Psychose 4:48
Le théâtre des 2 Rives accueillait ce mercredi, la pièce de Sarah Kane, Psychose 4 :48. Une curiosité de la découvrir en bulgare (la pièce était sur-titrée), au final, on est agréablement surpris par cette adaptation. Babel Europe est en passe de réussir son pari culturel !
A la fois inquiétante et intrigante, comme toute l’oeuvre de Sarah Kane, Psychose 4:48 pose les questions des relations aux autres, à l’amour, à la vie, a la mort, à la dépression, à la maladie avec un humour grinçant et un devoir de vérité que l’écrivain anglaise s’est toujours imposé. Une mise en scène minimaliste laisse place à un jeu d’acteur gênant mais intense. Un homme et une femme débitent un texte en bulgare à une vitesse enivrante pour nous faire part de leurs angoisses. Ce monologue au féminin est distribué en petite partie à deux enfants peut être pour jouer sur le contraste entre l’age tendre de la jeunesse et de l’insouciance, et celui de l’approche de la mort, la désillusion et la maladie. A la moitié du spectacle les deux comédiens quittent leurs vestes “deschiens” pour des habits de soirée rouges sang et se lèvent de leurs chaises face public pour adopter le style “cabaret”; attention les yeux : contraste assuré ! Danse, chant, et musique réveillent la folie jusque là statique.
Deslislava Shatova offre une mise en scène très expressive, vive. La dépression que décrit Sarah Kane est un état que l’écrivain connaît bien puisque elle en est morte. Il n’est pas rare de se reconnaître dans certaines angoisses dépeintes dans ses pièces ; c’est ce qui touche, ainsi que la poésie dans le choix des enchaînements d’idées ou de délires. Un spectacle envoûtant, un peu hors du temps. Seul conseil se laisser aller, ne pas tout comprendre n’est pas obligatoire l’important c’est le moment qui passe et ce qu’on ressent !