Anaïs Kaël à La Loge

Ce soir, j’ai rendez-vous en loge. A La Loge. Petit lieu par la taille, grand par sa programmation. Anaïs Kaël s’y installe pour une soirée, assise devant son fidèle piano en carton noyé dans un champ de coquelicots. Elle nous y confie ses aventures ordinaires, entre soucis vaginaux et enfer au boulot. Tout un programme.
- Date : 17.04.07
- Photographe : Gérald Vidamment
- Adresse : 2 rue La Bruyère 75009 Paris
- Téléphone : 01 42 82 13 13
- Web : www.myspace.com/lalogethatreetlamusique
La Loge porte bien son nom. Large de quelques centaines de centimètres et pourvue d’une scène de seulement deux mètres carrés, cette salle peut se targuer d’être le plus petit théâtre de Paris. Aussi charmante que sympathique, la jeune propriétaire du lieu Alice Vivier aidée de Joël Ramos y programme des one man shows, des concerts et même des projections de courts-métrages. Arrivé sur place vers 21h, j’ai du attendre une petite demi-heure avant que tout soit mis en place. Ce soir, nous resterons en famille. Une dizaine de personnes, soit une salle remplie à plus du tiers. Mais autant de privilégiés qui ont pu assister à une belle démonstration de ce que pensent les femmes des hommes qui ne pensent pas. Sans leur queue. Alouette.
Coquelicot, coquelicot. Répétez donc ce mot. Coquelicot, coquelicot, vous avez trouvé le tempo. Anaïs Kaël ne mâche pas ses mots. Ni ses notes. Ca claque, ça saigne. Ca pue le Rouge à plein nez. Cette femme en veut aux hommes, c’est certain. Et d’ailleurs les hommes on se demande bien si elle en veut encore. Riche d’une vie en entreprise spasmodique et de fortunes amoureuses des plus tumultueuses, elle distribue les mauvais points. Ses morceaux cinglent, fouettent, battent le fer quand il est chaud. Et quoi de mieux que le lit pour faire monter la température et mettre le feu aux reins. De vrais ébats musicaux sans débat ni demi mot. Elle accuse les hommes, les patrons et leurs femmes à jupons. Mais elle en rit. Oh oui, Anaïs en rit. Après chaque bouquet de jurons, elle ne peut s’empêcher de nous lancer un regard, rire coquin en coin, léger souffle en sus. « J’vous choque, hein ? », croit-on entendre. Fichtre, elle ne s’imagine pas elle-même avoir l’ombre d’un instant pu déballer de tels propos agrémentés d’une brochette de jolis et saillants mots. Irrévérencieux, sans-gêne et grossiers. Tout y passe du cerveau au fond du caleçon. En somme, le dico cru en langue universelle. Le nirvana verbal des vagins endoloris. Extase.
Pour information, l’album menu couillu d’Anaïs Kaël ne saurait tarder à sortir. Ne gageons pas que l’auteur nous ait tout dit, ce serait une couillonnerie de notre part que de le croire.
Photos du concert d’Anaïs Kael













J’adore tes textes gérald … mais une chose est sure : t’es pas tout seul dans ta tete :)
Merci Rod. Je règle un petit problème avec Malkovitch et reviens de suite :)