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Prohom - Allers Retours

Prohom : Allers Retours | At(H)ome / Wagram

Lorsque je vis pour la première fois en live Prohom, ce fut en avril 2005 lors d'un Europe 2 Campus Tour au BBC. J’avais été sublimé par la prestation du groupe, notamment dans sa capacité à marier avec talent electro, percussions, guitares résolument metal, refrains martelants et paroles incisives. Philippe Prohom signe donc ici son 3e album (Prohom en 2002, et Peu importe en 2004). Et à la première écoute on est réellement déboussolé. A titre de comparaison, la différence du troisième opus est aussi stupéfiante que lorsque Metallica proposa le - désormais culte - “Black Album” (avec une direction musicale et artistique coupant radicalement les ponts avec la période “Masters of Puppets” / “And Justice for All …).

Ce qui avait été reproché au deuxième album (une certaine similtude avec le bijou eponyme) ne pourra donc être réitéré ici. En fait, si l’on excepte la voix de Philippe, “Allers Retours” prend le fan à contre-sens sur tous les plans. On pourrait presque ressentir à la fois une évolution issue d’une maturité inéluctable, mais aussi d’une volonté de surprendre. Des titres illustrant cette sensation sont légions, comme les inséparables tracks qui constituent l’unique “Autour de Lucie”, “KO par insomnie” ou encore “A la bonne heure”. Les textes d’écorchés vifs laissent souvent place à des textes davantage poétiques, plus évasifs, et les parties vocales de Philippe sont souvent plus posées : l’agressivité musicale laisse donc place à de douces mélodies planantes (et les quelques rares chansons pêchues sont désormais dépourvues de distortion), aux arrangements très fins et délicats (les rares parties de clavier sont remarquables). A noter cependant une perle d’écriture qui sort du lot : “Enfin seuls”, d’une noirceur poétique qui explose aux oreilles, mise en valeur par une absence totale de mélodie, avec un chant pratiquement chuchoté. A noter que l’album se doit d’être écouté en une seule traite, puisque bon nombre de chansons s’enchaînent, donnant une impression d’album concept.

Il est donc inutile d’attendre avec ce nouveau Prohom un clone de “Peu Importe”, “Allers Retours” est un album plus posé, plus mûr, jouissant d’une qualité de production irréprochable, avec des mélodies accrocheuses et variées. Un opus qui risque de dérouter - voire décevoir - les fans de la première heure, mais qui ravira les amateurs de pop/rock qui n’apprécient pas forcément d’être violentés par des guitares puissantes et saturées ; un excellent album, qui prouve qu’un groupe peut se remettre totalement en question en ne prenant pas l’auditeur pour un pigeon en s’auto-plagiant au fil de sa carrière (je n’ai pas cité Jean-Jacques Goldman qui depuis 20 ans offre la même chanson et les mêmes accords, mais le coeur y est)

En écoute

Track 12 : Jamais dans le bon sens (3″15)

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Titre : Jamais dans le bon sens | Auteur : Prohom

Tracklist

  1. Le meilleur
  2. Chez les fous
  3. A la bonne heure
  4. Un inconnu
  5. Intro Autour de Lucie
  6. Autour de Lucie
  7. La fille du train
  8. K.O. par insomnie
  9. Enfins seuls
  10. Mon étiquette
  11. Grossier
  12. Jamais dans le bon sens
  13. En forme

4 commentaires

  1. Aïe! “Fan de la première heure” (ma découverte date de 2002 au Trabendo lors de la tournée du premier album), ta critique me fait forcément un peu peur… mais elle me donne en même temps envie de le découvrir. “J’y vais mais j’ai peur”

  2. c’est bien rafraichissant :-)
    Merci pour la découverte. Je connaissais de nom, maintenant je connais tout court ;-)

  3. Rah le gros cliché!!!!! je m’explique… c’est le pire pour une critique de dire que c’est l’album de la maturité… et puis Prohom c’est avant tout un artiste… A savoir que le groupe de quatres c’est séparé fin 2005, et que l’album aller-retour a été réalisé, pensé, écrit (texte et musique) par Philippe Prohom.
    Aujourd”hui Prohom revient avec un nouvel album, plus proche de ce qu’il a toujours voulu faire, et les musiciens viennent se greffer autour. C’est un peu brut mais c’est comme ça.
    Pour ce qui est de ” Peu importe” et du premier album, il n’avaient rien en commun. Le premier album a été enregistré sur scène après avoir fait des concerts Ã

  4. Tout comme il n’y a rien de pire que les gens qui lisent Ã

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