Andrew Bird (+ Dawn Landes) à la Cigale SFR
A peine 1 mois après la Maroquinerie, l’extraterrestre violoniste siflloteur remplit La Cigale avec les mêmes ingrédients, pour un résultat identique. Un moment une fois de plus hors du temps, divin. Sans oublier cette première partie pleine de spontanéité et de fraicheur, la ravissante Dawn Landes
- Date : 04.06.07
- Adresse : 120, boulevard Rochechouart 75018 PARIS
- Téléphone : 01 49 25 81 75
- Web : www.lacigale.fr
La Cigale n’est pas annoncée sold out, mais cela se jouera à quelques places. Au moment où Andrew Bird commencera à caresser les cordes de son violon, il deviendra difficile de bouger. Si Martin Dosh avait ouvert le bal à la Maroquinerie en avril dernier, ce sera cette fois-ci Dawn Landes, pétillante jeune femme venue de New York, qui distillera en guise de première partie son pop/folk doux et savoureux.
Dawn Landes (web)
Au vu des sourires et regards malicieux de la chanteuse, il est fort à parier qu’il devait s’agir l’une de ses premières prestations à la Capitale dans une telle salle, et qu’elle fut pour le moins remarquée par le public, qui dès la première chanson a été conquis par la spontanéité de la jeune femme. En formation duo (guitare / voix + violoncelle), les chansons appellent souvent à être soutenues par une batterie manquante, détail que le public arrangera en tapant des mains pour accompagner certaines chansons. Rien d’original, rien de génial, mais ça s’écoute sans retenue (Dawn possède une voix frêle et remarquablement douce, un peu une version féminine de J. Tillman), les mélodies donnent le sourire, les blagues font mouche (pour ceux qui comprennent l’anglais) et les nappes de violoncelle sont de toute beauté. Public et musiciens réciproquement charmés.
Andrew Bird (web)
J’avais toujours vu Andrew Bird uniquement accompagné d’un batteur. Ce soir, Paris aura le privilège de voir un nouveau guitariste. Au premier abord, on peut se demander ce que ce dernier peut apporter, puisqu’Andrew, maître du sample outrancier (capable de créer la sensation d’un orchestre symphonique en moins de 30 mesures), semble n’avoir besoin que d’un batteur ; mais certaines chansons démontreront que son apport est un plus indéniable. Andrew Bird semblait être habité par l’esprit de Jack Sparrow ; plus maniéré que jamais (pour le plus grand plaisir de tous), ne cessant de jongler – parfois inutilement – entre son violon et sa guitare, il semblerait que la Cigale ait eu des effets similaires sur le personnage du même niveau que d’autres avec des substances illicites. Si l’on retrouve les hits devenus avec le temps des hymnes pour les afficionados – notamment le majestueux « Nervous tic motion of the head to the left » – les titres du nouvel album sont désormais calibrés à la perfection, et s’incorporent avec fluidité dans le set. Il est toujours aussi difficile de ne pas rester médusé par la virtuosité du personnage, notamment ses parties de violon, d’une grande finesse et d’un niveau technique de haute voltige. Ou encore sa voix, à l’image du personnage : incontrôlable, versatile et souvent folle. Sans oublier ses sifflotements devenus légendaires qui se rapprochent davantage d’une scie musicale que d’un quelconque oiseau. A l’instar de la Maroquinerie, le silence est d’or à La Cigale : que ce soit dans la fosse, côté cour et côté jardin, ou à l’étage, les mots s’effacent, les voix sont éteintes. Ils sont remplacés par des regards émerveillés, des tympans en suractivité, et des mains martelantes qui applaudissent à l’unisson dès qu’une chanson se termine. Difficile de comprendre un tel comportement (de l’ordre du mystique ?), la musique de Bird est pourtant aussi déstructurée qu’une partition d’Erik Satie, aussi raffinée qu’un Debussy, aussi subtile qu’un Fauré, très riche et souvent expérimentale (les analogies ne sont pas là pour faire joli, mais l’on sent dans les influences du musicien la grande période romantique fin XIXe début XXe) … en d’autres termes, un univers qui habituellement fait qu’on décroche très rapidement. Sans doute que l’excentricité du personnage en totale opposition avec son apparence classieuse, son humour bien placé (cf les singes peluches), et son amour de la musique et de la scène qu’il arrive à transmettre sont autant d’ingrédients qui transforment n’importe quel individu en enfant médusé lorsqu’il entendait, petit, des histoires racontées au coin du lit, avec ce même émerveillement, cette même fascination. Du coup j’ai oublié de dire l’essentiel : un concert magnifique (mais je n’avais pas envie de faire de plénonasme).

noun 5.06.07 | 22:47
Superbes photos ! Merci pour ce beau résumé de ce superbe concert.
Aurais-tu la setlist du concert ?