Sziget 2006, Day 4/7 - 12 août

Anthologique. Le concert donné par Radiohead hier soir était tout simplement le plus intense de toute l’histoire du festival. Quand en plus, on a le droit à des prestations de haut vol de dEUS et Orange Blossom, cette journée restera gravée dans les mémoires à coup sûr. Ce n’est pas la pluie qui a enrhumé les trois quarts des festivaliers qui gâche la fête, il en faudrait plus que ça. Retour sur la quatrième et superbe journée du Sziget Festival.
La pluie rend l’île peu praticable, c’est d’autant plus dommage que le festival affiche complet aujourd’hui, Radiohead oblige. La journée commence par une interview avec les dEUS, l’immanquable groupe belge avait commencé sa tournée à l’Exo7 à Rouen, nous les retrouvons en bout de course, toujours en forme, pour une rencontre placée sous le signe de la bonne humeur. Le premier concert de la journée sera pour Sons & Daughters, un groupe écossais, chouchou des Franz Ferdinand. Musicalement, rien à voir avec la bande d’Alex, on assiste plutôt à un concert assez monotone, une voix quelque peu criarde et une bassiste hallucinante d’inexpressivité. On prend ça pour une petite mise en bouche.
Les choses sérieuses commencent peu après, dEUS passe aux manettes, changement de ton. Les belges, emmenés par un Tom Barman des grands jours font exploser la Main Stage, quasiment tout le dernier album y passe, y compris le très efficace ‘7 days, 7 weeks’. Le public réagit instantanément, et pas seulement les quelques belges présents ici, pas mal de monde pour un concert de fin d’après midi et pour tout dire, une entame idéale à Thom York et les siens.
Nous sommes à H – 3, le temps de s’attarder sur la World Stage qui propose une belle pointure française, Orange Blossom. Les nantais sont déjà venus deux fois à Rouen, et ce n’est pas fini, si l’on en croit les dires des musiciens… Le concert débute, c’est le moment que choisit la pluie pour faire son apparition, le temps ne sera guère réjouissant jusqu’au soir. Léïla entonne les morceaux de Everything must change, à commencer par Maldito, repris par un public déjà en délire. Le violoniste se prend pour un kangourou, toujours aussi en forme, il saute aux quatre coins de la scène. Un concert qui ressemble fort à la bande originale de ce Sziget, s’il en fallait une, on y mettrait Orange Blossom, à coup sûr ! Nous retrouvons Léïla et Carlos en backstage, juste après le concert pour une brève interview.
Des sonorités très locales attirent nos oreilles aux abords de la tente Tzigane, une vraie fête à l’intérieur ! L’orchestre de Bogyiszlo y donne une représentation, dans la plus pure tradition locale, avec danseurs, violons et public en folie. Les nombreux problèmes de son font partie du jeu, on y prête qu’une attention toute relative. Vite, la suite !
Nous y voilà, l’île est pleine à craquer, les festivaliers ont littéralement envahi le site pour l’événement. Ce concert de Radiohead, tout le monde l’attend, c’est un peu le summum, l’Everest pour un programmateur de festival d’arriver à placer ce groupe. Les plus patients attendent depuis le midi, ils campent devant la Main Stage, avec sandwiches et boissons. Neuf heures plus tard, certains d’entre eux seront au bord de l’évanouissement, obligés d’être évacués par la sécurité. Le concert commence enfin, c’est avec ‘Airbag’ que le groupe d’Oxford débute son show. Il sera d’ailleurs composé des plus grands succès de OK Computer, du jouissif ‘Karma Police’ au frissonnant ‘Paranoïd Androïd’ mais aussi quelques morceaux des albums plus récent, à commencer par un magique ‘How to disappear completely’. Les premiers albums ne sont pas oubliés dans ce set qui durera près de deux heures, ‘Just’ ou encore ‘Street Spirit’ sera à l’honneur. Thom York est là, sur le devant de la scène, torturé, fou, drôle, bref génial, guitare à la main ou derrière le piano. La plupart des chansons sont reprises en chœur par le public aux anges, un rappel à quatre chansons avec in fine, ‘Everything in is right place’. Voilà, c’est fait, le plus grand groupe du monde vient de se produire sous nos yeux, du bonheur et encore du bonheur.
La suite paraîtra forcément un peu morose, se dit-on, mais la programmation des scènes moins importantes sont là pour vous rappeler à votre souvenir. La Bahia, cette même scène où se produira Mr Lab ! dans deux jours accueille Mitsoura, un groupe qui a pour chanteuse… Mitsu, le petit bout de femme à la voix incroyable qui avait envoûté le public rouennais en accompagnant le groupe Besh O Drom lors de la dernière édition des Terrasses du Jeudi. Musicalement très originale, la formation hongroise est composée de percussions, d’un cymbalum et d’un violoncelle. La voix de Mitsu par-dessus le tout, à déguster sans modération.
Demain est un autre jour, et si la Main Stage nous offre du réchauffé avec The Rasmus (déjà présent ici il y a deux ans), on en profitera pour se dégourdir les oreilles du côté de la scène métal.