Le 106, acte 1 au Zénith de l’Agglo de Rouen

Bien que le projet ne soit prévu qu’en 2008, la future salle des musiques actuelles, baptisée “[Le 106->http://www.le106.com]“, chapeauté par Jean-Christophe Aplincourt, devrait permettre à la ville de Rouen de rattraper son retard ENORME en matière de diffusion musicale. Si l’on excepte des salles à l’instar de l’Exo7, du Trianon Transatlantique, du Rive Gauche, du Sillon, du Hangar 23 ou encore l’Espace François Mitterrand, il n’existe pas réellement de structure adaptée pour les groupes locaux, tout en pouvant accueillir des programmations pointues, notamment dans le domaine du rock.
Cold War Kids @ Zenith, Rouen | 28.06.2007
Razorlight @ Zenith, Rouen | 28.06.2007
Bloc Party @ Zenith, Rouen | 28.06.2007
Le 28 juin dernier, la future équipe organisait donc un concert plus proche d’ailleurs d’un mini-festival. L’affiche initiale se verra malheureusement amputée de manière relativement sévère (plus d’Anthony and the Johnsons, plus de 2 Many DJs, et plus de Soulwax !), et l’on retiendra surtout deux prestations tout simplement fabuleuses qui n’auraient jamais pu avoir lieu dans cette ville sans ce projet : d’une part le rock mélodique pianisé et hautement lyrique de Cold War Kids, et d’autre part, la magie quasi féérique de CocoRosie, véritable melting pot musical se situant entre Björk, le chant choral, l’electro et la fusion de tous les bruitages possibles et imaginables.
On déplorera en revanche la prestation catastrophique de Razorlight, avec des parties vocales fausses qui rendent à titre de comparaison la voix de Dorothée divine (sans oublier les crissements hystéro pathétiques des Razorlettes), la qualité sonore aléatoire, ainsi que les interminables DJ sets qui permettaient de faire patienter le public entre chaque groupe vedette. Déception également de Block Party, groupe typique ayant crée 1 chanson ultime, et dont le reste du répertoire semble finalement classique. Il est annoncé que 4500 personnes seraient venues. En revanche, ce bal d’ouverture est un espoir sans précédent pour le renouvellement musical d’une ville qui en possède tout le potentiel, qu’il s’agisse des musiciens locaux (Tahiti 80, Mr Lab!, Elektrocution …), ou de l’arrivée de groupes -inter-nationaux qui sont aujourd’hui incapables de montrer Rouen sur une carte.
Jean-Christophe Aplincourt avait réussi avec la ville d’Evreux à réaliser ce miracle ; via l’Abordage, il s’est permis de programmer des formations que l’on voit certes tous les jours à Paris, mais très rarement -voire jamais - en Province. Si Rouen est d’une toute autre configuration et mentalité, le fait que le public ait répondu présent laisse augurer un avenir prometteur. Comme dirait le dicton, “wait and see”. Le fait que Jean-Christophe Aplincourt soit un homme de terrain, qui a grandement participé à l’évolution des musiques actuelles au cours de ces dernières années devrait permettre un mini bouleversement culturel. 65 concerts minimum par an sont ainsi annoncés.
J’ai très largement préféré la prestation de Razorlight, qui aligne tube sur tube, aux miaulements inaudibles de Cocorosie. Ils étaient bien sympas tous ces bobos qui au Zenith disaient “ouais Cocorosie c’est magnifique, Razorlight c’est de la merde” mais bon, faudrait peut-être se monter un peu plus ouvert. Razorlight est peut-être un groupe à minettes, mais ça reste un reste un bon groupe anglais, avec de la fougue, des tubes et un parterre de fans. Par contre, je déplore aussi une qualité sonore pas tip-top et des DJ sets il est vrai assez foireux. Par contre tu n’as pas parlé de DJ Zebra alors que c’était tout simplement ENORME. En fait c’est le seul artiste de la soirée auquel je n’arrive pas à trouver de défauts…
On va dire chacun ses gouts … parce que si tu as trouvé Razorlight génial, je ne peux absolument rien pour toi … tu sais des groupes anglais talentueux, qui depassent le niveau de Johnny et ses copains, y en a un paquet : The Pigeon Detectives, The Immediate, Hey Gravity … et en plus ils chantent bien, ce qui etait loin le cas du copain de Kirsten Dunst. CocoRosie, oui c’est subtil, fin et délicat, mais mal servi au niveau sonore : c’est un peu comme si on jouait Mozart dans un supermarché : ca ne serait pas top pour apprecier la finesse. Enfin, si je n’ai rien dit sur Zebra, c’est parce que j’ai du partir pour … Belfort.