Inrocks Indie Club #16 : Montgomery + Maps + The Earlies à la Maroquinerie

Rendez-vous devenu incontournable pour le HibOO, la nouvelle moisson Inrocks Indie Club se démarqua par deux points qui me semblaient être synonymes de cet événement : d’une part la salle ne fut remplie que pour The Earlies. D’autre part, la moyenne d’âge du public fut bien plus élevée. Et l’on se dit à quel point la télévision et la radio contribuent à faire bouger les plus jeunes, et ce qui explique pourquoi ils étaient absents : aucun des groupes n’a la même réputation d’un Blood Arm. Et vues les prestations, on serait tenté de penser “tant pis pour eux”.
- Photos : 86
- Date : 15.03.07
- Photographe : Rod
- Adresse : 23 rue Boyer 75020 PARIS
- Téléphone : 01 40 33 35 05
- Web : www.lamaroquinerie.fr
Chaque troisième jeudi du mois, La Maroquinerie est le témoin d’une jeunesse fougueuse, pour ne pas dire tumultueuse, dopée par OUI-FM, Le Mouv’ et MTV, qui n’hésite pas à faire la queue 1h avant le concert pour être aux premières loges. Quelle ne fut pas la surprise en ce 15 mars de voir un scénario radicalement différent : public plus âgé, salle quasi-vide lorsque le premier groupe Montgomery commença à balancer ses premiers accords. Les vigiles n’hésitent cependant pas à faire la chasse aux fumeurs, à croire que le panneau “interdit de fumer” n’est pas assez gros. Comme d’habitude, le dit public s’assied sur les marches, et attend le dernier groupe pour se lever. C’est dans cette ambiance joyeuse et accueillante que Montgomery débute son set.
Montgomery (web)

Provenant de Rennes, et repéré par les Inrocks (compils CQFD), Montgomery a tout pour décevoir au premier abord. Et surtout à la première chanson. A leur décharge, un son particulièrement fort, qui n’aide pas à vraiment discerner ce qui se déroule sur scène. Mais la mauvaise impression laisse place au fur et à mesure à une bonne surprise. On est loin du génie, mais Montgomery possède des parties rythmiques diablement efficaces, surtout quand ces dernières se transforment en expérimentations rock/synthé rappelant certains délires des années 60/70. Il s’avère que les titres disponibles sur leur MySpace sont vraiment captivants, notamment “Choubidou”, qui reflète parfaitement le combo ; à savoir des mélodies entrainantes et sans concessions, et de jolies voix. Quoiqu’il en soit, malgré un public relativement froid, la prestation de Montgomery est passée très vite, gage d’intérêt.
Maps (web)

Quand l’electronique rencontre le tribal, quand le stoïcisme se transforme en agressivité percussive, on obtient une idée de l’univers du groupe de Northampton. Certaines mélodies sont réellement planantes, d’autres au contraire dansantes. Chaque chanteur / choriste possède son clavier, les sons sortent de partout, donnant à l’ensemble un certain coffre. On sent en revanche que Maps n’a pas grand chose à raconter, la prestation est avant tout instrumentale ; néanmoins chaque partie vocale est un ravissement, l’agressivité sonore étant ici rééquilibrée par des voix douces et harmonieuses. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié ce set, aux limites de la new-wave, de l’electro et de la pop anglaise. Je m’avance peut-être en affirmant que le public semble avoir apprécié.
The Earlies (web)

Ils possèdent un look et des instruments à jouer dans une formation folk/country (façon polie de dire “hippie”). Ils ne sont pas moins de dix sur scène, et ceux qui connaissent La Maroquinerie savent qu’une telle formation se retrouve vite à l’etroit sur l’estrade. On est obligé dans un premier temps d’avoir un sourire, soit amusé, soit moqueur, en voyant un tel arsenal. Et puis vient la première chanson. Tout le monde se met debout, se retrouve captivé et hypnotisé. Il faut l’avouer, The Earlies est un groupe vraiment sidérant ; leur musique empreinte autant de chemins que le nombre incroyables d’instruments sur scène. Les parties electroniques n’ont rien à envier aux meilleures formations anglaises des années 60/70, les guitares sont aussi saturées qu’un groupe de métal, mais les sonorités qui émanent sont résolument folk/blues ; les voix si nombreuses se marient à la perfection. Les Inrocks définissent The Earlies comme de “la pop cosmique” : il n’y a en effet pas meilleur qualificatif. On est bien dans l’expérimental, mais loin du freestyle : si aucun style musical ne se démarque réellement, on sent néanmoins une symbiose harmonieuse. Inutile de tergiverser des heures, ce groupe est prodigieux, que ce soit sur le plan technique, mélodique et scénique. Il ne fut pas difficile de constater que les musiciens se sentaient un peu à l’étroit ; un détail que ces derniers ont du vite oublier vu l’accueil parisien, on ne peut plus chaleureux et sincère. Finalement, les Inrocks Indie Club devraient toujours être comme ça : non pas que je n’aime pas les jeunes, mais l’attitude “des plus vieux” vis à vis des musiciens, mais aussi de leurs voisins, est plus propice et respectueuse, permettant de découvrir dans d’excellentes conditions ce genre de perles. Vive les groupes qui ne passent ni à la radio, ni à la télé.
Photos des concerts de Montgomery, Maps et The Earlies

















































































Un énorme bravo pour ces superbes photos !! Quant Ã