Morse

Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même et martyrisé par les garçons de sa classe. Pour tromper son ennui, il se réfugie au fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance. Quand Eli s’installe avec son père sur le même pallier que lui, Oskar trouve enfin quelqu’un avec qui se lier d’amitié. Ne sortant que la nuit, et en t-shirt malgré le froid glacial, la jeune fille ne manque pas de l’intriguer… et son arrivée dans cette banlieue de Stockolm coïncide avec une série de morts sanglantes et de disparitions mystérieuses. Il n’en faut pas plus à Oskar pour comprendre : Eli est un vampire. Leur complicité n’en pâtira pas, au contraire… (Fiche Allociné)

Il ne faut pas se leurrer : avec sa distribution émiettée, Morse n’a pas du/pu trouver facilement son public, d’autant plus que ce dernier est estampillé « made in sweden ». Qui implique un certain nombre d’éléments à la fois oubliés et délaissés du cinéma contemporain pop corn actuel (en d’autres termes : on est à 300 000 lieux de Underworld)

Critique de film, avis : Morse de Tomas Alfredson avec Kare Hedebrant, Lina Leandersson, Per Ragnar | Chrysalis Films - Sortie 04 février 2009

Morse n’est pas véritablement un film, mais plutôt un ensemble de clichés merveilleusement saisis : les profondeurs de champs maximisées isolent les individus de l’environnement, laissant place à de véritables portraits animés d’une rare beauté, esthétiques et magnifiques à souhait. Les décors, les rappels de certains endroits – une branche cristallisée utilisée comme marqueur temporel ne sont pas sans rappeler certains montages coréens : malgré la noirceur du propos, et les tabous qu’il soulève, Morse n’en demeure pas moins une magnifique expérience visuelle.

A l’instar de Festen qui foudroya bon nombre d’entre nous par la froideur balancée pour dénoncer un père pédophile, Morse n’échappe pas à la règle : bien que s’agissant d’une histoire de vampire, l’amour et la sensualité entre deux enfants (12 ans), la violence crue, le sacrifice pour autrui ou encore les relations particulières entre certains protagonistes mettant mal à l’aise rendent l’histoire particulièrement captivante. Certes, tout film osant mettre en scène des monstres ne peut échapper à une ou deux scènes gores, mais le propos est vraiment ailleurs. Ici, l’on parle bien de différence et d’acceptation. L’une est un vampire qui aimerait ne plus l’être, l’autre est un petit garçon aux tendances psychopathes qui aimerait devenir fort pour ne plus être le bouc émissaire de quelques élèves particulièrement mal élevés.

Toutefois, outre une histoire particulièrement bien ficelée et une image soignée à l’extrême, l’on sera subjugué par la prestation du duo Kare Hedebrant / Lina Leandersson, absolument parfait de sincérité, de crédibilité et de sensibilité. Oui, en Suède, certains gosses de 12 ans sont meilleurs acteurs que nos français bankables. Et forcément, sur ce genre de film, ça fait toute la différence. A voir absolument, si bien sûr vous arrivez à trouver une salle qui le diffuse …

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4 commentaires

  1. Ça fait longtemps qu’il me fait de l’oeil ce film, tu m’as convaincu d’aller le voir !

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  2. PS I: nombre moyen de spectateurs par salles: 4

    PS II : film qui me trotte toujours dans l’esprit plusieurs jours après

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  3. melchior 4.03.09 | 11:03

    ma claque de l’année , gus van sant a du s’en mordre les doigts.

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  4. En même temps les films de Van Sant sont d’un chiant !

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publié par Rod le 3 mar 2009 à 11:21

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