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The Legendary Tiger Man : Masquerade

The Legendary Tiger Man : Masquerade | Photo Pedro Medeiros | Exclaim / Warner

Un nom qui sonne très pop anglaise, un packaging CD digne des plus grands artistes américains dans sa recherche esthétique. Et pourtant The Legendary Tiger Man se résume à un seul homme, Paulo Furtado, portugais, et qui a un sérieux penchant pour un blues revisité. Et l’artiste n’a pas fait les choses à moitié : outre le CD package de toute beauté (illustré par de somptueuses photos de Pedro Medeiros), on trouve, une fois une ouvert, non pas 1 mais 2 galettes : la première contient un album de 11 titres. Quant au deuxième, il s’agit tout simplement d’un DVD contenant - excusez du peu - 1h de vidéo (courts métrages, clips, images studio : un régal !).

Forcément, avant même d’écouter, on est déjà emballé par tant de générosité. Masquerade semble au premier abord dans la lignée de “Fuck christmas I got the blues” : un blues à sonorité très mississipienne, et ce que cela induit : une légère distortion vintage qui permet de distinguer clairement les accords, une simplicité mettant en avant un feeling qui semble ne pas avoir de limite, et une voix particulière, feutrée de reverb’ ( “Route 66″ ou - le très planant - “Let me give it to you” s’inscrivent dans ce schéma éprouvé). La magie réside que tout ce que vous entendrez ne provient pas d’une formation, mais d’un seul homme, véritable orchestre à lui tout seul. On pourrait presque lui reprocher la propreté de mixage, aux antipodes de l’image que l’on peut se faire du blues en “groupe” : difficile en effet de concilier une musique essentiellement basée sur le feeling avec une telle qualité de production, qui sous-entend finalement une “fausse” simplicité, qui masque un perfectionnisme évident.

A l’instar de son opus précédent, Paulo Furtado a le don pour créer des perles qui démontrent à quel point son blues n’est pas un ersatz, mais bien au contraire une revisite du genre, bien digéré et assimilé, avec quelques aménagements modernes, comme le prouvent “Say Hey Hey” et ses scratchs empruntés au hip-hop, ou encore l’énergique “I got my night off”, où la frontière entre la distortion et le synthé analogique semble bien mince. Et puis il est des chansons qui échappent complètement au genre, dont le très pop electro “Honey, you’re too much”, qui n’a rien à envier aux meilleurs tubes anglais ! Si vous suivez bien, l’album est extrêment varié, que ce soit sur le plan rythmique ou l’approche musicale. Il est inutile de continuer les éloges dithyrambiques : The Legendary Tiger Man se résume facilement en 3 mots : créatif, déroutant, incontournable. Je vais commencer à me fier aux 3 F de Télérama.

Tracklist

  1. Someone burned down this town
  2. The whole world’s got the eyes on you
  3. I got my night off
  4. Say Hey Hey
  5. Honey, you’re too much
  6. Route 66 (Bobby Troup)
  7. Walkin’ Downtown
  8. Masquerade
  9. Let me give it to you
  10. Blue Moon Baby (Dave Diddley Day)
  11. Bad luck Rhythm’ N’ Blues Machine

En écoute

Track 5 | Honey, you’re too much (2″52)

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