La Cité Interdite

Chine, Xème siècle, Dynastie Tang. De retour à la Cité interdite après une longue absence, l’Empereur découvre qu’un complot se trame au coeur même de son palais. Les dangereuses alliances et les manipulations des conspirateurs n’ont qu’un seul but : prendre le pouvoir du plus grand Empire au monde. La trahison viendra de l’intérieur : une rébellion menée par la reine elle-même.
Mais jusqu’où ira Zhang Yimou dans le domaine de la magnificience ?! Après “Hero” qui révéla un Jet Li absolument prodigieux dans une trame épique et tragique absolument divin, après le poétique et onirique “Secret des poignards volants” à l’esthétisme incroyablement léché … le réalisateur prodige revient avec ce que l’on peut tout simplement considérer comme une claque monumentale.
Par où commencer ? Le raffinement, la précision, le souci du détail imperceptible, et l’incroyable beauté des décors et des costumes. Il est impossible de définir ou de décrire le travail titanesque réalisé ; chaque plan, chaque cadrage n’est pas une séquence de film, mais bel et bien un tableau de peintre. A l’instar de l’adaptation du Parfum, on retrouve cette même volonté d’associer les couleurs aux odeurs, ainsi qu’aux sensations tactiles et auditives. Pour tout vous dire : même les deux films précédemment cités n’arrivent pas à la cheville de “La Cité Interdite”. Pour continuer ce paragraphe relatant les points qui vont en mettre plein la vue, notons ce nombre démesuré de figurants : que ce soit les servants ou les soldats, il arrive même un moment où l’on en sourit tellement l’on sent une volonté d’impressionner ; et le pari est réussi.

Comme d’habitude, Zhang Yimou conte une histoire qui marie harmonieusement une fresque épique de la Chine antique, tout en y associant une part de romance au dénouement tragique ; même si la narration n’est pas forcément le point fort de cette nouvelle production, le réalisateur arrive toujours à créer des personnages complexes, qui malgré leur funeste destin, sont aux antipodes des schémas manichéens. Et une fois de plus, le choix des acteurs est à la hauteur des ambitions proposées : entre la magnifique et très juste Gong Li (vue dans 2046, Memoires d’une Geisha) et le charisme extraordinaire de Chow Yun-Fat (Tigre et Dragon, Le Syndicat du Crime), sans oublier tous les personnages secondaires, à moins de posséder une vision cognitive digne d’un australopithèque, il sera impossible de ne pas être pris dans cette tempête infernale qui mêle passion, vengeance, amour et mort. “La Cité Interdite” possède le tragique d’une pièce grecque, avec l’ambition visuelle d’un péplum d’antan.
Et pourtant, s’il est bien un point qui surpasse toutes les éloges déjà lisibles sur cette chronique, il s’agit des combats. On est bien loin de l’époque de “Shaolin contre Mantis” : non seulement les combats sont tout simplement impressionnants, mais ils sont d’une variété incalculable : corps à corps, épées, lances … la bataille finale est si grandiose qu’on en arrive presque à classer cette dernière au même rang - sur le plan épique - que le Retour du Roi lors de l’assaut contre Minas Tirith.

Chez Zhang Yimou, le happy end n’existe pas, et que ce dernier continue ainsi : il rend ses lettres de noblesse au métier de réalisateur. Celui qui a la capacité de faire rêver, avec une trame infime (tirée de l’oeuvre de Yu Cao), mais qu’il sait développer à travers des mises en scène spectaculaires, portées par des acteurs aussi beaux que talentueux, balayés dans une sanglante beauté.
Je suis d’accord. J’ai adoré ce film. esthétiquement, c’est une claque !
300 aussi est très impressionnant.
Je n’ai pas vu celui-ci, volontairement, mais après ces éloges, ce serait dommage de passer Ã
Je serai bien moins dythirambique que toi en ce qui concerne la Cité interdite.
En effet, le film est visuellement très bien réussi, et comme toi, les combats m’ont ramené Ã
connaissez vous la date de sortie du film en dvd?
merci d’avance