Rencontre avec Izia

A la base, nous devions interviewer Izia à la suite de son Hiboo d’Live et puis vu l’heure qui tournait suite à nos pérégrinations à la recherche d’un lieu, ça ne s’était pas fait. Celle-ci aura finalement eu lieu avant son concert showcase au Truskel :

Lorsqu’on entend parler d’ « Izia », on a parfois l’impression qu’il s’agit d’un groupe …

Alors c’est assez délicat. C’est vrai qu’à la base c’était une chanteuse et ses musiciens, mais après on a commencé à composer vachement ensemble. Et maintenant c’est plus une idée de groupe, même si ça porte mon nom. Je suis la glue entre les éléments.

C’est sûr que si je n’étais plus là il n’y aurait plus de groupe, mais on est ensemble, ce sont nos énergies ensemble, s’il en manquait un ce serait bancal. Il y a une certaine balance entre nous tous, et je suis le lien. Donc disons groupe, mais avec leader assez mis en avant.

Tes musiciens sont plus âgés, et ont chacun un background musical différent, ça ne donne pas lieu à des divergences ? Comment ça se passe ?

Je fais un peu le chef d’orchestre ce qui permet de ne pas trop s’éparpiller, chacun donne ses idées mais c’est moi qui ai le dernier mot. Je les connais tous depuis 2 ou 3 ans, sauf le bassiste qui est arrivé depuis 2 mois, et ce sont vraiment mes meilleurs amis. Il n’y a pas ce truc de l’âge, on a des influences assez similaires donc au final on s’y retrouve tous.

Ce qui ressort de moi c’est brut, énergique, un premier album très primal, quitte à après aller vers d’autres choses.

Beaucoup de jeunes artistes ont récemment émergé grâce au Web, à MySpace. Toi à l’inverse, tu as un parcours à l’ancienne : tu viens de la scène …

J’ai arrêté les études à 15 ans, et ma mère a complètement flippé, ce qui est normal. Donc elle a demandé à un ami à nous qui était tourneur de me trouver des dates de concert. C’était juste après le Printemps de Bourges, et on a fait une trentaine de dates. Tout ça s’est monté en live et c’est ce que je préfère. On a mis du temps à enregistrer des trucs d’ailleurs !

L’album s’est vraiment créé en live et c’est un peu notre force. Je ne me sens bien que sur scène et je ne suis pas du tout de la génération MySpace. D’ailleurs, ça me fait un peu chier comme truc MySpace. Je préfère aller voir un concert qu’écouter un disque. Voilà « à l’ancienne » c‘est vrai !

Ton album est très énergique et la musique semble être un exutoire. Est-ce que c’est un style que tu veux garder ou est-ce que des choses plus douces t’attirent également ?

J’ai quand même 18 ans, dans 12 ans j’aurai 30 ans et déjà 15 ans de musique derrière moi, et même là ça sera encore très jeune. Donc j’ai la vie devant moi pour faire plein d’autres choses. C’est sûr que je ne vais pas crier et danser sur scène jusqu’à mes 50 ans !

Je voulais ce premier album super expressif, énergique, brut et il me représente complètement. La dernière chanson est plutôt calme, d’ailleurs c’est à peu près la seule qu’on ait dans ce style pour le moment. Ce qui ressort de moi c’est brut, énergique, un premier album très primal, quitte à après aller vers d’autres choses.

Tu as baigné très tôt dans un univers musical à textes français, qu’est-ce qui a fait que tu te sois orientée plutôt vers l‘anglais ?

Je pense que le rock c’est anglais, c’est évident. Mais je ne me suis pas posé la question, c’est venu naturellement quand j’ai commencé à composer, je me suis mise à chanter en anglais. Donc une évidence. Pas du tout pour me différencier de ma famille !

Et quels sont les artistes qui t’ont donné envie de te lancer toi aussi ?

Comme toute petite fille, on écoute les Beatles avec ses parents, mais quand j’ai eu 13 ans je me suis mise à devenir une rebelle qui fait du skate avec un sac Eastpak à patchs, le truc trop glauque. J’ai commencé à écouter des groupes de teenagers genre Nirvana, Muse, même Marylin Manson… oui j’ai été un peu loin dans ma phase !

Et Nirvana avec Nevermind, ça a été vraiment « wah c’est brut, c’est génial », et même Muse ils ont des trucs super, donc tous ces groupes m’ont donné envie de faire des trucs un peu violents, un peu « on pose ses couilles sur la table », enfin façon de parler !

Tous ces sons qui viennent de l’intérieur, c’est vers ça que je voulais aller.

Titre : The Light (HibOO d'Live #063) | Auteur : Izia
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Tu as une voix et une façon de chanter particulière, qui fait qu’on ne peut s’empêcher de penser à des chanteuses comme Janis Joplin côté influences, mais est-ce que tu as des modèles vocaux ?

Pas vraiment, c’est juste que quand j’ai commencé à chanter j’ai vu que ma voix sortait comme ça puissante, du bide. J’ai jamais vraiment cherché à aller « vers du », c’est sorti de moi comme ça. Et puis ma voix a changé, vers 15/16 ans elle s’est éraillée à mort, la clope et le whisky ont du aider !

Donc pas vraiment d’influence vocale, je suis plus dirigée par des énergies, ce qui vient de l’intérieur de moi ou de mes musiciens. C’est ça qui me motive pour y aller à fond, plutôt que des influences externes.

Tu l’évoquais précédemment, l’un de tes premiers concerts s’est déroulé au Printemps de Bourges il y a 3 ans, et tu y as rejoué le mois dernier. Entre ces deux dates, j’imagine qu’il y a eu beaucoup d’évolution …

Complètement, déjà scéniquement on se lâche beaucoup plus, on est plus sûrs de nous, plus en confiance avec les morceaux. Il y a 3 ans, on était devant 300 personnes, là 6 000 donc forcément gros décalage.

Dessine-moi un HibOO par Izia

Tu sens que le public commence à te suivre vraiment ?

Oui c’était hallucinant, à Bourges il y avait une petite rangée qui chantait les paroles, j’adore l’idée !! Et quand tu fais « Let me alone » et que tout le monde suit c’est génial ! C’était vraiment bien, et ça montrait l’évolution en 3 ans donc j’étais hyper contente.

Et pour finir, quels sont les artistes que tu écoutes en ce moment ?

Alors j’ai trop du mal avec les découvertes, j’ai un retard de 6 mois en général. Je ne suis pas du tout au taquet, et comme ma culture musicale n’est pas hyper large ce sont mes zicos qui me passent des CD.

Donc là en ce moment j’écoute beaucoup Pulp et puis aussi des trucs comme Joy Division, ce que j’appelle le « dark festif ». Ces mecs super down qui trouvent quand même le moyen de te mettre un petit clavier sympa par-dessus le tout !

» www.myspace.com/iziamusic

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3 commentaires

  1. Wouaou qu’elle puissance :D Très jolie session live :)

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  2. > [Ma mère] a demandé à un ami à nous qui était tourneur de me trouver des dates de concert.

    Ah ouais, quand même. Je ne dis pas que le talent n’est pas là, mais merci maman :)

    Répondre
  3. Speed Air Web 14.06.09 | 18:59

    En fait j’ai pigé…elle est « Tombée du ciel » pendant un orage !!!

    Répondre
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publié par AVA le 14 mai 2009 à 16:08

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