Le nombre 23

Walter menait une vie paisible, jusqu’à ce qu’il découvre un étrange roman, Le Nombre 23. D’abord intrigué par ce thriller, Walter s’aperçoit rapidement qu’il existe des parallèles troublants entre l’intrigue et sa propre vie. Peu à peu, l’univers du livre envahit sa réalité jusqu’à l’obsession. Comme Fingerling, le détective de l’histoire, Walter est chaque jour plus fasciné par le pouvoir caché que semble détenir le nombre 23. Ce nombre est partout dans sa vie, et Walter est de plus en plus convaincu qu’il est condamné à commettre le même meurtre que Fingerling… Des images cauchemardesques se mettent à le hanter, celles du terrible destin de sa femme et d’un de leurs amis, Isaac French. Walter ne pourra plus échapper au mystère de ce livre. Ce n’est qu’en découvrant le secret du nombre 23 qu’il aura une chance de changer son destin …
Le duo Carrey / Schumacher a déjà oeuvré dans le monde du cinéma, avec un ridicule Batman ternissant à jamais l’imagerie poétique de Tim Burton. Mais après tout ce temps, on pouvait s’attendre peut-être à une évolution de complicité. Commençons tout de suite par les points positifs, puisque ces derniers sont moins nombreux que les nombreux loupés (et non des moindres) de cette production.
Notons d’abord de joyeuses perles visuelles que constituent les passages lus du livre, notamment le tout premier, à la fois esthétique et magique à souhait : on frôlerait presque l’imagerie Terry Gilliam dans Tideland. Les enchaînements de séquences sont divins, même si déjà exploités. Ces scènes sont véritablement le point fort de réalisation du film : cadrages, couleurs, montage. Du pur délice. On reconnait également la patte de Harry Gregson-Williams, qui avait déjà signé la magnifique partition du Monde de Narnia. Une fois de plus, ses thèmes sont envoûtants, et contribuent largement à l’atmosphère du film. Le duo Jim Carrey et la trop rare Virginia Madsen fonctionne à merveille, mais la surprise n’en est vraiment pas une : ces acteurs ont déjà prouvé dans le passé qu’ils étaient exceptionnels.

A mi-chemin entre Shining (traitement de la folie/paranoïa) et Fight Club (pour le twist final), l’énorme déception viendra notamment de la fin, un peu adressée aux cérébrolés qui n’auraient pas compris le film : alors qu’il n’a fallu qu’une scène de 5mn à Fight Club pour expliquer le pourquoi du comment, Schumacher prend littéralement la main du spectateur en lui affligeant pas moins du cinquième du film. Le côté mystique, ésotérique et fantastique largement développé disparaît alors totalement, pour réduire le film au stade de très moyen ; un peu le même genre de situation qui était emmené à l’époque par Robert de Niro et Dakota Fanning dans Trouble jeu. Sans oublier cette morale bien pensante, véritable allégorie du cliché de film américanisé de base, comme on n’en fait plus depuis longtemps.
Jamais 2 sans 3 : et il est fort à parier que si prochaine collaboration il y a, sans nul doute qu’il sera préférable d’éviter le tandem Schumacher / Carrey. Les deux séparés ont du talent. Ensemble, ils ne feront jamais un bon film. Même si cette fois-ci, on n’en était pas loin.
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