Prédictions
Pour fêter l’anniversaire d’une école, une cérémonie est organisée au cours de laquelle une capsule temporelle contenant des messages écrits par des enfants 50 ans auparavant est déterrée et ouverte. Chaque enfant emporte chez lui un message, mais celui du petit Caleb est illisible, car il s’agit d’une suite incohérente de chiffres.D’abord amusé, son père, statisticien, essaye de trouver une signification. Horrifié, il découvre peu à peu que chaque séquence de chiffres correspond à la date exacte d’une catastrophe récente. Lorsqu’il comprend que les 3 dernières séquences prophétisent des cataclysmes à venir, une course contre la montre commence (Fiche Allociné)
Ce que l’on pouvait prédire

Une réalisation merveilleuse, pour ne pas dire extraordinaire. Les moments mettant en scène les catastrophes sont les plus sublimes et les plus horribles qu’il ait été possible de filmer jusqu’alors. Rien que pour le crash en plan séquence, cela vaut sa place de cinéma. On est pris dans un tourbillon d’adrénaline aussi puissant que ce moment exceptionnel dans Les Fils de l’Homme quand Clive Owen tente d’entrer dans un immeuble tout en évitant les balles. Même si la plus spectaculaire reste le métro et son carnage qui renvoie un film comme Destination Finale à un dessin animé pour enfants. Les exemples sont pléthores, mais une chose est sûre : Alex Proyas est un véritable prodige de l’image, et repousse les limites du style « film catastrophe » très très loin.
Une première heure fascinante. Durant ce laps de temps finalement trop court comparé à ce qui attend les braves gens qui n’ont pas acheté leur carte illimitée (permettant d’attenuer les regrets en cas d’arnaque, comme … le cas de Prédictions), l’on se dit qu’Alex Proyas réussit là où Shyamalan échoue systématiquement quant à la capacité de faire monter la tension. La science saupoudrée de fantastique est une recette merveilleuse lorsque cette dernière est maîtrisée.
Ce que l’on n’avait pas prédit

C’est que Proyas se prenne pour justement Shyamalan (déjà un, c’est de trop, alors 2 …) : entre le « je suis scientifique mais j’ai subitement la foi avant de mourir » ou « je suis un extraterrestre avec des ailes d’ange venu sauver les élus qui entendent mes murmures », ou pire encore « je redessine la Bible avec l’Eden, Adam et Eve and co » … en moins de 15 minutes, toute la tension, toute la dramaturgie ineluctable d’un monde impuissant face à Dame Nature tombent à plat pour une fin DE MERDE. Du coup, au lieu de pleurer, et d’être subjugué par cette magnifique apocalypse d’une rare violence, l’on rit, très jaune : comme quoi au cinéma, 15 minutes peuvent tout gâcher. En poussant le vice très loin, on pourrait aussi trouver une certaine allégorie de la scientologie, mais ceci est une autre histoire.
Resterait donc, comme beaucoup de films à gros budget, le casting. Si Nicolas Cage cabotine à souhait, comme il sait si bien le faire, il n’apporte cependant absolument rien, et son sort nous indiffère au plus haut point. Quant aux autres protagonistes, ils sont totalement transparents, comme les p’tits protecteurs des élus à la fin, mais chut, vous verrez par vous même comment la pureté a été matérialisée … Pour tout vous dire, même Fusion to The Core, l’ultime bouse du film catastrophe, possède un casting 4 étoiles en comparaison. Ah oui, ça calme.
Une oeuvre très inégale donc. Finalement, on se dit qu’avec Dark City, Alex Proyas n’a juste eu qu’un coup de génie (voire un coup de chance), et que désormais il n’y a plus grand chose à attendre de lui, sauf en tant que réalisateur (et là, c’est un peu Zack Snyder puissance 10).
Sinon, depuis quand UGC préfère diffuser des films US en VF ? Bouhhhhh …


Hélène 7.04.09 | 15:17
C’est tout à fait ça : une arnaque !
De même j’ai bien ri à la fin du film…
Heureusement que j’ai la carte illimitée, la déception était ainsi moins grande.