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Patti Smith à l’Eglise Saint-Eustache

Un Rendez-Vous de la Lune exceptionnel à l’Eglise Saint-Eustache, un lieu somptueux pour une double célébration.

  • Date : 04.11.11

Ce 4 novembre est une date importante pour Patti Smith : c’est à la fois l’anniversaire de la naissance de Robert Mapplethorpe (1946), le comparse de ses débuts artistiques qu’elle relate dans le livre Just Kids; et l’anniversaire de la mort de son mari Frederick Sonic Smith (1994).

Tout le concert sera ainsi centré sur cette célébration, mais sans que cela ne soit pesant : cela se traduisait surtout dans le choix des chansons, comme par exemple la reprise de Spanish Boots de Dylan parce que c’était la préférée de son mari, le choix de certains textes lus entre les morceaux et la façon qu’elle avait de présenter ces derniers en les replaçant dans le contexte de son histoire personnelle, dédiant par exemple Because the night à Robert Mapplethorpe car c’était devenu “something big“, le souhait qu’il avait pour les chansons de Patti à l’époque. “Robert was a great artist, Frederick the perfect man and an unperfect woman stands here to celebrate them” dira-t-elle avec amusement pour introduire Cash, une chanson qu’elle joue visiblement peu souvent et a eu du mal à se remémorer.

Le concert avait de particulier également le fait qu’il soit acoustique, avec autour de Patti, Lenny Kaye son guitariste de toujours et sa fille Jesse Paris Smith au piano, ce qui renforçait l’importance de l’évènement. Et même si le lieu avait quelque chose de solennel, il y avait tout de même une impression d’intimisme, de simplicité. L’acoustique de Saint-Eustache donnait une ampleur magnifique aux chansons jouées de façon dépouillée, permettant de profiter pleinement de la voix de Patti Smith, qui semblait d’ailleurs s’être bonifiée avec le temps.

Pour ma part c’était la première fois que je voyais Patti Smith sur scène. Je ne connais pas sa discographie sur le bout des doigts, n’ai jamais vraiment regardé de vidéos live, ni suivi de près ses dernières sorties d’albums mais sa musique a toujours fait partie intégrante de ma vie : ma mère l’écoutant depuis l’adolescence et m’ayant fait longuement écouter ses vinyls lorsque j’étais petite, notamment Horses dont la pochette fait partie de mes plus vieux souvenirs. La lecture de Just Kids en début d’année m’avait profondément marquée, et ce 4 novembre célébrant Robert Mapplethorpe, le sujet central du livre, avait ainsi un aura qui me parlait.

Découvrir Patti Smith dans ces conditions fût ainsi un moment magnifique : être face à une telle icône fait forcément entrer en jeu un complet respect et fait penser à toute l’histoire de la musique associée aux époques traversées. Mais si en plus l’artiste est dans une optique personnelle de souvenirs et offre un concert “à part”, cela décuple le sentiment d’irréalité du moment. Surtout lorsque le concert est un mix parfait entre les différentes facettes de Patti Smith : lectures, reprises, chansons récentes, incontournables … Avoir la chance d’écouter cette grande dame du rock, au charisme renversant et à la sympathie étonnante, se produire ainsi, est une chose rare et précieuse.

Quelques paroles de People have the power glissées sur la fin de Peacable Kingdom feront sentir l’arrivée du final, qui se fera sur la toujours excellente Because the night. Et si le public s’était fait extrêmement silencieux jusqu’ici, tout le monde se lèvera et viendra se rassembler autour du trio pour chanter en chœur. Un très grand moment, humain et musical qui perdura sur People have the power chantée en rappel. Une fin de concert très conviviale, chargée d’une émotion palpable de part et d’autre de la scène.

La petite bande de jeunes que nous étions au deuxième rang, s’est pris une sacrée claque.


Because the night (extract) – Patti Smith @ Eglise Saint-Eustache

» www.pattismith.net
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