La colline a des yeux 2

Lors d’une mission de routine, une unité de jeunes soldats de la Garde Nationale fait halte dans un avant-poste du Nouveau-Mexique afin de livrer du matériel à des scientifiques. Lorsqu’ils arrivent, le camp est désert. Après avoir repéré un signal de détresse dans la montagne voisine, les soldats partent à la recherche des savants disparus… Ils ignorent que ces collines, autrefois hantées par la terrifiante famille Carter, sont aujourd’hui peuplées par une tribu de mutants cannibales qui attendent leurs proies, pour se nourrir et se reproduire …
Un an quasiment jour pour jour après le remake vraiment stupéfiant d’Alexandre Aja, Hollywood, dans sa quête frénétique d’originalité, a décidé de pondre une suite. Et comme l’on peut s’en douter, le deuxième volet n’arrive pas à la cheville de l’oeuvre du français. Depuis “Haute Tension”, Alexandre Aja a réussi à redonner un souffle incroyable au film d’horreur tendance gore, avec cette particularité singulière dans le montage, les couleurs choisies, très proches des clips. Il a démontré par 2 films que le gore n’était que le théâtre, une façade de la véritable horreur humaine, celle qui s’empare de la folie des hommes. Ainsi que ce soit Cecile de France, ou bien le mari qui voit sa famille se faire éclater par des mutants, le réalisateur filme avec plus de profondeur la folie de l’homme que le résultat visuel qui en découle.

Les Craven père et fils ont écrit le scénario du deuxième volet, et il faudrait peut-être que Wes prenne sa retraite. Ici, la dimension psychologique a complètement été annihilée, au profit de scènes particulièrement trash, mais sans âme. Du coup, ces dernières ne provoquent aucun effet, pas le moindre dégoût, pas le moindre malaise. On assiste à une boucherie pré-programmée de pauvres militaires surentrainés, digne des films de série Z à l’instar de Dog Soldiers. Les mutants sont également moins terrifiants ; Alexandre Aja les avait rendus horribles non pas à cause de leur physique monstrueux, mais possédaient une dimension pathétique : ils étaient le résultat d’expériences, et avaient été laissés pour morts, rendant ces derniers pratiquement légitimes dans leur volonté de survie. Alors que le film de Martin Weisz présente des créatures sans réel passé, créant une distance avec le spectateur : la sauce ne prend pas, on regarde le spectacle dans une indifférence la plus profonde. On est loin des frissons de The Descent.
Si l’on excepte la fin jouissive (mais honteusement repompée sur l’élan survivor attitude du remake), le film s’avère donc être juste un jeu de massacre que l’on retrouve dans tous les films d’horreur traditionnels, sans montage haletant, sans touche graphique particulière, sans bande originale digne de ce nom. A éviter à tout prix, et qu’on se le dise : le vrai maître désormais s’appelle Alexandre Aja.