’année dernière, nous serons au Cameroun fin Juin.

» site web des Nubians www.lesnubians.com
» Blog de Voix de fête http://rouen.blogs.com/voixdefete

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