Le HibOO

François Corbier

Quelques jours avant son concert à l’Emporium Galorium, le Vendredi 28 Avril prochain, François Corbier nous accorde une interview, en toute simplicité. Le chansonnier barbu se livre sans retenue sur ce qu’il lui arrive en ce moment. Le Hiboo n’est pas peu fier de l’avoir invité à se produire à Rouen!

Comment va la santé François ?

Ca va mieux, ça va même bien. J’ai eu de lourds problèmes dernièrement. J’ai bientôt 62 ans, et l’appendicite à cet âge, c’est quand même assez douloureux, d’autant qu’il s’agissait d’une péritonite. Je ne veux pas entrer dans les détails, mais sache que j’étais en train de pourrir sur pieds. Heureusement, on m’a soigné à temps, je suis resté une semaine à l’hôpital, après ça, j’ai attrapé froid puisque j’étais fragilisé. Là ça y’est je m’en suis sorti, je suis vivant, tout va bien.

On espère que tu seras en forme pour le concert du 28 Avril à l’Emporium !

Je te promets d’être en forme le 27, le 28 et le 29 ! Je ne peux pas faire mieux !

Tu nous reviens avec un album, « Tout pour être heureux », peux tu nous en parler ?

Il faut d’abord que je te dise qu’il s’agit d’un album de copains, nous l’avons fait à la maison, sur l’ordinateur, avec de véritables instruments, il n’y a ni synthétiseurs, ni samples. Tout est fait avec des guitares, des basses électriques, des yukulélés, des accordéons, des gens qui chantent, il y a aussi du violoncelle. Tous ces musiciens sont venus dans mon grenier pour enregistrer ça, nous nous sommes beaucoup amusés. J’ai un copain preneur de son qui est type magnifique qui s’appelle Jean Claude Boudou qui a passé des heures à arranger tout ça, à trouver de belles couleurs à chaque son. C’est un très beau disque, il y a même des flûtes de pan. C’est du beau travail, j’adore ce disque et j’en suis très fier. J’espère que le prochain sera encore mieux, mais celui là, qu’est ce qu’il est bien ! (Rires)

L’album est plus riche, c’est une évidence, j’ai même entendu dire que le flûtiste avait joué la bande originale de « La chèvre » ?

Oui, c’est lui, Gérard Geoffroy, qui a enregistré le thème. La musique en elle-même a été écrite par un compositeur connu, Vladimir Cosma, mais on lui a demandé de jouer sa version, celle qui a servi au film. Il joue très bien, sur mon disque, non seulement il fait des flûtes, mais parfois on croirait qu’il joue de l’orgue de Barbarie, alors qu’il s’agit de flûtes basses. Pour te dire à quel point il est bon musicien, il a fait une prise par flûte. Il a joué, écouté et validé. Il n’a pas fait 15 prises avant de rentrer chez lui, c’est un vrai musicien.

Ecrire des chansons, c’est mon job, je me mets dans mon fauteuil, je prends du papier, un crayon, ma guitare. Mais quand des musiciens viennent à la maison, avec d’autres chanteurs, qu’ils acceptent de venir jouer sur mon disque et qu’en plus ça mette en valeur mes mélodies, que tout le monde s’accorde à dire que c’est beau, c’est un vrai plaisir

On a l’impression que tu es vraiment fier d’avoir fait ce disque à la maison ?

Ah oui ! Non seulement je suis fier, mais je suis même très fier d’avoir fait ça. Ecrire des chansons, c’est mon job, je me mets dans mon fauteuil, je prends du papier, un crayon, ma guitare. Mais quand des musiciens viennent à la maison, avec d’autres chanteurs, qu’ils acceptent de venir jouer sur mon disque et qu’en plus ça mette en valeur mes mélodies, que tout le monde s’accorde à dire que c’est beau, c’est un vrai plaisir. Je regrette de ne pouvoir avoir ces musiciens constamment avec moi sur scène. Forcément, à quatre sur scène, c’est tout de suite beaucoup plus cher que moi tout seul. J’espère qu’on arrivera à étendre la formule et que dans les mois à venir, nous pourrons être tous sur scène. Je l’ai déjà fait à Nantes, à Paris aussi, à la Flèche d’or, je vais le refaire à Bourges. Ce qui est bien, c’est que les copains sont d’accord pour le faire, pour tenter l’expérience avec moi. Les fois où nous l’avons fait, ça s’est très bien passé, on a vraiment envie de recommencer. Mes copains sont des musiciens professionnels, ils ont entre 45 et 50 ans, ils vendent de la musique depuis longtemps, ils connaissent bien leur métier, ils savent le faire. C’était d’autant plus marrant lorsque la première fois que nous sommes sortis de scène ils m’ont dit : « Tu es sûr que nous avons tout fait ? » Ils se sont tellement fait plaisir qu’ils avaient l’impression d’avoir joué une demi-heure.

On a l’impression d’assister à une nouvelle naissance de François Corbier, le ressens-tu aussi de ton côté ?

Oui, tout à fait ! Il y a plein de gens qui sont contents de savoir que je continue à écrire des chansons, que j’aie pu évoluer par rapport à ce que je faisais avant. Je faisais déjà le chansonnier avant la télévision, j’ai travaillé avec Maxime Leforestier, Georges Moustaki, des gens comme ça. Revenir après ça et montrer à de gens qui ont entre 25 et 40 ans ce que je peux faire crée un véritable contentement. Je le sais parce qu’ils viennent me le dire. Je ne pense pas qu’ils viendraient me dire que c’était formidable alors qu’ils se seraient emmerdés. Oui, on peut dire que les gens sont contents de me découvrir comme ça.

Peux tu nous parler de cette date au Printemps de Bourges, c’est quand même une sacrée bonne nouvelle pour relancer la machine ?

C’est plus qu’une bonne nouvelle. C’est dans le cadre du Printemps de Bourges, même si ce n’est pas sur la scène officielle, ça veut dire que des professionnels qui se demandent ce que je fais vont pouvoir venir me voir, écouter et me donner leur avis. Si ça ne leur plaît pas, qu’ils me le disent, si ça leur plaît, qu’ils me le disent aussi, peut être qu’on pourrait travailler ensemble.

J’ai trouvé ton dernier album moins festif que les autres, peut être plus esthétique, es-tu d’accord avec moi ?

C’est exact. Les deux albums précédents étaient un peu plus dingues, un peu plus fêlés, cette fois j’ai voulu donner des chansons plus réfléchies. Ca n’empêche pas les blagues. « Belette » par exemple est une chanson très festive, mais le rire n’est pas gratuit, j’essaie d’amuser les gens avec des choses un peu lourdes, un peu difficiles. En fait, j’ai toujours eu cette démarche, même dans les albums précédents, j’ai toujours fait des chansons sur des sujets difficiles, en essayant de rire avec, dans ces albums je faisais aussi une chanson ou deux complètement déjantées alors que là, on n’en trouve pas. Peut être que je vieillis aussi.

Comment se sont passées tes dernières dates, en Belgique notamment ?

J’adore aller en Belgique, les gens y sont extrêmement gentils et généreux, ils m’aiment bien, me le montrent, ils connaissent mes chansons par cœur, c’est vraiment très agréable. Il s’est passé un truc formidable lorsque je suis allé à Liège, deux types sont venus me voir, ils ne se connaissaient pas, sont venus d’endroits différents de Belgique et les deux m’ont proposé d’aller jouer dans leur établissement. L’un pour un concert de chansons qui tournent autour de l’enfance, en me laissant chanter mes chansons d’aujourd’hui, et l’autre organise un festival de country-folk, il me demande de venir chanter mes chansons. Alors si le public est content et que les programmateurs le sont aussi, c’est vraiment le rêve de tout artiste.

L’avenir, comme dirait Pierre Dac, je l’ai devant moi et quand je me retourne, je l’ai dans le dos !

C’est marrant que tu parles de country parce que sur ton album il y a un ou deux titres qui sonnent vraiment country…

Oui, c’est vrai. J’aime bien la country, il y en a différentes sortes. Parfois on a l’impression qu’il s’agit d’une musique au kilomètre, que tout sonne pareil, ce n’est pas très rigolo. Il y a aussi des gens comme Bob Dylan, ce Monsieur fait de la country et c’est très intéressant. Du moment que la country reste dans le folk, le blues, et qu’elle a des choses à dire qui ne sont pas réactionnaires, ça devient forcément une façon de s’exprimer qui est forte intéressante. La musique tzigane, ça peut être des larmes sans arrêt, tout dépend de ce que raconte le chanteur.

Certains avaient eu la chance de te voir en concert à Rouen il y a deux ans, assisteront-ils à un nouveau concert ?

Le spectacle n’est pas complètement différent, il y aura des chansons du dernier album, des chansons des albums précédents, peut être une chanson ou deux d’un futur album, selon si je n’ai pas trop peur de me tromper et si les gens me réclament encore. Les gens qui m’ont déjà vu en petit comité seront contents de voir ce que je donne maintenant, ils ne seront pas perdus, j’espère que ça leur plaira.

Pour terminer, comment vois-tu tes prochaines années ?

L’avenir, comme dirait Pierre Dac, je l’ai devant moi et quand je me retourne, je l’ai dans le dos ! J’aimerais surtout continuer à chanter mes petites chansonnettes, d’avoir un public qui s’étend de plus en plus. Je suis conscient, je sais pertinemment que je ne ferai jamais Bercy, ce n’est pas le but non plus. Tant que j’aurais des gens qui m’aiment bien et qui écouteront mes petites chansons, je serai heureux et j’espère que ça durera le plus longtemps possible.

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