Boulevard de la mort – un film Grind House

C’est à la tombée du jour que Jungle Julia, la DJ la plus sexy d’Austin, peut enfin se détendre avec ses meilleures copines, Shanna et Arlene. Ce TRIO INFERNAL, qui vit la nuit, attire les regards dans tous les bars et dancings du Texas. Mais l’attention dont ces trois jeunes femmes sont l’objet n’est pas forcément innocente. C’est ainsi que Mike, cascadeur au visage balafré et inquiétant, est sur leurs traces, tapi dans sa voiture indestructible. Tandis que Julia et ses copines sirotent leurs bières, Mike fait vrombir le moteur de son bolide menacant…

Tarantino, avec ses recettes pourtant éprouvées – pour ne pas dire répétitives – s’en sort une fois de plus avec brio ! Un film qui ne peut que se prendre un bide : regarder un film de série B, voire Z, aussi bon et jouissif soit-il, n’est pas la bonne étiquette pour attirer les foules, surtout avec un tel OVNI ; et pourtant la première partie (rappelons qu’il s’agit d’un film – malheureusement – coupé en 2 parties (suite à son bide aux Etats Unis), où 2 réalisateurs fêlés – Tarantino et Rodriguez – racontent une histoire selon leurs références et inspirations propres) est d’une extase folle irrésistible !

Kurt Russel revient avec un charisme inégalable, aussi grandiose que dans sa meilleure période Carpenter. Le scénario, plat, vide, et souvent pompeux, est le théâtre d’exercices de style à outrance : les références de Tarantino ne cessent de jongler avec des plans bien trouvés ; la technique est au rendez-vous, et le réalisateur arrive à plonger le spectateur dans une ambiance résolument sixties (images poussiéreuses, son mal réglé, montage volontairement scuplté à la truelle), tout en y incorporant des passages esthétisés très modernes (le split couleur / noir et blanc, l’accident aux différents points de vue rappelant Jackie Brown …). Les dialogues sont souvent exprimés à travers des « Shit », « Motherfucker » et « fuck », qui pourraient concurrencer la suite de House of 1000 corpses de Rob Zombie.

Boulevard de la mort - un film Grind House, de Quentin Tarantino | TFM Distribution

Tarantino’s touch oblige, on retrouve tout ce qui caractérise le réalisateur : une BO merveilleuse, des clins d’oeil plus ou moins subtils (notamment Kill Bill et Reservoir Dogs, mais aussi Psychose d’Hitchock dans son déroulement narratif), et un film vide qui explose gâce à des scènes spectaculaires qui ne peuvent que devenir anthologiques. La course poursuite finale vaut à elle seule la présence dans une salle de cinéma : exit ici les effets spéciaux et les ordinateurs surpuissants qui peuvent mettre au placard les plus brillants cascadeurs, ici tout est en live, comme à l’ancienne, et cela dure … 20 minutes ! Jouissif. Sans oublier le dénouement, où le « girl power » prend ici une dimension extatique à en pleurer de rire tant cette dernière est autant improbable qu’extraordinaire.

Boulevard de la mort - un film Grind House, de Quentin Tarantino | TFM Distribution

Un film qui pourra paraître cependant ennuyeux (Tarantino aime construire à partir d’un scénario inexistant, le résultat s’apparatant parfois à un énorme puzzle pas encore remonté, ainsi que des dialogues inutiles qui donnent une impression de remplissage, même si non dénués d’intérêt quand il le faut), un film qui surprendra par sa narration peu ordinaire. Mais diable, quel spectacle, quelle maîtrise, et quelle sensation d’avoir assisté à quelque chose qu’on ne voit jamais au cinéma : de la série Z assumée mais avec des moyens financiers dignes des blockbusters sans âme : bref, un excellent divertissement, aussi barge et grindhouse fût-il. Vivement le 2e épisode, qui sortira cet été.

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publié par Rod le 20 juin 2007 à 03:28

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