PJ Harvey et John Parish au Bataclan
Mûrir ou vieillir… La différence n’est qu’une question de point de vue. 2004 avait vu PJ Harvey se décharner, 2007 l’avait rendue fantômatique, neigeuse et éthérée, 2009 et ce – qu’on espère ? – second album coécrit avec John Parish la voit revenir au Bataclan noire et concentrée, laissant la guitare à son compagnon de jeu.
- Date : 19.05.09
- Adresse : 50, boulevard Voltaire, 75011 Paris
- Web : www.le-bataclan.com
La blague de ce soir, c’est qu’on n’a pas le droit de photographier la première partie, Tom Brosseau. Interdiction absolue de laisser entrer ne serait-ce qu’un photographe dans la salle sans surveillance. Les appareils ne pourront franchir les portes du Bataclan que deux fois, pour deux groupes de photographes, le premier pour les 4e et 5e titres et le second pour les 9e et 10e. À 10 mètres de la scène. Derrière tout le monde. Dommage pour tes photos. Pour le reste, c’est mort. À commencer par la chronique de Tom Brosseau
PJ Harvey & John Parish (www.pjharvey.net)
Le duo, flanqué de trois musiciens, se présente tout en classe sur scène. Elle en robe noire, filiforme, pieds nus, dansant autour de son micro en battant des mains, pleine de grâce. Lui en retrait, complet veston et chapeau assorti au reste du groupe, concentré sur son manche. Le show ne comporte que des titres tirés de leur deux collaborations, Dance Hall at Louse Point (1996) et A Woman a Man Walked By, sorti en mars. En dents de scie, la soirée alterne le meilleur (Sixteen, Fifteen, Fourteen, Taut, Urn with Dead Flowers in a Drained Pool, The Soldier) avec une litanie de titres lancinants dans lesquels personne, hormis le premier rang composé essentiellement de fans ultimes, n’arrive à vraiment se retrouver. Il faut dire qu’il fait une chaleur épouvantable au Bataclan et qu’apprécier sans bouger ce genre de musique super-calme et planante n’est pas vraiment simple, surtout quand on ne connaît pas l’album par cœur.
PJ Harvey attire tous les regards, multiplie entrechats et mouvements de bras graciles, porte sa voix très haut dans un jeu d’actrice presque théâtral, sourit à tout le monde et se met à japper dans l’excellent Pig Will Not qui précède le rappel. Parish, de son côté, prend les rênes d’un False Fire cavalier qui pourrait ― qui devrait ― clore le concert sur une très bonne note, avant que le duo foute tout par terre en se perdant dans un April méga-lourd aux accents geignards. En ajoutant ça à la chaleur ambiante, on en serait presque content de partir. C’est triste.


Sfar 19.05.09 | 13:29
Pig Will Not est un morceau fort intéressant, je suis contente de constater qu’en live il fut excellent.
Xavier 19.05.09 | 13:44
Bigre, à lire cette review, j’en suis presque content de ne pas y être allé…
dpc 19.05.09 | 14:07
Sfar> Il m’a impressionné ce titre, faut que je le réécoute sur disque, du coup.
Xavier> D’un autre côté, on était prévenu avec l’album. A Woman a Man Walked By est loin d’un Rid of Me ou d’un Stories from the City. Disons simplement que la soirée a bien confirmé le fait qu’on la préfère seule, armée d’une guitare bien à elle.
Sfar 19.05.09 | 16:51
Mr DPC [C'est drôle d'échanger ici aussi :)) ]
Dès la première écoute je me suis dit ben voilà quelque chose qui sort un peu de ce que cette Madame sait faire et il y a une atmosphère très Pixies en fait, très No Age aussi…
Franchement si c’était toujorus Pj H je pense que je pourrais devenir fan !
Très chouettes photos !
Sfar 19.05.09 | 16:52
…si c’était toujours ça Pj H….
Mélanie 19.05.09 | 18:34
Pig Will Not est effectivement un des titres qui passent le mieux en live, je trouve. Sinon, dans l’ensemble le concert du 18 était un cran en dessous de celui de la veille. Là où je ne te rejoins pas, c’est que j’ai trouvé les concerts excellents de bout en bout, et que je suis vraiment impressionnée par chacune des collaborations avec John Parish. J’espère vraiment de tout coeur qu’il y aura un troisième album commun. Et que depuis le temps que j’attendais de revoir ces deux-là sur la même scène, je n’ai absolument pas été déçue.
Mélanie 19.05.09 | 18:39
Cela dit, dans la mesure où Stories From the City est de très loin l’album de PJ Harvey que j’aime le moins (et le seul que je sois incapable d’écouter en entier), on n’avait clairement pas les mêmes attentes. ;)
En tout cas, aussi bien ce nouvel album que les trois concerts que j’ai vus sur cette tournée m’ont largement confortée dans l’admiration que j’ai depuis longtemps pour John Parish.
dpc 19.05.09 | 18:42
Sfar> (Merci) Bien noté !
Mélanie> Je ne suis pas étonné, t’inquiète. Tu devrais te retrouver dans le premier rang de fans ultimes :)
En fait ceux qui sont venus voir PJ Harvey sont ressortis déçus, point. Nous n’avions qu’à mieux lire l’affiche. Ceux qui sont venus voir PJ Harvey & John Parish, eux, ne peuvent qu’être comblés. Le concert était fidèle à l’album, voire mieux. De là je comprends parfaitement ton point de vue.
(Stories from the City est effectivement à part dans sa disco, je le reconnais !)
Mélanie 19.05.09 | 18:58
Oui, j’étais au premier rang, pourquoi ? ;)
J’ai interviewé John Parish hier et il disait justement qu’ils avaient fait attention à bien préciser dans la promo qu’il ne s’agissait pas d’un concert de PJ Harvey. Je me demandais depuis le début s’il n’y aurait pas un malentendu auprès de certains fans mais j’ai trouvé le public des trois dates incroyablement réactif. Visiblement, beaucoup de gens connaissaient et adoraient les deux albums.
Jusque ici, la plupart des gens à qui j’ai reparlé de ces concerts étaient tous emballés. Mais encore une fois, sur les trois concerts que j’ai vus, celui d’hier était le moins bon. Là où je suis étonnée par contre, c’est que je ne trouve pas que ce concert soit si différent de ce que fait PJ Harvey sans Parish – pas plus que ses tournées ne sont différentes entre elles. Je trouve qu’il y avait davantage de points communs entre ce concert et la tournée Is This Desire, par exemple (à laquelle participait John Parish, et une des meilleures que j’ai vues), qu’entre la tournée de Stories et celle de White Chalk.
arbobo 19.05.09 | 20:39
je suis presque rassuré de voir qu’il n’y a pas que moi qui n’ai pas reconnu eric drew feldman à la basse et aux claviers ^^
pour le reste je co-signe les propos de dpc :-)
Thierry 25.05.09 | 17:53
Superbes photos …Chapeau bas !
Sur le déroulement du concert ( et comme bien d’autres de la tournée ) , la performance est très inégale voire médiocre sur certains morceaux .
La rupture de ton était annoncée de longue date par l’intéréssée et l’album White Chalk en était déjà un prémice .
Aucune surprise n’était à attendre sur le contenu du concert si ce n’est une revisite très inégalée des titres de Dance at Louse Point
Le troc du piano par John Parish ne restera pas comme un coup de maître !