Comme t’y es belle

Isa, Alice, Léa et Nina, liées par leurs familles séfarades autant que par leur amitié, partagent leurs vies entre les histoires de coeur, un institut de beauté sous contrôle fiscal, des enfants à élever, une nounou marocaine sans papier à pacser, des régimes à répétition, des fêtes familiales et religieuses à honorer, mais avant d’être belles, leur plus gros challenge reste d’être elles-mêmes.
Après quelques éclairs, la comédie française retombe dans ses travers avec ce film brouillon, bourré de clichés. Un second long métrage dix ans après le premier pour Lisa Azuelos, on ne croit pas une seconde qu’il faille autant de temps pour écrire une histoire pareille. Heureusement, quelques bonnes situations sauvent le film de la déconfiture.
Comme t’y es belle nous ressert le vieux fond de la famille juive, déjà rongé jusqu’à l’os au cinéma. La situation se prête aux clichés, si vous les aimez, vous serez servis, dans ce film qui n’arrive pas à la cheville de « Mariage à la grecque » par exemple. Comédie niaise, très féminine (aucun lien vous me direz), ou les multiples destins des personnages prennent les mêmes courbes au même moment. Un brouillon pour la mémoire, pas moins d’une douzaine de personnages à suivre en moins d’une heure et demie. Les dialogues en pâtissent, c’est mal dégrossi, c’est du coup vers le comique de situation que l’on trouve quelques motifs de satisfaction. Valérie Benguigui dans sa voiture ou encore la délicieuse Géraldine Nakache sur ses toilettes sont la cause d’une bonne rigolade.
Une réalisation à l’emporte pièce et des raccords douteux traduisent un travail bâclé, le rythme du film est impossible, porté par une bande son à la limite du supportable (Céline Dion, Les 10 Commandements…). On saluera néanmoins la prestation de Michèle Laroque, toujours impeccable, celle de Géraldine Nakache, qui prouve, dans son premier rôle, qu’elle a les épaules pour faire une carrière. Celle d’Aure Atika n’en finit plus de dégringoler, peu à l’aise ici dans le rôle de la maman « branchouille ». Marthe Villalonga est toujours présente dès qu’il faut amener de la bonne humeur. Un casting mitigé donc, pour un film hasardeux.