La Doublure

Surpris par un paparazzi avec Eléna, sa maîtresse, un top model superbe, le milliardaire Pierre Levasseur tente d’éviter un divorce sanglant en inventant un mensonge invraisemblable. Il profite de la présence sur la photo, d’un passant, François Pignon, pour affirmer à sa femme qu’Eléna n’est pas avec lui, mais avec Pignon. Pignon est voiturier. C’est un petit homme modeste. Levasseur, pour accréditer son mensonge, est obligé d’envoyer la trop belle Eléna vivre avec Pignon. Elena chez Pignon, c’est un oiseau de paradis dans un H.L.M. Et aussi une mine de situations.
François Pignon est de retour. Mais qui peut rivaliser avec le génie inégalé de Villeret dans le Diner de cons ? Si ce nouvel “épisode” surpasse le très décevant “Placard”, Le Diner de cons restera encore pour longtemps l’une des dernières meilleures comédies du cinéaste Veber. Répliques et scènes cultes inside.
Beaucoup de surprises dans ce nouveau François Pignon : au générique, l’absence de Vladimir Cosma aux partitions musicales, une grande première pour un film signé Veber. François Pignon cesse d’être un “con” pour devenir un “naïf” touchant. Gad Elmaleh porte très bien son rôle, et prouve qu’il faut désormais le compter comme acteur à part entière (ce qui était loin d’être gagné avec Chouchou). La troisième surprise de taille vient surtout de la présence incroyable du rôle des femmes. Généralement en second plan dans toutes ses réalisations, Veber les met ici au coeur même de la cause de toute la trame scénaristique (tirée par les cheveux, mais bien ficelée) : mention particulière à la beauté flegmatique et énigmatique de Kristin Scott Thomas, plus rayonnante que jamais.
On notera une pléiade de duos qui fonctionnent à la perfection : Michel Aumont / Michel Jonasz (avec un clin d’oeil au diner de cons), Dany Boon / Gad Elmaleh, et surtout Daniel Auteuil / Richard Berry, qui nous distillent quelques passages anthologiques.
Depuis plus de 20 ans, Veber réalise une sorte de remake de ses propres films. Le public pourrait s’en lasser, mais non. Car le réalisateur sait rendre un personnage invisible, un monsieur tout le monde (Pignon ou Perrin, selon le films) particulièrement humain et attachant. Cette comédie ne déroge pas à la règle, car si l’on sait dès les premières secondes le dénouement final, on ne peut s’empêcher de rire avec des recettes humoristiques bien huilées. Un carton évident qui fera oublier la nullité incommensurable du dernier Bronzés.