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Gomm - 4

Gomm : 4 | Pias | illustration Kigmoka

Gomm et moi, c’est une longue histoire d’amour. J’avais écouté un jour par hasard un titre fantastique, d’une simplicité déconcertante, mais à l’efficacité terrible : “Into Perfection”. Depuis, je suivais d’assez loin leur parcours, et surtout j’avais ressenti un feeling énorme en les voyant sur scène il y a quelques années (note personnelle n’ayant aucun rapport avec la chronique, mais Gomm est ce genre de groupe à voir ABSOLUMENT en live, qui distille une énergie vraiment sidérante). Disponible dans les bacs depuis le 8 janvier, “4″, leur nouvel opus, risque de déstabiliser les fans de la première heure. Exit ici les morceaux speeds aux frontières du hard rock, on plonge dans du “Indie Indus” aux rythmiques plus lentes, plus lourdes, plus pesantes.

Les afficionados de Gomm doivent prendre ce nouvel opus avec pas mal de recul. Après tout, rien de tel qu’une formation qui se renouvelle en expérimentant de nouveaux horizons musicaux (les champions du monde étant The Gathering). Si l’on retrouve l’ensemble de la recette magique Gomm, à savoir la voix merveilleusement féérique et décalée de Marie (qui possède une tessiture plus proche du trip hop que du rock indie), le son très live, ou encore des riffs redoutables alliant à la perfection agressivité rock sons electroniques éparpillés, on trouvera des différences notables avec “Destroyed to Perfection”. Les compositions semblent plus lentes, plus “sèches”, plus brutes, moins volontairement arrangées, même si l’énergie est toujours au rendez-vous. N’attendez pas de breaks, de changements intempestifs de tempo, ou encore des subtilités de modulation : “4″ se veut avant tout efficace, et on peut affirmer que le pari est réussi. A la première écoute, aucune chanson ne semble se démarquer, puis après une éducation du tympan obligatoire, on commence à déceler de petites perles. Notamment ce que l’on peut considérer comme une énorme chanson scindée en deux parties, l’une servant d’introduction à l’autre : “Crashing Waves” (un petit bijou electronico-organo-rock-indus) suivie de “Good Sides”. Ou encore le très “jeu videoesque” “To be your Friend” (à l’ambiance mystique, proche d’une musique de Thunder Force V de Techno Soft), captivant dès les premières secondes. Pour ma part, j’ai encore du mal au moment d’écrire cette chronique avec les chansons en français (à l’instar d’ “I Feel Off”, que je considère paradoxalement comme l’un des meilleurs morceaux de “4″), mais sans nul doute que cela est dû au fait que j’ai connu Gomm dès le départ avec la langue de Shakespeare.

“4″ est donc un album qui nécessite plusieurs écoutes. Du moins si l’on a été déjà confronté à l’univers du groupe. Pour ceux qui découvraient Gomm, il y a de fortes chances que vous accrochiez du premier coup : le “VRAI” rock à voix féminine est trop rare pour le bouder. Même si le terme “rock” est ici quelque peu galvaudé, car Gomm, c’est quand même plus musclé, plus nerveux et surtout plus torturé.

Tracklist

  1. Words
  2. I Feel off
  3. Why can’t I relieve you ?
  4. It’s not easy
  5. To be your friend
  6. No disappointment
  7. Fiction
  8. Crashing waves
  9. Good sides
  10. Don’t take a chance

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