Sziget 2006, Day 3/7 - 11 août

Coup de froid sur le Sziget puisque les artistes tant attendus, Gomez mais surtout Coldcut ne viendront jamais. Une annulation pure et dure due aux menaces terroristes qui pèsent sur la Grande Bretagne. La fête prendra tout de même le dessus avec quelques bonnes surprises, Les Boukakes et Yonderboi en tête. Le tout à J – 1 de la grande journée, à savoir le show Radiohead. La fatigue commence déjà à se faire sentir chez les festivaliers, seuls les plus forts arriveront au bout de la semaine !
La tête d’affiche electro de la scène Wan2 ne viendra donc pas, cruelle déception tant le groupe référence britannique était attendu ici. L’annulation concerne également Gomez qui devait nous venir de Londres et être programmé sur la Main Stage. Qu’à cela ne tienne, le programme regorge tellement de scènes, de talents à découvrir qu’il suffit de modifier légèrement son programme pour passer une bonne soirée.
Sur la World, c’est Pannonia Allstars Ska Orchestra qui ouvre, un groupe festif, branché ska comme son nom l’indique qui n’est pas sans rappeler nos rouennais de Zikatatane. Des cuivres puissants, un chanteur joliment habillé mais un public encore épars, de nombreux festivaliers sont en prolongation de sommeil. Les Pannonia n’en sont pas à leur coup d’essai au Sziget puisqu’ils sont régulièrement invités sur la World, invitation amplement méritée. Conséquence de l’annulation de Gomez sur la grande scène, c’est à Guru’s Jazzmatazz que revient l’honneur d’ouvrir le feu. Les américains offrent un show rythmé genre soul et jazz, une musique soignée au saxo, pour un ensemble très convaincant.
Retour sur la World Stage où nous retrouvons un groupe français, pas (encore) très connu, il s’agit des Boukakes. Un penchant très marqué pour la diversité puisque la base rock n’est qu’un prétexte aux évasions reggae, raï et ska que propose le groupe. Les montpelliérains sont au cœur d’une tournée énorme qui les emmène aux quatre coins de l’Europe, les trouver sur le Sziget n’est donc pas une surprise. Musique fédératrice, chant en arabe, il ne faudra pas le temps d’une chanson pour que le public se mette à onduler des hanches. Un concert réussi qui verra le groupe revenir en rappel, on peut également dire que le public n’était pas seulement français mais composé à 100% de curieux. S’en suivra une interview avec Stef, le clavier du groupe, un concours de vannes plutôt qu’une interview en fait !
Le vent nous apporte quelques sons de la scène tzigane, il n’en faut pas plus pour découvrir un groupe hongrois qui répond au doux patronyme de Napra, groupe hongrois étrange, emmené par un guitariste clownesque, offrant grimace sur grimace au public. Le concert débute par une douce mélodie de violon, puis un duel s’installe, de l’autre côté de la scène, la guitare répond de plus en plus méchamment. Ce qui s’annonçait comme un gentil concert tzigane se voit emporté dans un violent éclat musical, une chanteuse viendra même arbitrer le tout, dans un capharnaüm sans nom.
Il est temps de partir, direction la Main Stage, qui propose ce soir les Scissor Sisters, autant le dire tout de suite, le groupe ne casse pas des briques, nonobstant un jeu de scène plutôt impressionnant. Dès la première écoute, on décèle une admiration pour Abba et la période disco / pop du début des années 80, une admiration telle qu’on assiste à un véritable plagiat, allant même jusqu’aux costumes vintages. Suivant.
La scène théâtre et danse propose un spectacle du très réputé Ballet de Szeged, fierté nationale. Originalité : les danseurs évoluent sur une scène recouverte de terre. L’histoire, un peu longue, relate la capture de jeunes femmes par des forces occultes. Une jolie chorégraphie qui ne cache pas les longueurs du spectacle, les lumières tamisées n’aident pas le spectateur à rester en éveil. Au final, on reste un peu sur sa faim, le filon, intéressant, aurait mérité un voyage plus approfondi.
Yonderboi est LA star de l’electro hongroise, l’équivalent de Air chez nous. Il se produit sur la Wan2 en compagnie de son groupe, The Kings of Oblivion, en lieu et place de Coldcut. Il ne s’agit pas d’un remplacement, mais d’un décalage d’horaire. Techniquement au point, visuellement intéressant, les sonorités psychés de la bande vous font obligatoirement vibrer. Yonderboi est au clavier, lunettes noires sur le nez, il martyrise son instrument et semble souffrir avec lui, un beau moment de musique électronique.
La journée se terminera par un saut à la Party Arena, s’y produisent Dj Storm et Mc Fats pour un set très dansant. Tout ce que compte l’île de clubbers se donne rendez-vous ici, la tente, pourtant énorme est prise d’assaut. Il faut dire que la qualité est là et bien là. Le son de la djette Storm vaut le détour à lui tout seul.
Demain, le jour tant attendu. Radiohead, Orange Blossom, Fear Factory, Deus, Femi Kuti… Oui, oui, tout ça en une seule journée !