Le HibOO

Romain Dudek

Accablé par des galères qui le dépassent un peu, Romain Dudek, artiste confirmé aimerait que l’on parle de la sortie de son album en d’autre termes que « censure » ou « indemnités ». Sous le feu des projecteurs suite à la sortie du titre « Bernadette n’aime pas les enfants », Romain se bat pour que sa chanson puisse exister. C’est en véritable passionné que ce jeune homme nous parle de ses mésaventures, mais aussi de ses espoirs de retour à la normale.

Commençons donc par les présentations…

Je suis Romain Dudek, auteur compositeur, cela fait un moment que je fais ça dans ma vie et que je ne fais que ça. J’habite la campagne, je n me définis pas spécialement comme un artiste régional, déjà j’ai fait plus de concerts ailleurs que dans la région, en tout cas, j’essaie de défendre une créativité au niveau local. Partout où je vais en province, il se passe des choses super intéressantes, mais il manque aussi souvent des relais, c’est le cas dans la région. J’ai eu la chance d’avoir un parcours où il s’est passé des choses au niveau national, mais on ne peut pas dire que j’ai trouvé les relais pour ça.

Est-ce que quelqu’un s’occupe de toi ou bien fais-tu toutes les démarches tout seul pour travailler ?

Pour l’instant, c’est de l’auto production, quelque peu structurée puisqu’une association me suit depuis un bout de temps et puis je peux quand même compter sur des partenaires maintenant, comme François Cazeï qui a produit l’album, Jacques Hupin essaye de bouger des choses pour moi, j’ai eu la chance de faire ces bonnes rencontres. Je ne suis pas sous contrat avec ces gens, on y réfléchit mais j’aime revendiquer une forme de liberté. Si je peux me lier avec les bonnes personnes, je le ferai, avec des gens en qui je peux avoir confiance, pour justement défendre cette forme de liberté que je revendique.

A quel rayon trouve t-on le disque de Romain Dudek ?

C’est toujours la question piège… J’avais trouvé un terme après m’être creusé la tête, je pense que c’est de l’electro pop avec pas mal de rock dedans. Fondamentalement, c’est quand même de la chanson, après, musicalement, on arrive à un mélange d’electro et de pop, mais sur l’album qui sortira bientôt, c’est plus rock qu’autre chose.

A quand la sortie de l’album ?

J’espère qu’il sortira dans un mois et demi, quand on pense qu’il devrait être sorti depuis plus d’un an. J’accumule malheureusement les galères, de problèmes administratifs en censure. Je me demande d’où tout ça part et surtout, où ça nous mène. C’est mon quatrième album, j’espère qu’il verra le jour en Mai. Le premier album n’existe plus vraiment, il avait été fabriqué à la main, en revanche, les deux autres existent vraiment, le premier s’appelle « Je cours tous les jours » et le deuxième « Bon à rien ».

Tous ces gens qui m’ont aidé, ça m’a permis de reprendre confiance et de me dire que j’irai jusqu’au bout, ça m’a aussi donné l’envie de faire le meilleur album possible. J’ai vraiment mis toutes mes tripes dedans

Peux-tu nous faire un historique de tes galères ?

Tout ça a commencé assez fort… Je suis musicien et donc intermittent du spectacle. L’ASSEDIC a lancé un contrôle à mon encontre et également à l’encontre de ma compagne, musicienne elle aussi, qui à l’époque m’accompagnait sur scène. Je suis passé à une autre formule depuis pour préparer les concerts liés aux morceaux du dernier album. Ce contrôle devait durer 10 jours, il y a un an et demi mais on y est encore aujourd’hui. Nous avons été obligés de lancer une procédure judiciaire pour mettre un terme à tout ça parce que l’ASSEDIC ne prend pas de décision à notre encontre. Nous sommes dans la situation où nous ne pouvons pas nous défendre. Le temps qu’une décision n’est pas prise, on ne peut pas contester, il est évident que depuis tout ce temps, nos indemnités ne nous ont pas été versées. Tout ça tombe dans une période où je suis en cours de création et donc pas du tout en tournée, à gagner de l’argent sur des concerts par ci par là. On a pris ça en pleine gueule. Nos indemnités nous ont été supprimées d’office, sans explications. Je ne suis pas expert, c’est pour ça que j’ai contacté un avocat, mais il y a des choses aberrantes comme d’émettre des doutes sur le fait d’avoir vraiment été sur scène tel ou tel soir, alors à part contacter les gens qui étaient là au spectacle, je ne vois pas trop comment je peux prouver ça. Nous avons commis l’erreur de ne pas signer de contrat de cession systématiquement, ça servira de leçon à d’autres j’espère. Nous faisions confiance aux gens, c’est pourquoi nous ne demandions pas quelque chose d’écrit à chaque fois. Ca s’est finalement retourné contre nous. Au final, on ne sait pas trop ce que les ASSEDIC nous veulent, ni à quelle sauce ils vont nous manger. Autour de tout ça il y a un comité de soutien qui s’est crée suite à nos déboires, il y a quand même des gens qui nous aiment et nous aident. On peut retrouver ce comité sur le web, un blog a été crée, il s’appelle onveutnousmanger.blogspot.com. Depuis, financièrement, nous sommes toujours au ras des pâquerettes, cette histoire aura eu le mérite de mettre en évidence les gens qui nous voulaient du bien et les autres. Tous ces gens qui m’ont aidé, ça m’a permis de reprendre confiance et de me dire que j’irai jusqu’au bout, ça m’a aussi donné l’envie de faire le meilleur album possible. J’ai vraiment mis toutes mes tripes dedans.

Les galères auraient pu s’arrêter là, mais surgit un nouveau problème…

Oui, en travaillant avec François Cazeï, on a mis un morceau sur le net, une version de travail en fait de « Bernadette n’aime pas les enfants». Elle était cachée, pas en accès direct sur mon site officiel. Le but du jeu, c’était de la partager avec quelques bons copains pour savoir ce qu’ils en pensaient et aussi avec les professionnels avec lesquels on bosse. Elle est juste un peu tendancieuse et polémique comme j’aime. Le problème, c’est que trois jours après la mise en ligne de la chanson, Wanadoo a supprimé la totalité du site. Il n’y avait pas énormément de choses dessus puisque le site était en travaux. A partir de là, je me suis aperçu que la chanson avait été téléchargée pas mal de fois, puisque j’ai reçu de nombreux mails qui me disaient qu’il était impossible de télécharger cette fameuse chanson. Je n’ai pas été prévenu tout de suite par Wanadoo, j’ai seulement vu le massage affiché sur le site qui disait que je n’avais pas respecté les conditions d’utilisation.

Pour l’instant, aucune autre ne l’a fait, à part peut être des radios associatives. Dans les médias nationaux, il ne se passe rien alors qu’il y a quand même 15.000 téléchargements. Ca ne me dérange pas que tout ça reste underground, je ne cherche pas spécialement le succès, mon but dans la vie n’est pas de devenir riche et célèbre, mon but, c’est de continuer à vivre de mes chansons et de donner du plaisir aux gens - Romain Dudek

Quel point de règlement n’as-tu pas respecté ?

Au bout de dix jours, j’ai reçu une réponse qui disait que le fichier devait être accessible depuis la page d’accueil du site. Ils avaient très bien vu que le site était en travaux. Le fichier incluait mon nom et le nom du morceau, or cette mesure est habituellement utilisée pour combattre le fichier pirate. En l’occurrence, il était clair qu’il s’agissait de mes morceaux, il n’y avait pas de raisons de prendre cette décision. Suite à ça, j’ai quand même envoyé ma chanson par mail à tous ceux qui me la demandait, il y a eu un engouement, avec une quinzaine de sites qui ont proposé la chanson en téléchargement. Jonh Paul Lepers, le journaliste d’investigation, n’avait pas attendu qu’elle soit supprimée pour la mettre sur son blog, il en a remis une couche suite aux problèmes que j’ai rencontrés. Tout ce petit réseau a bien fonctionné puisqu’il y a dix jours, ma chanson « Bernadette » avait été téléchargée 15.000 fois, ça me paraît énorme ! De plus en plus de sites la reprenne, ça devient compliqué à évaluer.

Pourrons nous retrouver « Bernadette » sur le prochain album ?

Absolument. D’une part, c’est une chanson dont je suis fier. Les gens peuvent la prendre comme une attaque personnelle, mais ce n’est pas le cas parce que le personnage de Bernadette a été construit à partir de quelqu’un d’autre que la Bernadette à laquelle tout le monde pense. Après, c’est mon inconscient qui a parlé, je préfère considérer que c’est une réflexion globale sur l’action de charité. Hier, j’ai vu une émission spéciale de « Question pour un champion », à la fin, le type de l’association « Perce Neige » est venu sur le plateau, c’était un débordement de bons sentiments, mais il a reçu un chèque de 20.000 euros. A une échelle de macroéconomie, ce n’est même pas une poussière au niveau de l’Etat, quand tu penses aux millions qui sont dépensés pour les autoroutes. Ca me fait vraiment gerber… A qui ça rend vraiment service ? Quand je me suis retrouvé dans la merde, nous sommes allés voir une assistante sociale parce qu’on a fait une demande de RMI. J’ai la chance d’avoir des gens qui m’entourent et qui m’aiment, je n’ai pas besoin d’aller aux Restos du Cœur, mais c’était quand même l’unique solution de l’assistante sociale. Est-ce que c’est normal qu’une assistante sociale, payée par l’Etat ou les collectivités locales vienne nous expliquer que si on veut bouffer, il faut faire appel à la charité !

Le message est donc plus fort qu’il n’y paraît sur cette chanson…

Oui, et puis je me suis dit que celle là, on aurait du mal à la faire passer en radio. Il faut le souligner, France Bleu, qui me soutient depuis des années, qui est une radio assez conventionnelle avec une programmation grand public, est quand même la première radio à avoir passé ma chanson. Pour l’instant, aucune autre ne l’a fait, à part peut être des radios associatives. Dans les médias nationaux, il ne se passe rien alors qu’il y a quand même 15.000 téléchargements. Ca ne me dérange pas que tout ça reste underground, je ne cherche pas spécialement le succès, mon but dans la vie n’est pas de devenir riche et célèbre, mon but, c’est de continuer à vivre de mes chansons et de donner du plaisir aux gens.

Crois-tu qu’un parallèle avec la chanson de Didier Wampas « Chirac en prison » est envisageable ?

Je n’avais pas suivi cette histoire, mais on me l’a racontée depuis. La différence, c’est qu’il n’y a pas eu de censure, le titre est passé sur France 4 et sur certaines radios nationales, c’est passé de façon anecdotique. Après, peut être que n’est pas non plus une chanson qui mérite de passer en programmation, mais quand même, j’ai l’impression qu’il y a une forme de censure très forte. J’ai reçu des messages de plusieurs pays, qui ne comprenaient pas cette forme de censure, alors qu’elle n’est plus censée exister depuis les années 70 en France. Oui, les Wampas, peut être que finalement on peut mettre nos histoires en parallèle.

Pourquoi ne pas avoir contacté Didier Wampas ?

Je n’ai pas vraiment eu le temps. Cela fait seulement un mois et demi que cette histoire est là, il a aussi fallu rattraper les dégâts. Alors oui, ça ouvre des ports, mais ça en ferme plein, par exemple, je n’ai plus de contacts avec le maisons de disques que j’avais démarché. C’est bien 15.000 téléchargements, ce sont des acheteurs potentiels ces gens là, si tu proposes quelque chose d’intéressant, ce sont aussi des gens qui vont venir te voir aux concerts. Je ne considère pas ça comme un mal, j’aime la notion de partage sur le net, même si ça fait peur aux maisons de disques.

Au final, cette histoire ne te fait-elle pas une bonne publicité tout de même ?

Je ne sais pas, on verra dans six mois, dans un an. Pour l’instant ça aura eu le mérite de faire connaître cette chanson auprès de beaucoup de gens, je ne sais pas quelles seront les retombées, peut être même que je ne vendrai pas plus d’album que le précédent.

N’aurais-tu pas préféré que l’on parle plus du « Tango des assassins » par exemple, qui figure aussi sur l’album ?

C’est vrai que j’aimerais bien que l’on parle du fond du disque. Quand je suis passé à la télé, le présentateur ne voulait même pas parler de Bernadette, cinq minutes avant de débuter l’émission, il nous a expliqué qu’il ne fallait pas en parler. Alors oui, si cette chanson est intéressante en elle-même, j’ai aussi d’autres choses à dire. « Le tango des assassins » ou « Salaud de pauvre » et d’autres, mais on va forcément parler que de celui là, je n’ai aucun contrôle là-dessus. Si les gens parlent autant de Bernadette c’est peut être aussi parce que je mets le doigt là où ça fait mal…

N’as-tu pas l’impression de passer pour le vilain petit canard ?

Non, je ne sais pas, je n’ai pas reçu de pressions directes. C’est vrai aussi que je commence à devenir un peu paranoïaque, on finit par se demander si derrière tout ça, il n’y a pas une stratégie d’élimination pure et simple. Au début je n’y croyais pas trop, mais là, il semblerait que je sois sur écoute. Je ne voulais pas y croire, c’est un type d’une radio qui m’a dit ça, alors après, je ne sais pas comment il a eu cette indiscrétion. Je m’en fous, je n’ai rien à cacher, mais ça créee un climat de paranoïa, qu’on le veuille ou non. Je ne fais pas de spéculation, mais je n’exclus rien. En attendant, au niveau des médias nationaux, c’est l’ignorance la plus totale. Si ça continue, je vais me poser des questions oui…

Un commentaire

  1. j’ai entendu “salauds de pauvre” sur france inter ce midi!!
    j’ai accroché tout de suite,et ce soir je visite ton site,je ne te connais pas du tout,mais la musique et surtout les paroles m’ont
    fait tendre l’oreille….
    bravo pour cette chanson,mais comment faire pour trouver tes albums……..bonne chance,ne change rien

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