Le HibOO

Daphné + Pierre Lapointe à la Cigale

Pierre Lapointe

Ce soir la queue devant la Cigale SFR ne cesse de s’allonger. Je suis surprise de la diversité du public qui vient écouter Pierre Lapointe, chanteur venu du Canada, inconnu de mes petites oreilles. Attention, chronique sentimentaliste. Car à ce moment précis, je ne m’attends en aucun cas à ce qui va m’arriver une fois entrée en ces lieux…

Le pays Imaginaire à trouver son adresse temporaire, c’est ici en configuration assise que l’on prend place. J’attends avec impatience l’arrivée de mon coup de cœur du moment qui fait la première partie de l’artiste. Je suis d’ailleurs tout spécialement venue pour elle au départ.

Daphné (web)

Une écoute hasardeuse sur myspace m’a fait venir à ce petit bout de femme, à la voix il faut le dire divine. Si vous voulez la définition exacte de ce qu’est Daphné web, allez sur la page de son site avant de continuer, une jolie description en est faite. Les conditions propices sont réunies. En piste alors. Entrée de la fée, avec ses deux lutins musiciens, vêtue d’une robe de princesse. Là commence un voyage. Celui de l’émotion, parce qu’elle ne fait pas semblant de vous faire monter les larmes avec sa voix tantôt cristalline tantôt rauque. Incomparable. Elle débute avec Musicamor, extrait de son nouvel album “Carmin“, interprète son Big Daddy Boy, nous parle de son 42ème fantôme et nous achève avec Les Phœnix. Daphné n’est pas une chanteuse trentenaire de plus, avec son petit sac d’histoires. Ces mots si bien choisis sont une poésie permanente qui fait monter des larmes aux yeux. Oui, cela arrive encore. Qui a dit que les chansons d’amour c’était ringard ?

Pierre Lapointe (web)

La seule chose que je connaissais de ce jeune homme, c’était sa bouille de beau gosse à la Renan Luce. Le Canada nous a déjà apportait des talents vocaux, mais celui-ci n’a pas d’égal, ni de point de comparaison. Deuxième extraterrestre de la soirée, chanteur, comique (ces petits intermèdes sont des grands moments de bonheur, comme par exemple le “Je n’ai rien contre Céline Dion en elle même, mais par contre ses chansons“) et auteur compositeur de génie. Restez assis le voyage ne fait que continuer, cette fois nous allons entrer dans La forêt des mal aimés. Arrivent les musiciens, puis Pierre Lapointe. Les mal aimés c’est nous, il nous le dit et nous le martèle. Le set commence dans le noir, et se prolongera dans cette pénombre intimiste. Amis photographes amateurs ou professionnels Pierre ne vous aime pas et il le fait savoir avec un humour québécois de rigueur. Il interrompt même une chanson pour désigner un flasheur coupable. Des mots défilent, émanant d’une voix venue d’ailleurs. Les textes ne sont pas d’une grande gaité, mais d’une grande beauté évidente. On pleure parfois quand il chante ; ses mots sont des flèches empoissonnées d’amour. Entouré de trois musiciens touche a tout qu’il raille, mais à qui il offre de beaux moments, partageant avec une Cigale émue un immense talent. Ce soir, ils se sont fixés comme objectif “100% satisfaits”. Mélodies géniales, paroles parfaites, voix exceptionnelle et quand monsieur Lapointe arrive derrière son piano, cela ressemble parfois à du Satie. On ferme les yeux, on se promène, on part loin et quand on regarde autour de soi, on contemple une salle (presque complète) qui est dans le même état. Il y a de la magie sur scène, dans la salle on surprend même un enfant qui s’amuse. Après une standing ovation bien méritée, le magicien des mots et des notes revient au piano pour reprendre quelques unes de nos tristesses. Et puis en one man show, sur son appel enflammé on terminera tous debout et comme il le dit si bien, dans “Deux par deux rassemblés” : “Ce n’est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber; ce n’est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver“ On rêve, on crève. On rit, on pleure. La vie en somme, cumulée avec intensité dans un concert. Concert comparable à un moment d’éternité, à un conte éveillé. Une vraie communion s’est faite entre tous les spectateurs, et en sortant on avait simplement envie de dire “je t’aime”. Paraît-il que Piaf et Brel sont morts, pourtant je jurerais les avoir entraperçus sur scène, ce soir à Neverland …

2 commentaires

  1. Bien heureuse de ce compte rendu là … Bien malheureuse de ne pas pourvoir aussi souvent que je le voudrais … Ce gars là est dans mon coeur depuis quelques mois et je suis ravie qu’il touche autant en concert que je l’avais imaginé !
    Sa forêt des mal aimée est superbe mais alors son éponyme, si je dis qu’il est encore plus beau, cela parait-il possible ?
    Merci mille fois …

  2. Merci :) Cela fait plaisir de voir que d’autres on se sentiment a l’écoute de Pierre Lapointe :)
    J’avoue être encore sous le choc de cette découverte :)
    J’ai pris le temps d’écouter sur son site son album éponyme, il a fait quelques chansons dont la sublime “Tel un seul homme” sur scène … on ne se lasse pas de ces mots

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