Nery Belgistan + Ivan Tirtiaux à la Maroquinerie

Belle claque que le concert de Nery à la Maroquinerie ! Je me rappelle vaguement gamin d’avoir écouté un groupe répondant au doux patronyme de “VRP” mais ce que j’ai entendu hier n’avait rien à voir avec cette formation des années 80. Entre trip-hop, jazz, expérimental, et paroles soignées, Nery est un univers fantastique, une fable vivante où le spectateur admiratif se laisse conter des histoires parfois loufoques, parfois magiques, mais toujours subtiles.
- Photos : 61
- Date : 07.12.06
- Photographe : Rod, Alexandra
- Adresse : 23 rue Boyer 75020 PARIS
- Téléphone : 01 40 33 35 05
- Web : www.lamaroquinerie.fr
Un des avantages indéniables de la Maroquinerie est sans aucun doute son public : je n’ai jamais vu ça ailleurs, mais dans ce lieu, personne ne vient devant la scène : tout le monde squatte au préalable les escaliers. Pour quelqu’un qui photographie, cela laisse du coup une énorme latitude concernant les cadrages. Et le bal commence pratiquement à l’heure, avec un Nery Belgistan qui vient lui-même présenter sa première partie, qu’il a découvert en Belgique. C’est ainsi que commença le concert d’Ivan Tirtiaux
Ivan Tirtiaux (web)

Voix au départ surprenante (de par son timbre), Ivan va réellement diviser l’auditoire. Certains vont adorer (une jolie jeune femme ira même jusqu’à le considérer comme le petit frère de Franck Monnet), d’autres vont littéralement détester … le personnage ne laisse pas indifférent. Entre bossa, funk, et chansons à texte période Brel / Brassens, Ivan Tirtiaux ne se laisse pas démonter, et pratiquera beaucoup l’humour qui fait mouche en guise d’intermède. Et sa reprise de Brel - le dernier morceau de son set - va enfoncer le clou. Certains doivent considérer que reprise = karaoké en prime time à la Star Ac’, alors imaginez la surprise du public lorsqu’Ivan ne garde quasiment rien de la chanson “Ces gens là”, juste les paroles, et se réapproprie complètement cette dernière au niveau musical. Il fallait oser :) Univers à découvrir sur son MySpace, les morceaux étant “complets” (c’est-à-dire avec d’autres instruments)
Nery Belgistan (web)

Je ne peux pas vous dire que j’attendais quelque chose de particulier du concert de Nery Belgistan. De mémoire, il avait joué dans un groupe des années 80, sans me douter une seule seconde ce qu’il était devenu. Il faisait partie de ces artistes de cette époque qui composaient deux ou trois tubes, et qui disparurent aussi vite qu’ils avaient gravi les échelons du Top50. Quand il entre sur scène, c’est un peu comme si la Maroquinerie avait basculé dans une autre dimension. Accompagnement musical de haut niveau, à l’ambiance trip-hop/jazz, Nery est un véritable pantin qui se laisse guider au fil de ses chansons. On sent le personnage profondément amoureux de la scène, aimant regarder son public et interagir avec. Je ne connais rien à son répertoire, je ne vais donc pas extrapôler, si ce n’est que j’ai aimé tout ce que j’ai pu entendre. En revanche, là où je peux me permettre de crier au génie, c’est quand son guitariste va casser sa corde, et que Nery et ses musiciens vont improviser une chanson “avec des paroles comme il aime, du n’importe quoi”. Une chanson qui relate son concert à la Maroquinerie avec un guitariste qui a brisé sa corde … si vous aviez été là, vous auriez jubilé de voir comment un homme face à une situation imprévue a crée un morceau parfait, avec des rimes travaillées, prouvant le génie du personnage. J’ai même encore du mal à y croire au moment d’écrire ces lignes. Le concert de Nery Belgistan fut à mon sens l’un des plus surprenants qu’il m’ait été donné de voir depuis que je suis à Paris (OK, ça ne fait que 3 mois), une musique qui reflète la malice et l’intelligence du personnage : ouverte, sans frontière, compliquée mais abordable … bravo. A revoir très vite le 14 décembre, puisque le chanteur est invité pour le concert d’Olivia Ruiz !
Les Photos des concerts de Ivan Tirtiaux et Nery Belgistan
























































