Le HibOO

Silent Hill

De plus en plus souvent, la petite Sharon rêve d’une ville abandonnée, Silent Hill. Sa mère, Rose, décidée à comprendre l’étrange mal dont souffre son enfant, décide de l’accompagner sur place. Alors qu’elles pénètrent dans cet univers lugubre, Sharon disparaît. Rose se lance à sa poursuite, mais se rend vite compte que ce lieu étrange ne ressemble à rien de normal. Noyée dans le brouillard, peuplée d’étranges créatures, hantée par des ténèbres vivantes qui dévorent littéralement tout ce qu’elles touchent, cette dimension va peu à peu livrer ses terrifiants secrets… Avec l’aide de Cybil, de la police locale, Rose se jette dans une quête éperdue pour arracher sa fille au monde de Silent Hill. D’indices en épreuves, elle va découvrir tout ce que Sharon risque et ce qu’elle représente dans une malédiction qui dépasse tout …

Si une mode existe bien en ce moment, c’est la volonté de vouloir adapter (livres, jeux videos), et si possible, avec des thématiques surnaturelles et / ou horribles. Quand on connait le travail magnifique de Christopher Gans sur le pacte des loups (sur le plan visuel), on se dit les yeux ouverts que Silent Hill ne peut être qu’un beau film. Toutefois, de là à dire que c’est un “bon” film …

Dès les premières images, on sent que Christopher Gans à la caméra, et du désormais inévitable Patrick Tatopoulos aux effets spéciaux (Godzilla, Underworld 2, La Crypte … c’est lui) ont retranscrit plus que fidèlement l’esprit du jeu video sur le plan visuel. On y retrouve même des plans photos similaires. Les passages entre réalité grise et enfer démoniaque font sûrement parti des plus belles perles cinématographiques, et le bestiaire qui compose Silent Hill est assez impressionnant (notamment ce Pyramid Head d’une sauvagerie inquiétante).

Toutefois, à l’instar du Pacte des Loups, maitriser l’image ne suffit pas : il vaut mieux un bon conteur qu’un bon illusionniste. Le scénario est inéluctablement confus si vous n’avez jamais joué au jeu vidéo (une référence dans le domaine). Pour les puristes, certains regretteront que la trame mélange parfois des idées de plusieurs épisodes de la saga vidéoludique. Le pire n’est pourtant pas le scénario, qui est à prendre pour ce qu’il est, mais du jeu des acteurs qui est loin d’être convaincant, notamment l’actrice principale Radha Mitchell, au jeu insipide. Cette dernière se transforme d’une petite maman chétive qui a peur du noir en véritable cascadeuse qui relie Lara Croft à une petite fille jouant à la poupée. Ok le timing est court, mais quand même. On pourra également reprocher la forte présence féminine dans tous les rôles : il ne s’agit pas d’une reflexion machiste, mais on sent toutefois l’envie de plaire à un public essentiellement masculin. Pour finir, tous les passages avec Sean Bean cassent le rythme et les tentatives d’ambiance malsaine mise en place ; sans oublier les scènes finales, ridicules au possible. Reste la musique, en parfaite adéquation avec l’univers du film.

On ressort de la salle sans savoir si on a aimé ou pas. Si le film est génial ou une arnaque. Si Gans ferait mieux de faire des clips ou de continuer à émerveiller avec ses prouesses visuelles. Le plus simple est finalement d’aller le voir.

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