Truands

Paris, de nos jours, grand banditisme. Claude Corti, 50 ans, est l’un des rares hommes de pouvoir du métier. Proxénétisme, trafic de stupéfiants, faux billets, voitures, rackets, braquages, il sait tout ce qu’il se passe dans sa zone d’influence et prend une commission sur tout. Seule la violence lui permet de survivre. Franck, 30 ans, est proche de Corti mais tient à son indépendance. Intelligent, efficace, Claude a confiance en lui. Corti tombe et passe quelques mois en prison. Juste assez pour que ses affaires commencent à se dérégler. Complot ou simple paranoïa ?
Avec son nouveau film, Frédéric Schoendoerffer nous livre ce qu’on pourrait appeler un polar “couillu” et décomplexé, une plongée contemporaine dans l’univers de la pègre à la française. Un univers qui conduit forcément à donner au film un style et une ambiance baignant dans la violence, le sexe et la drogue. Clairement, Truands n’est pas à mettre devant tous les yeux, tant il fait dans l’extrême, mais pas forcément dans l’exagération. Bien sûr, il est difficile de savoir si le monde du grand banditisme parisien y est parfaitement représenté (à moins d’en faire partie, bien entendu), mais l’impression qui ressort à l’issue de la séance est belle et bien celle du réalisme. Un réalisme aussi peut-être surtout dû à sa localisation : reconnaître des rues fréquentées dans Paris aide certainement plus à se représenter le tout comme reel.

Si le réalisme de Truands tient pour beaucoup à sa localisation, la plus grande part provient de la réalisation de Frédéric Schoendoerffer, une réalisation nette, claire parfois même à la limite du documentaire au sein de la pègre. Une réalisation sans concession, toute en tension, n’ayant pas peur de plonger dans la violence et le sexe sans pour autant céder à la facilité ou à la complaisance. La mise en scène de Schoendoerffer participe grandement à cette atmosphère, l’autre composante étant les prestations des acteurs principaux, Philippe Caubère en tête. L’image du père de Marcel Pagnol dans Le château de ma mère et La gloire de mon père restant présente à l’esprit, son rôle dans Truands en est d’autant plus marquant. Si Caubère offre une prestation remarquable , celle de Benoit Magimel est impressionnante de justesse, ce rôle de personnage froid, sans scrupules mais posé et classe au milieu de la vulgarité ambiante lui collant parfaitement. Presque aussi parfaitement que le rôle interprêté par Béatrice Dalle colle à l’actrice, à tel point qu’on penserait presque à un personnage autobiographique … La prestation la plus intéressante reste pourtant celle de Tomer Sisley complètement à contre-emploi, offrant un personnage dur, ambitieux et sans remords.

Même si les acteurs nous offrent une bonne prestation, si le réalisme impressionne et si Frédéric Schoendoerffer livre une oeuvre bourrée d’adrénaline, le film n’est malheureusement pas dénué de défauts. Bien que correctement tenu de bout en bout, Traunds souffre parfois d’un manque de profondeur, multipliant les idées, les relations sans pour autant aller au bout de choses, l’exemple le plus symptomatique en étant l’implication dans l’islam du personnage de Tomer Sisley sans qu’on puisse au final savoir si ce n’est que par intérêt, par croyance ou autre. Alors oui, Truands est un film dur, violent mais complètement assumé, décomplexé à ne pas mettre devant tous les yeux mais qui mérite se place, qui mérite d’être vu tant ce film de genre français est rare.
J’ai adoré ce film (vu 2 fois), en effet extrêmement violent.
Par contre, je ne suis pas d’accord quant Ã
Film Ã
On sent en effet chez Philippe Caubère l’influence de son choix théatrale, domaine dans lequel il excelle d’ailleurs.
Toutefois, j’ai aussi l’impression que le personnage de Corti (et surtout le choix de Caubère) participe complètement au fait de donner une impression de caricature de milieu du grand banditisme parisien.
Enfin, caricature ou pas, j’avoue que j’aurai un peu de mal Ã
un film realiste poignant et qui a les couilles de montrer en profondeur la violence et le chaos du milieu dont je fais partie