Dominique A au Théâtre Jean Vilar (Suresnes)

Dominique A, le mentor de bien des chanteurs torturés aujourd’hui superstars (Cali en tête) se produisait à Suresnes au Théâtre Jean Vilar. Placé par le directeur himself à 10m de la scène (ce dernier étant très rédhibitoire aux photographes, même accrédités par le tourneur et le label, ce que je peux comprendre quand je vois l’abus de certains sur Paris à tout faire pour obtenir “ZE” cliché, dont gêner le public), il sera donc inutile d’attendre dans cet article des photos potables. En revanche, ce lieu est parfait pour ce genre de formation, qui peut profiter pleinement d’une acoustique exemplaire. Le seul reproche sera finalement qu’un tel artiste n’affiche pas complet.
- Photos : 14
- Date : 30.03.07
- Photographe : Rod
- Adresse : 16 Place Stalingrad 92150 Suresnes
- Téléphone : 01 41 18 85 85
- Web : www.theatre-suresnes.fr
Point de première partie, et un concert annoncé à 21h. Ma dernière rencontre avec l’artiste remonte aux Terrasses du Jeudi en juillet 2006, festival annuel qui se déroule à Rouen. J’avais adoré la prestation, et pourtant le grand gaillard chauve n’était pas aidé : population absolument peu réceptive, spectacle plein air diluant dans l’atmosphère les riches arrangements des chansons. Malgré tous ces défauts, impossible de ne pas être scotché par ce géant de charisme aux textes aussi noirs que poétiques. La configuration du Théâtre Jean Vilar est similaire à celle du Rive Gauche de Rouen : à savoir une salle très plongeante où il est possible d’apprécier un spectacle quel que soit l’angle choisi. Quand Dominique A entre sur scène, je sais d’office que je ne pourrai pas faire de bonnes photos : ce dernier aime toujours autant les atmosphères sombres, qui sont en parfaite adéquation avec l’univers très spleen des textes interprétés avec une rage d’écorché vif. Le chanteur est très directif, on ne le sent pas forcément à l’aise pour communiquer sans musique, mais dès qu’il se retrouve avec une guitare, le personnage se métamorphose ; on sent une violence dans son interprétation absolument divine à écouter et à voir. Ses chansons sont tantôt rock, tantôt calmes, avec cette caractéristique que l’on retrouve dans son univers : ses musiques racontent autant de choses que ses paroles. Des thèmes souvent somptueux que l’on entendrait volontiers dans une bande originale de film. Si certaines de ses chansons ne sont pas forcément transportantes sur CD (dont pas mal issues de l’album “L’Horizon” sorti l’an dernier), elles deviennent incroyablement titanesques en live : je pense notamment à “La Pleureuse”, “Rouvrir”, “L’Amour” ou encore “Exit”. Le public est bien calme, sauf quelques fans en bas de scène qui n’hésitent pas à se lever pour se dandiner sur les mélodies les plus pêchues. 1h30 de spectacle, où les spectateurs ont pu assister dans un bain de lumière ténébreuse à un concert résolument divin d’un des plus grands chanteurs à texte spleen du moment.
“Photos” du concert de Dominique A












belles photos bravo