Watchmen – Les Gardiens

Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, « Watchmen – Les Gardiens » – se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l’Horloge de l’Apocalypse -symbole de la tension entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l’un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu’il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l’un d’entre-eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l’humanité … Mais qui veille sur ces gardiens ?

A d’ja le synopsis qui donne pas envie d’y aller

Ah on l’aura attendu ce film. Buzzé avec des infos, photos et trailers au compte goutte, jusqu’à nous faire croire à une histoire de dingue style conspiration Millenium (genre que le film n’allait jamais sortir pour des problèmes de droits entre deux distributeurs), tous les fans de Watchmen (et pire, ceux qui n’ont jamais entendu parler du roman graphique d’origine) VOULAIENT le voir. Sur ce plan, le pari est plutôt réussi : les moutons aiment l’herbe qu’on leur donne à pêtre. Mais voilà : si Zack Snyder m’avait troublé avec son armée des morts (s(a)ignant là la retraite de Romero, avant son retour en force avec le diaboliquement génial Diary of the Dead), et s’il m’avait explosé la fovéa avec son somptueux 300, il s’est sacrément vautré avec Watchmen. On pourrait même dire qu’il souffre du syndrome Alex Proyas.

Alex Proyas. Un réalisateur de génie et de talent. Qui sort, dans l’anonymat quasi complet, l’un des meilleurs films de SF de ces 20 dernières années, en l’occurence Dark City. Une sorte de Matrix avant Matrix. Une vision singulière entâchée quelques années plus tard par les sirènes cannibalo-pécuniaires d’Hollywood : ainsi le prodige sortit « I, Robot », tirée du livre d’anticipation de l’inimitable Asimov. Avec un Will Smith moins bon que Sonny, pourtant en images de synthèse (ça donne au moins le niveau du bon vieux prince de bel air quant à ses capacités à émouvoir).

Avis, Chronique, Critique Film : Watchmen de Zack Snyder avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson, Malin Akerman | Paramount Pictures France - Sortie 04 mars 2009

Zacky (oui, on va se la jouer intime sur ce coup là), issu du milieu clipesque, avait donné un sacré souffle, au même titre que Frank Miller (Sin City, que l’on peut désormais qualifier sans aucun doute comme meilleure adaptation Comics de tous les temps), avec une approche quasi viscérale dans ses productions : du montage – très, trop ? – nerveux, des effets graphiques outranciers, une mise en scène digne de toiles de maîtres … le mec a clairement du potentiel, reniflé par ces vieux sharks qui prostituent les plus grands, et qui ont surtout compris le filon depuis les adaptations à succès des X-Men, Batman, Spiderman et autres personnages torturés des écuries Marvel / DC Comics. Et qu’arrive-t-il quand on donne trop de moyens à un gamin ? Bah il en fait de trop. Et là, c’est même : quand c’est trop, c’est tropico.

Déjà, c’est long. Mais long ne veut pas forcément dire chiant. Là, pas de bol, c’est long ET chiant. OK, Il faut du temps pour installer les personnages et la trame scénaristique – ce qui est en soi une très bonne chose, surtout dans le cas présent, tant l’oeuvre est riche – mais retirer du montage environ 30 minutes n’aurait aucunement nui à la compréhension de l’histoire (genre la scène de baise, digne d’un mauvais téléfilm érotique NT1 … oups, j’en dis trop sur mes habitudes là ?). On ne parlera pas non plus de la surabondance des effets spéciaux. On atteint d’ailleurs, « sur Mars », la même indigestion que Blueberry (oui oui, la farce avec Vincent Cassel) ; quand la surenchère dépasse la plausibilité, on switche de la notion de film à « intro Playstation ». Et là on me balance « ouais mais c’est un film de super-héros, dans une réalité différente de la notre, alors c’est quoi le problème ? » Et bien le problème, c’est que tout filme qui s’aventure dans le fantastique, horreur et/ou science-fiction se doit d’être crédible, même si rien ne peut exister. Certes, la tâche n’est pas forcément facile, puisque parmi tous les héros, l’un d’entre eux atteint le stade d’un Dieu niveau création / ubiquité / invulnérabilité / destruction … mais voilà, aucun des protagonistes (hormis Rorschach, bis) n’accroche vraiment nos pupilles dilatées de ce feu d’artifices visuel.

Et pour enfoncer le clou, une bande originale constituée de « simples » diffusions de Mozart, Simon & Garfunkel and co … le too much est atteint (non mais sérieux, c’est difficile de faire autre chose qu’une compilation purement marketing qu’on espère vendre après un visionnage massif ?). En d’autres termes : Watchmen (l’oeuvre d’origine) est l’un des meilleurs romans graphiques qui ait jamais été écrit. Zack Znyder est un virtuose absolu de l’image (bien qu’on lui reprochera cette fois-ci des effets « 300″ tout simplement agaçants, notamment les ralentis systématiques lors des combats, complètement superflus et rébarbatifs). Mais une fois de plus, mon expression du moment l’emporte « le tout est différent de la somme des parties » : et c’est le cas ici. Un bon roman et un bon réalisateur ne font pas forcément une bonne adaptation. Reste à attendre Sin City 2.

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8 commentaires

  1. Je ne pense pas me tromper en disant que tu n’as pas lu le bouquin. Car le film se regarde comme une bande dessinée. Et surtout, Watchmen n’est pas un film de super-héros (je parle du genre). Pas « X-Men, Batman, Spiderman et autres personnages torturés des écuries Marvel / DC Comics » justement.

    C’est en lisant le bouquin qu’on pige aussi le second degré de Watchmen. Des vrais problématiques, mais des hommes en collants avant tout, un homme stroumpf et des musiques kitsch.

    Après si on n’apprécie pas, c’est autre chose.

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  2. Si si j’ai lu. C’est fou hein.

    Sin City se regarde comme une BD … les plans sont d’ailleurs calqués sur les planches, et c’est un vrai régal.

    Pas Watchmen. Que les Watchmen ne soient pas comme les films du genre n’a aucune correlation avec le fait que ce soit chiant à regarder. Du moins, selon moi. Et dieu sait que je l’attendais ce film (parce que déjà au depart, chuis un fan du travail de snyder)

    Par ailleurs (je n’ai que des lecteurs en diagonale sur le hiboo ou quoi ?) je ne dis en aucun cas que Watchmen = X Men and Co … je parle de la tendance hollywoodienne à vouloir adapter les comics / mangas and co … (rien à voir donc avec ce que tu soulignes)

    Enfin, je serais tenté de dire « il y a un avant et un après Marvel Zombies » :)

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  3. C’est marrant mais en tant que fan du comics, j’ai eu exactement le ressenti inverse : je n’en revenais pas de retrouver à ce point l’ambiance, et même l’essence de l’original. J’espérais que ce serait réussi, je pensais être déçue, mais je ne m’attendais pas à une claque pareille. A quelques réserves près, c’est pour moi un quasi sans faute. Ça me démange d’y retourner d’ailleurs (et de relire le comics, forcément).

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  4. Ayant lu le bouquin, c’est à mon avis la meilleure transposition qu’il pouvait être fait, le film est pour moi trop court tellement la BD est complexe.
    J’ai même trouvé que Zack Snyder s’était largement calmé sur les ralentis à la 300. Alors oui, la bande annonce ment en montrant de l’action, mais résumé la BD en 2h48 ne fut pas chose facile, mais en 2min, c’était impossible.

    Depuis quand, un film, si il touche au fantastique ou à la SF, il se doit d’être réaliste, en quoi les Star Wars sont réalistes, les jedis bondissent comme des cabris défiant les lois de la gravité, X-Men, un gars à des laser dans les yeux, en quoi c’est crédible?? Justement, le fantastique, la SF permet de s’affranchir de ces contraintes là, du crédible, sinon ça ne serait pas de la SF.

    PS: Sin City est pour moi ce qui ce fait de pire au cinéma, une bouillie numérique gerbative digne de la nouvelle saga de Lucas, ou Rodriguez et son pote Tarantino on préféré prendre des Star pour être sûr de vendre au lieu de prendre des acteurs moins connu mais ayant plus de talents, Pour moi, 300 reste à ce jour la meilleure adaptation d’un comics, suivi par Watchmen et Iron Man.

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  5. Ah oui, j’ai oublié Iron Man tiens (qui est en fait la meilleure adaptation, et non Sin City) :)

    Justement, la bonne SF est plausible parce qu’elle s’appuie sur des trucs finalemnt tres scientifiques : il suffit de lire la complexité des bouquins d’Asimov pour en etre convaincu. La ca fait trop too much. C’est comme ca que je l’ai ressenti. De toute facon je ne m’attendais pas à d’autres reactions, vu que tout le monde a aimé le film … mais moi je n’attendais pas mieux que d’etre happé par l’histoire. je me suis fait chier, point. je ne vais pas me forcer parce que la masse a aimé … hein.

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  6. wilfrid 7.03.09 | 12:33

    il faut prendre un peu de recul les fan du comics vont plus ou moin aimer se film, le film est pas mal realiser mais il na aucune attache dynamique tan les dialogue son grand (surtout se de fantomas XD ) les scene d’action tres dur tres bien monter, mais le rapport des deux fait un melange bizzard un peu mou.

    je probleme est que de long dialogue tres complexe pour 2 min d’action mais sans vraiment avoir un sens entre deux plutot le film a du sens mais les scene sont disposer d’une maniere ou meme si action est violente la dynamique nai pas au rendez vous

    c’est un bon film mais il est trop long pour un film d’action trop cour pour la philosophie

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  7. Heureusement que tu vas pas te forcer à aimer parce que la masse à aimé…

    Ok pour la complexité des livres d’Asimov, mais là, on parle d’un film, il est impossible d’avoir la même complexité entre un livre et un film. Il suffit de voir la transposition du Seigneur des Anneaux en film, le livre est quand même beaucoup plus complexe, et ce malgré que Peter Jackson ai fait 3 film de 3h30.

    Si effectivement j’aime la SF « réaliste » comme l’univers de Star Trek (un des plus réaliste), je trouve que des films au univers complètement irréalistes sont bon…

    Le problème je pense, c’est que Snyder était trop trop fan de la bd de Moore, du coup, il à voulu tout faire, trop en faire pour plaire aux fans, croyant que les « noob » aimeraient, mais au final, si le film à effectivement plus à 99% des fans de la bd, les autres se sont sentis un peu perdu.

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  8. Je suis entièrement d’accord avec Alex, notamment sur le fait que le problème du film soit peut-être d’avoir été fait par un fan pour des fans.

    Sur la cohérence interne du fantastique ou de la SF, je rejoins Rod, à ceci près que ce qui fait entre autres l’intérêt des Watchmen, c’est le parti-pris d’écrire une histoire de super-héros extrêmement réaliste. Ça passe un peu moins bien dans le film que dans la BD, mais je n’ai pas trouvé que ce soit « too much ».

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  1. Arrow
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publié par Rod le 6 mar 2009 à 23:26

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