Chris Cornell à la Cigale : le show à l’américaine
Quand vous demandez un pass photo à un gros label – en l’occurence Polydor – le jour même du concert, en plein milieu d’après-midi, vos chances de l’obtenir frôlent le 0%. Mais 30 minutes avant le set, je reçois un email m’annonçant que je peux couvrir le live de l’ex leader de Soundgarden. Cool, le trajet entre Villejuif et Rue Rochechouart est d’environ du double. Chris Cornell, me voilà !
- Date : 24.02.09
- Adresse : 120 Bd Rochechouart 75018 Paris
- Tél : 01.49.25.81.75
- Web : www.lacigale.fr
Une Cigale quasi sold out, un public déjà installé à 19h30 avec en guise de fond sonore, une première partie … dès qu’il s’agit de groupes outre atlantique on ne rigole pas avec les horaires. Ma dernière rencontre avec Chris Cornell remonte à il y a presque 18 ans. C’était en 1992, à Vincennes. A l’époque, il officiait en tant que frontman chez Soundgarden (juste l’un des meilleurs groupes « grunge » avec Nirvana), et faisait partie de l’une des mises en bouche avant l’ultimate concert (Guns N’ Roses, l’autre groupe programmé avant la bande d’Axl Rose étant Faith No More). Je m’en rappelle encore : bien qu’étant loin (et petit, comme maintenant quoi), j’avais pu capter une fougue monstrueuse, et aucun groupe n’avait ce jour là dépareillé. Mais voilà, c’était il y a longtemps.
1997 marque la fin de Soundgarden. Chris, avec trois des membres de Rage Against the Machine, montent Audioslave, un très bon groupe mais qui n’arrivera pas à trouver l’écho souhaité sur le plan international. Son retour « gagnant » sera la signature de « You Know My Name », la musique originale de Casino Royale. Dès lors, l’engrenage se dégrippe, se remet en route, et si en 2007 on retiendra de Carry On un ensemble de compos de très bonne facture (sans oublier l’excellente reprise de Michael Jackson (Billie Jean), le public est désormais sur le qui vive suite à l’annonce de la participation de Timbaland sur le prochain opus (Scream / sortie repoussée au 10 mars 2009). OK, ça n’a pas réussi à M. Pokora, mais Chris, lui, a du talent. Ca change tout. (Hein ?)
On a failli ne pas le voir le joli Chris, quand même. Bah oui, si tu te rappelles bien, il avait annulé, au même endroit, son concert initialement prévu le 24 juin dernier. Alors t’imagines bien que ce soir, le public présent, il était juste au taquet. Dans les premiers rangs, de nombreuses jolies filles venues exprès de Londes ne cachent pas leur excitation (elles l’ont déjà vu précédemment à Londres, mais estiment que « Paris is amazing ! » Ce n’est pas moi qui vais les contredire à ce sujet)

Calé / casé au premier rang grâce à ces jolies naïades qui ont spontanément « offert » leur emplacement – en Angleterre visiblement, on aime les photographes :) – je partage avec le public le jeu du « j’attends une star internationale » : ainsi, si les changements de scène en général ne dure que 20 minutes, tout le monde se mangera 1 heure dans le vide, pour rien. Jusqu’à siffler l’exaspération ultime lorsque un roadie se pointe sur scène pour changer la disposition d’un des deux guitaristes accompagnant la star. Mais l’adage « plus c’est long, plus c’est bon » se confirme, car lorsque la pendule sonne le glas des 21h00, le public – discipliné comme pas possible, limite on se serait cru à un concert de Nana Mouskouri niveau énergie – va s’embraser dès l’arrivée du beau mâle quadragénaire qui n’a rien perdu de son charisme d’antan. Tout le monde est aux anges, pendant que je reste sur ma faim.
Oui, Chris chante toujours aussi bien. Oui, sa voix est toujours aussi empreinte de rage nuancée (quand on pouvait l’entendre, l’instrumental prenant souvent le dessus). Oui, il est juste ultimate beau gosse, et ce, à 45 balais et quelques. Oui, les compos post-Soundgarden / post-Audioslave ont du mordant en live (enfin … aucune chanson ne vaudra 1/100ème à mes oreilles de ce que Cornell a pu interpréter jadis, soyons honnête). Mais oui aussi, c’est un show à l’américaine : les titres s’enchainent comme si on écoutait un album sur Iphone, les mots se font rares, les mouvements semblent calculés et la participation avec le public se résume à des serrages de mains avec le premier rang (ces élus, qui ont attendu le bonhomme depuis 15h, ont dû vivre l’un de leurs plus beaux lives). Après l’on aime ou non ce type de prestation quasi robotisée, mais quand on a connu de visu l’époque Soundgarden, le choc est impossible à éviter. Quoiqu’il en soit, une prestation – trop – sans faille, et pour ma part, ce n’est pas ce que j’attends d’un live. D’autres, sûrement que si.
La soirée se finira assez bizarrement pour moi : je décide de suivre une jolie asiatique dans un bar visiblement hype, où Rodeo Massacre semblait jouer en version minimalo-acoustique, pour y rencontrer José (Stuck in the Sound), Romuald (You), Fanck S, Cédric (Joseph d’Anvers / Phoebe Killdeer) ou encore une ravissante blonde au doux patronyme de Dorothée (qui découvrait le concept du coca-menthe). C’est ça Paris mon brave monsieur : tu sais comment une soirée démarre, tu ne sais jamais comment elle finit.

Nicolas 25.02.09 | 13:58
alors là, sans parler du report proprement dit, j’ai un souci énorme !
Admettons je dois aller à la cigale bientôt (chose impossible bien entendu :) ) et je tombe sur ce billet par hasard :
# Adresse : 28, boulevard des Capucines, 75009 PARIS
la cigale n’est pas au 120 Bd Rochechouart ?
On m’aurait menti !? :)
Rod 25.02.09 | 14:13
Ah les commentaires de Nicolas, comment le HibOO pourrait survivre sans.
Nicolas 25.02.09 | 14:18
Oui bah on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a hein. (c’est à dire pas grand chose, mais je le sais !)
Bon maintenant je relis le report et j’apprends :)
daniel 25.02.09 | 14:46
Alors, je pense qu’il faut préciser le contexte: le nouvel album « scream » produit par Timbaland n’est pas encore sorti dans le commerce et a la particularité de présenter l’ensemble des morceaux enchaînés, sans interruptions ni blancs entre.
Donc le fait de jouer la première partie du concert sans un mot et en enchainant les morceaux avait un sens: celui de présenter l’album comme il a été conçu, un tout, un ensemble indissociable.
Personnellement j’ai donc beaucoup apprécié et trouvé ça plutôt courageux (l’essentiel des chansons étaient inconnues de (presque) tous). Bravo Chris Cornell donc!
Ps: en m^me temps moi j’ai payé ma place et me suis tapé 3000 km en 2 jours pour être là…
Rod 25.02.09 | 14:56
Daniel : bravo pour ton courage. Jamais j’ai fait ca pour un groupe, et pourtant j’ai été fan, de certains trucs qui me faisaient rever.
Un album OK. Mais en live … c’est une autre histoire : j’ai pas accroché, mais c’est pour ca que j’ai nuancé en separant mon avis du ressenti de la salle.
Cédric 25.02.09 | 15:08
J’étais au 1er rang accoudé contre la scène et j’ai eu le même ressenti . A savoir , on fais ce qu’on a faire , point barre . La prestation générale a été en demi-teinte .
Le gros du problème a été le son instrumental beaucoup trop puissant par rapport aux réglages des micros . Et oui , mon cher Chris , ton atout majeur a été éclipsé par tes musicos …
Pour le reste , ne connaissant pas le nouvel album , j’ai trouvé ça plutôt sympa . J’ai pu entendre la version album a l’instant et finalement les titres sont mieux en live ( on entend beaucoup moins les guitares sur le futur album )
Sinon , je reste tout de même sur ma faim . Parce que je suis de la génération du Big Four de Seattle , Soundgarden a été mon adolescence et j’ai énormément apprécié Audioslave . Mais pas un seul titre de joué …
Finalement , je reste sur une déception …
LILIBELLULE86 25.02.09 | 15:43
Pour ma part decéption totale!
Un concert acceptisé…plutôt banal…LE CHRIS CORNEL d’antan est bien loin.
Je n’ai même pas pu rester jusquà la fin et je reste sur ma faim justement, grave la dale en sortant …
JS 25.02.09 | 17:47
Soundgarden, clair que c’était LE groupe grunge, par contre je trouve la prod de son dernier album juste minable. Il faut que Timbaland arrête la musique en fait. Sinon Rod, je crois que ce que je préfère, c’est la toute dernière partie de ta soirée ! ;-)
Sten 26.02.09 | 09:44
Ah bah j’y étais aussi et c’était vraiment décevant. La première partie ressemblait à l’album de Nelly Furtado et le gros problème lorsque l’on enchaîne les morceaux de cette manière c’est que ça permet au public de s’apercevoir à quel point leur structure est similaire : BOUM BOUM constant à la batterie, riffs riffs, refrain et voix de filles et konga – tchikitchiki à la Timbaland en fond sonore.
Bref. Heureusement qu’il y avait la 2ème partie.
Et je crois que s’il n’a pas fait Black Hole Sun c’était pour faire ch*** le public.
mounira 26.02.09 | 11:25
Coucou Rod,
J’étais juste à coté de toi avec mon amie (c’est moi qui a eu l’idée du flash pour la photo :p ) J’adore les photos que tu as faite, les miennes ne sont pas si jolie :) et ma carte mémoire m’a laissé tombé au milieu du concert. Et quel concert !! Un Chris Cornell en pleine forme, c’était super :)
Une petite déception quand même: il n’ a pas chanté Black Hole Sun :(
Elisabeth 26.02.09 | 14:16
Mais si, on l’a eu Black Hole Sun ! Version musique d’ascenseur, une fois que la salle était rallumée. On était quelques uns à le chanter parmi ceux qui n’étaient pas encore sortis.
Poliment, on peut appeler ça un pied de nez ?
Monsieur Chris change de cap, et il veut nous l’imposer. A prendre ou à laisser. M’est avis que ça ne durera pas (j’espère !).
J’avais passé tout le week-end à écouter ‘Scream’ en boucle. Il m’a bien fallu ça pour m’y habituer. Au bout d’un moment, on réussit à retrouver sa voix à quelques détours. Trois quatre notes qui nous ramènent 15 ans en arrière… Mais pour ça, il faut accepter d’entrer dans l’univers tchikitchiki (c). Et merde quoi… c’est pas rock-and-roll !
‘fin bref… Du coup, j’étais en terrain connu pendant toutes les premières chansons. N’écoutant que ma bonne humeur, j’ai pu apprécier.
Je ne reviendrai pas sur le son pourri (qui ne rend pas si mal sur les petites vidéos que j’ai enregistrées).
Heureusement qu’il y avait la deuxième partie, oui. Mais elle arrivait un peu tard.
Il aurait dû le savoir, Chris, que nous les Français râleurs, il n’allait pas nous mettre dans sa poche avec ça.
Enfin bon… tournée de présentation de Scream. Ben voilà, on a compris. Faut évoluer, se tourner vers de nouveaux horizons, en gardant la rage intacte (?)…
Allez, dans deux ans il a fini ses conneries, et il revient comme on l’a toujours aimé. En mieux.
Conclusion : concert en demi-teinte, mais l’enthousiasme aura pris le dessus, c’était la première fois que je le voyais !
Et ça ne m’aura pas empêchée de chanter Spoonman sur tout le chemin du retour.
El Ludo 11.03.09 | 12:35
Hello, j’étais là ce fameux 24 février, le concert à un petit goût de bizarre pour moi …
Bon, j’étais de ceux qui était au premier rang (envrion 1m50 de la scène, quasi en face). Je suis arrivé à 19H et j’ai pas eu à me faufiler … à cette heure il n’y avait quasi-personne dans la salle alors celui qui est arrivé à 15H à perdu son temps ;-)
Je m’attendais vraiment à autre chose du live sur Scream, les echos des US que j’ai eu m’avaient dit que les morceaux du dernier album avaient été ré-arrangés pour la scène … et qu’il en jouait 3-4 par set … ben perdu pour nous (on a eu l’album et ils ont été joués comme sur l’album). En plus le son était affreux, l’attente interminable, la première partie désolante d’inutilité … bref. Le concert a commencé à 21h15 au lieu de 19h30 et j’ai du le quitter avant la fin pour récupérer ma voiture au parking. Bizarre cette soirée. Le concert au Showcase en 2007 était énorme, celui-là … euh … quand au virage de Chris sur cet album j’avoue avoir eu un peu de mal au début mais en fin de compte je trouve ça pas mal.