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Ratatouille

Ratatouille, film de Brad Bird | Pixar / Disney

Rémy est un jeune rat qui rêve de devenir un grand chef français. Ni l’opposition de sa famille, ni le fait d’être un rongeur dans une profession qui les déteste ne le démotivent. Rémy est prêt à tout pour vivre sa passion de la cuisine… et le fait d’habiter dans les égouts du restaurant ultra coté de la star des fourneaux, Auguste Gusteau, va lui en donner l’occasion ! Malgré le danger et les pièges, la tentation est grande de s’aventurer dans cet univers interdit. Ecartelé entre son rêve et sa condition, Rémy va découvrir le vrai sens de l’aventure, de l’amitié, de la famille… et comprendre qu’il doit trouver le courage d’être ce qu’il est : un rat qui veut être un grand chef…

S’il est bien un pléonasme persistant lorsque l’on cite les Studios Pixar, il s’agit bien d’associer leur travail avec “magnifique”. Et l’exception n’est pas pour demain, puisque Brad Bird, à qui l’on doit le somptueux Indestructibles, a frappé très très fort.

En effet, outre des graphismes frisant - une fois de plus - la perfection, ce qui surprendra est l’incroyable capacité pour le studio d’anthropomorphiser tout ce qu’il désire. Après un Cars franchement hallucinant, cette fois-ci c’est un petit rat qui est utilisé comme cobaye pour les délires des scénaristes. Le résultat est bluffant : Remy est autant un rongeur qu’un humain. Mais il faut mettre tout de suite de côté l’aspect graphique pour se concentrer sur le point qui élève très haut ce nouveau Pixar : la qualité de mise scène du scénario. Surfant sur les clichés - éprouvés - de Paris, Ratatouille rend hommage à la capitale en la rendant 100 fois plus belle que n’importe quelle carte postale vendue au pied de la Tour Eiffel. Les couleurs automnales, l’édifice scintillant de mille feux, et surtout, cette cuisine, laboratoire culinaire … Véritable ode à la gastronomie française et à ses excentricités, le film, à l’instar d’un Parfum de Süskind, transmet via l’écran l’amour pour les odeurs et les mets raffinés. Néanmoins, le véritable sujet du film est le dépassement de soi : dépassement à accepter sa condition, dépassement face aux préjugés, dépassement face aux choix qui peuvent hurter son entourage … que ce soit Remy ou je jeune Linguini, aux destins finalement similaires, tout le film retranscrit l’ascension de ces 2 protagonistes. Qui se traduira inéluctablement par un happy end.

Ratatouille, film de Brad Bird | Pixar / Disney

Exception dans le joli monde pastellisé de Disney, il n’y pas de véritable méchant ; entre le critique sorti tout droit des Noces Funèbres de Tim Burton, et le petit chef (véritable fusion entre Jaffar d’Aladdin et un restaurateur italien fan de produits surgelés), ces derniers servent davantage de tremplin plutôt que de frein à l’histoire. On notera également un humour très fin, qui échappera sans doute aux enfants, médusés davantage par les facéties du rongeur ; le film est finalement dans une catégorie plus adulte, au même titre qu’Indestructibles.

Le seul regret finalement est que bon nombre de cinémas préfèrent passer 15 minutes de publicité gavante plutôt que l'excellent 'Lifted', court-métrage fantastique qui sert d’hors d’oeuvre à ce délicieux plat qu’est Ratatouille.

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