[Sisters of Mercy] boulevard détonnant au Bataclan

Un public plus très juvénile au Bataclan en ce samedi soir, pas franchement très looké, pour un concert affichant complet, ce qui est surprenant quand on sait que des places étaient encore en vente la veille et qu’on est loin d’être totalement oppressés dans la fosse… à croire que la capacité de la salle a été réduite ?

  • Date : 07.03.09
  • Adresse : 50 boulevard Voltaire 75011 Paris
  • Téléphone : 01.43.14.00.30
  • Web : www.le-bataclan.com

I Like Trains (web)

Comme souvent ici, l’heure affichée sur les billets correspond à l’heure de début du set de la première partie, ce qui explique que l’on rate une partie de la prestation de I Like Trains, un quatuor anglais qui se propose de nous offrir des « Chansons populaires mélodramatiques« , qui se traduisent par des envolées guitaristiques assez longuettes, sur des morceaux qui peuvent évoquer une rencontre improbable entre Cure et Echo & the Bunnymen… Comme lors de leur prestation d’il y a deux ans et demi au Glaz’Art, on a la sensation que le post-rock potentiellement intéressant du groupe est toujours largement gâché par des volontés progressives qui pourraient éventuellement correspondre à des accompagnements cinématographiques, mais qui en concert sont trop lourdaudes pour empêcher les bâillements…

Sisters of Mercy (web)

Il y a trois ans, la prestation des Sisters of Mercy au Zénith avait laissé l’ensemble des spectateurs pour le moins dubitatifs, étant donné que le son était totalement lamentable, et que pour apercevoir le groupe il fallait bénéficier d’une vision infrarouge capable de percer un mur de fumée omniprésent… Ce soir, il y a donc un évident besoin de réhabilitation, même si la théorie veut que Andrew Eldritch haïsse la France et les Français en général… D’entrée de jeu, il y a une ressemblance certaine au niveau vision, étant donnée la quantité astronomique de fumée qui est déversée (et le sera tout au long du set), ce qui permet d’entrevoir de temps à autres les musiciens, au nombre de deux guitaristes au premier plan et d’un responsable de Dr Avalanche que l’on devinera en arrière-plan lorsque les conditions météorologiques le permettront… En revanche, le son est plutôt bon, on reconnaît assez aisément les titres sans avoir besoin d’attendre les refrains, et le groupe semble très au point scéniquement parlant ! Bien sûr, Andrew Eldritch, toujours le crâne rasé et les lunettes noires sur les yeux, laisse parfois disparaître sa voix, étonnamment mixée, et on ne peut pas vraiment dire qu’il y a le moindre échange avec le public (deux « thank you » en tout et pour tout, c’est un peu maigre !), ce qui peut tout de même se comprendre dans la mesure où la totalité des morceaux s’appuient sur la boîte à rythmes et les sons pré-enregistrés, ce qui ne laisse que très peu de latitude au chanteur pour montrer ses progrès en français… Mais à vrai dire, il faut avouer que ce qui importe, c’est la musique, et là il n’y a pas vraiment de déception, puisque le groupe parcourt la totalité de la carrière du groupe (3 albums depuis 1983, le dernier en 1990…) de alice, first & last & always ou marian à un certain nombre de nouveaux titres, certains connus (we are the same suzanne), d’autres semblant encore inédits, ce qui prouve que l’absence de discographie récente n’empêche pas le groupe d’avoir travaillé… On note que pas mal de morceaux anciens ont été vraiment retravaillés, les intros pouvant parfois faire hésiter les fans, et que certains titres incontournables (dominion/mother russia, flood 2, ribbons…) n’ont pas pris une ride, quels que soient les musiciens interchangeables qui accompagnent le chanteur au fil des années… Au bout d’une heure, le groupe quitte la scène, ce qui laisse augurer d’une fin de concert peu tardive, mais en 2 rappels le trio/quatuor réussit à faire en sorte que chacun trouve son bonheur, s’il ne l’avait pas fait jusque là : d’abord avec un enchaînement something fast / vision thing de très haut niveau, puis avec un second rappel presque inespéré, entamé avec lucretia my reflection qui se clôt avec temple of love, dans une version très différente à la fois de l’original et des diverses interprétations ouïes au fil des innombrables enregistrements pirates qui envahissent les bacs depuis 25 ans… Au final, 1h25 de bon concert, pas forcément inoubliable, mais tout de même de nature à redorer le blason d’un groupe terni par une prestation zénithique assez catastrophique ! Et si l’on veut être franc, étant donné le peu de visibilité du jeu de scène du groupe, un bon pirate peut largement suffire au plaisir des aficionados du groupe, en dehors de la communion créée par le rassemblement des troupes en un lieu commun…

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publié par matttbrrr le 8 mar 2009 à 22:27

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