Muse au Théâtre du Châtelet : c’est dans les vieux lieux qu’on fait les meilleurs concerts
En ce 8 septembre, l’homo Parisianus avait le choix : de l’intimiste avec la séduisante Marie Espinosa au China Club, Pacovolume for free dans ce qui semble être de plus en plus être la relève de la Flèche d’Or « d’avant » (j’ai nommé l’International), les extraordinaires Mûm à la Maroquinerie, ou encore les tonnes de concerts peu ou prou relayés qui inondent une rentrée musicale visiblement placée sous le signe de l’éxubérance. Ou bien, le Théâtre du Châtelet, qui vivait sa plus violente des défloraisons depuis sa création en 1862 : en effet, le lieu n’a jamais dû, en 150 ans d’existence, dû recevoir et absorber autant de décibels diablement maîtrisés d’un des groupes pop rock les plus côtés de la planète : j’ai nommé Muse.
- Date : 08.09.09
- Adresse : 1, Place du Châtelet 75001 Ville Paris
- Web : www.chatelet-theatre.com
Certains, grâce au HibOO (via ZeGut) avaient eu l’info avant tout le monde : Muse allait se produire au Théâtre du Châtelet. Dans l’absolu, le mariage ne semblait pas si rocambolesque que ça, et rappelait cette « toute première fois » au Casino de Paris qui s’ouvrait enfin aux concerts amplifiés avec l’incroyable et tonitruante performance de Dionysos. En accueillant un nouveau public grâce à l’un des groupes les plus prisés des ados – les jeunes adultes et fans de la première heure ayant décroché depuis Absolution, voire, pour les plus puristes, à Showbiz – le lieu s’offrait l’occasion de se débarrasser une fois pour toute de l’image poussiéreuse qui lui collait à la peau – beaucoup avoueront, y compris chez les photographes accrédités, n’y avoir jamais mis les pieds. Et il faut dire que même des jeunes peu éduqués à l’art et au style frisant quelque peu le post-rococo – la retenue et le bon goût de l’époque ayant permis d’éviter le pire niveau détails foisonnants et indigestes, une fois les escaliers gravis, n’ont pu rester de marbre devant la beauté et la majestuosité d’un tel emplacement. A groupe de luxe, cadre de luxe.

Les billets étaient en vente uniquement sur place, à partir de 19h. Mais les vrais fans de la première et dernière heure n’ont pas fait les choses à moitié : on chuchotte ci et là que les premiers autochtones furent aperçus aux alentours de 8h du matin. 11h à attendre pour se retrouver au premier rang, ni plus ni moins.
19h donc. La file n’est ni immense, ni dantesque, mais tout simplement hallucinante : en effet, cette dernière s’étend à perte de vue ; effrayant et fascinant à la fois, le spectacle offert involontairement par ces fous furieux fait plaisir à voir, et laisse sous-entendre que du côté public, le contrat sera dûment rempli.
Bien sûr, n’est pas star qui veut. Et l’horaire originel du concert indiqué sur les billets s’avérera on ne peut plus fantasiste. Ainsi les 21 heures imprimés sur les billets se verront, au fil d’interludes musicaux fortement technoïdes, transformer en 21h30. Entre temps, le « gentil » public à cran depuis une heure encore respectueux des lieux est confortablement assis, attendant le coup d’envoi pour démarrer les hostilités ; mais à peine 5 minutes avant l’entrée de Bellamy et de ses acolytes, tous se ruent tels un troupeau de zébus chassés par des prédateurs redoutables contre le crash barrière installé pour l’occasion. Le théâtre perd subitement de sa sublime lorsque l’autochtone se transforme sans vergogne en australopithèque irrespectueux grimpant sans remords sur les jolis sièges qui n’ont jamais dû accueillir autre chose que des muscles fessiers fletris. Un primate reste un primate, quel que soit son degré de développement cognitif. Et le cognitif ce soir, il va lorgner vers le primal jouissif, celui qui fout en transe.
Et il me sera difficile de vous dire à quel point j’ai regretté ce soir là d’être accrédité. Non pas que je ne mesure pas la chance de pouvoir photographier dans des conditions on ne peut plus exceptionnelles un groupe qui d’habitude ne jure plus que par les stades immenses et les salles démesurées, mais parce que je ne peux vous parler que des 3 premiers titres ; en effet, la horde de photographes (une quinzaine quand même !) a été conviée à quitter les lieux sans possibilité de retour dès la fin de Supermassive Black Hole.
J’ai en mémoire, en mars 2004 au Zénith de Rouen, d’un des meilleurs concerts jamais vécus de ma courte existence – et pourtant croyez-moi, j’en ai vu un paquet depuis l’âge de 15 ans !, sentiment qui s’est reconfirmé quelques années plus tard au Paléo Festival, où le trio, devenu quator, avait littéralement embrasé les terres de Nyons. Me permettant d’affirmer que Muse est une entité vraiment à part. Que l’on aime ou pas les divers virages artistiques pris – bien que ces derniers semblent tomber de Charybde en Scylla, peu de groupes offrent cette présence, cette qualité sonore irréprochable, et ses bijoux intemporels (Bliss, Plug In Baby ou encore Showbiz)

Public au taquet + salle sublime, ne manquait ce soir que l’inconnue « groupe » pour que la somme des parties ne forment qu’un tout inextricable. Et dès le départ, Muse marque clairement la différence : un son aussi maitrisé et aussi calibré que peut l’être un certain Metallica dans son genre (c’est-à-dire à la fois puissant sans être assourdissant), un Matthew sautillant et visiblement heureux de se retrouver dans une configuration à taille humaine, un Chris de plus en plus stoïque mais au charisme décuplé au fil des années. Ca envoie du lourd, et pas qu’un peu. Les bras en fosse sont levés, les cris des groupies transpercent tout tympan dépourvu de protections adéquates, et le groupe enchaîne sans (se) laisser le moindre répit et souffle possible.
La suite ? Il fallait y être mais sans nul doute que lorsque le combo a interprété Plug In Baby, Time is running Out ou encore Hysteria, le Théâtre du Châtelet a dû se métamorphoser en dernier niveau de l’Enfer de Dante. Qu’avec presque 2h de show, personne n’a dû / pu être déçu – ticket à 30 euros pour un tel événement, c’est pour une fois plus que convenable. Qu’avec une setlist balayant quasiment toute la discographie du groupe, chacun a dû à un moment donné y trouver son compte. Sans parler de cette proximité surréaliste avec le premier rang (l’avancée de la scène et le crash barrière ne dépassant pas les 40 centimètres) … les 2300 personnes présentes hier ont vécu sans doute possible un moment très fort. Et que même si c’est pas vrai que je fantasme tout seul dans mon coin que je crois que je ne suis pas le seul à avoir ressenti ça. Peut-être que les fans ultimes auront peut-être à redire sur la set list, sans prise de risque et faisant inéluctablement la part belle au nouvel – et décevant – nouvel opus, mais bon …
Toutefois, Mûm à la Maroquinerie, à mon avis, a dû valoir le détour, dans son genre … et oui ma p’tite dame, tout le monde n’a pas la chance de s’appeler Dr Manatthan.
Enfin, l’on espère de tout coeur que ce one shot réussi donnera l’envie au Théâtre du Châtelet de réitérer l’expérience, qui lui permettrait sans aucun doute de revivre une nouvelle jeunesse. Pas forcément du rock outre-manche, mais entre un Théâtre du Châtelet et un Grand Rex, il n’y a pas photo pour tout artiste voulant se produire dans un lieu à la fois classe et à dimension humaine.
» www.muse.mu
» www.chatelet-theatre.com
» rockerparis.blogspot.com/2009/09/muse-theatre-du-chatelet-paris-sept-8th.html (qui démontre clairement qu’il ne vaut mieux ne pas avoir de pass photo, s’armer d’un très bon compact et réaliser un truc qui déchire total)
» www.photosandgigs.com/blog/?p=725 (très bonnes photos de Loïc)


Charlotte 9.09.09 | 11:02
« J’aime. »
la Fille du rock 9.09.09 | 11:05
Putain de live report… et putain de concert apparemment. Est-il nécessaire de dire que je suis dégoûtée de ne pas y avoir assisté ? Non, on est bien d’accord.
kevin 9.09.09 | 12:01
Concert magnifique dans un cadre splendide.
en effet, ce groupe n’a pas besoins d’artifice pour faire bouger son public.
tout les bras en l’air, refrain repris en coeur (je n’ai plus de voix).
solo de guitare gigantesque, morceau de piano sublime.
aucune chanson a jeter.
MUSE Je t’aime !!!!!!
Milanella 9.09.09 | 13:11
Juste magnifique, magique…
Et tellement énorme !
Voir les gars jouer avec la patate et du plaisir dans les yeux, c’était juste fantastique.
Le meilleur concert que j’ai vu jusquà présent !
Thank you guys !!!
Loïc 9.09.09 | 15:25
J’ai choisi mùm à La Maroquinerie. Et c’était intégralement magique, génial, grandiose, superbe !
Ric 9.09.09 | 15:39
Râââ. Donne envie …
Thx pour le report.
JS 9.09.09 | 17:19
Je déteste Muse, mais j’aurais adoré les voir sur scène dans ce cadre. Par contre petit bémol pour le Grand Rex, je trouve l’acoustique de cette salle affreuse. Je suis le seul ?
renaud 9.09.09 | 20:09
Un très vieil article qui faisait le tour des salles de concerts parisiennes avec des ingés sons disaient que c’était coté acoustique l’une des meilleures d’europe…
Sinon voir un groupe que l’on déteste juste pour le cadre c’est dommage, y a plein de choses très ben au Châtelet… Faut surveiller la prog….
Et oui Muse à part la moitié du premier album je peux vraiment pas…
Laurico 9.09.09 | 18:30
Je confirme : Mùm c’était MA-GIQUE, électrisant !
AlloMusic 9.09.09 | 18:34
Phrase culte : Le théâtre perd subitement de sa sublime lorsque l’autochtone se transforme sans vergogne en australopithèque irrespectueux grimpant sans remords sur les jolis sièges qui n’ont jamais dû accueillir autre chose que des muscles fessiers fletris.
Thanks pour ce live report détonant
Fauve 10.09.09 | 12:40
oui je confirme, pour ma part 12h d’attente + 1h30 en salle environ (je crois), mais ça vallait le coup putain!
Isabelle 10.09.09 | 13:49
» on chuchotte ci et là que les premiers autochtones furent aperçus aux alentours de 8h du matin. 11h à attendre pour se retrouver au premier rang, ni plus ni moins. »
pour ma part je suis arrivée à 8h pile et il devait y avoir environ 80 personnes déjà !
beaucoup espéraient qu’ils pourraient prendre les places le matin et revenir dans l’aprem ou la soirée mais finalement on a du faire la queue jusqu’à 19h30..
Et oui ça valait le coup =D !
Ils ont vraiment assuré et les nouvelles chansons ont l’air géniales.. On connaissait United States of Eurasia et Uprising depuis quelques semaines déjà mais les nouvelles entendues ( The Resistance, Undisclosed Desire et Unnatural Selection) donnent vraiment envie d’être à lundi pour écouter ça chez soi !
Sinon, bravo et merci pour les photos, elles sont magnifiques !
Ph 10.09.09 | 14:00
En écoute sur Deezer depuis ce matin:
http://www.deezer.com/fr/#musi.....nce-390984
akilene 10.09.09 | 20:23
Je ne regrete pas du tout d’avoir dû attendre aussi longtemps! Je faisais parti des autochtones présents depuis 8h lol
Merci pour ce live report qui m’a bien fait marrer!
batsheep 11.09.09 | 09:24
merci pour ce « report » et ces fabuleuses images ….
hélène 13.09.09 | 12:42
Merci une fois de plus Rod pour vos extraordinaires photos qui nous permettent de se remémorer de façon magnifique c’est soirée magique! (mes préférées resteront encore et toujours vos photos de Pete à la maroc…)
Je suis choqué qu’on en vous ai pas laissé rester pendant tout concert!
Bonne continuation (en espérant vous voir le 18 pour le concert de Carl Barat!)
yoba 25.09.09 | 13:01
Super ton article !!!
Si j’avais pu y être …..un concert comme ça
c’est de la bonne humeur pour 20 ans :D
Vive Muse