Pirates des Caraïbes, jusqu’au bout du monde

L’âge d’or de la piraterie touche à sa fin. Même le terrifiant Vaisseau Fantôme et son capitaine maudit Davy Jones servent à présent Lord Cutler Beckett et la Compagnie anglaise des Indes Orientales. L’invincible Hollandais Volant écume désormais les sept mers, massacrant sans pitié pirates de tous bords et sabordant leurs navires. Will Turner, Elizabeth Swann et le capitaine Barbossa n’ont qu’une seule chance de résister à Beckett et à son armada destructrice : ils doivent rassembler les Neuf Seigneurs de la Cour des Frères, mais l’un des membres les plus éminents, le capitaine Jack Sparrow, manque à l’appel. Will, Elizabeth et Barbossa, secondés par Tia Dalma, Pintel et Ragetti, doivent faire voile vers des mers orientales inconnues, pour affronter un pirate chinois, le capitaine Sao Feng, et s’emparer des cartes qui les conduiront au-delà des limites du monde connu, là où Jack est retenu…
Quasiment 3h de feux d’artifices, d’effets spéciaux tout simplement spectaculaires, servis par un montage nerveux, nappés d’une bande originale épique et violonisée sauce Hanz Zimmer. On pourrait croire dès lors que le dernier (?) volet des aventures de Jack Sparrow est de loin le meilleur. Mais …
A vouloir partir dans tous les sens, prendre le temps d’installer les nouveaux élements, pour les bâcler en quelques minutes, le feu d’artifice se transforme en pétard mouillé (cf entre autre l’intérêt de l’histoire de Calypso ? ou le rôle “guest” de Chow Yun-Fat ?). Les protagonistes sont légions, afin d’éviter le trio Bloom (qui quitte son apparence post pubère pour devenir un acteur très attrayant) / Kneightley (qui décidément aime surjouer, juqu’à rendre son rôle ridicule et énervant) / Depp (plus fou et cabotin que jamais), mais à trop en faire, on s’éparpille. Ajoutez à cela de nombreuses scènes absolument inutiles, des dialogues moins travaillés, et un thème Zimmerien qui devient vite lassant … et ce qui aurait pu finir en beauté la trilogie laisse finalement sur sa faim.

Les plus courageux attendront la fin du générique (qui dure pas loin de 10 minutes) pour voir ce qui s’apparente à de nouvelles aventures potentielles, et qui gâche tout l’imaginaire qu’aurait pu engendrer le final. Restent néanmoins quelques scènes anthologiques ; le combat final entre le Hollandais Volant et le Black Pearl, absolument titanesque, la dimension tragique de Davy Jones, ou encore les perles d’humour que l’on doit à la schrizophrénie de Jack Sparrow. Maintenant, ces scènes durent au total 30 minutes, il faut donc s’ingurgiter 2h30 pas franchement décoiffants, mais souvent sublimes sur le plan visuel. Un bon divertissement digne des meilleurs téléfilms d’M6 (notez l’oxymore)