Le HibOO

Susheela Raman

Susheela Raman - Sziget Festival 2006

C’est juste après leur concert que nous retrouvons Susheela Raman et son guitariste - producteur, Sam Mills, dans la loge qui jouxte la scène World. Le percussionniste, Aref Durvesh est affairé à danser sur Boban Markovic. C’est Sam qui répond à la plupart des questions, Susheela étant souffrante de la voix. Elle vient de tout donner, mais en garde un peu pour Le Hiboo. Rencontre avec une artiste des plus sympathiques.

Dans ce festival vous vous retrouvez devant un public debout alors qu’habituellement vous jouer devant une salle assise. Que préférez-vous ?

Sam Mills : Un public debout ! Nous pouvons sentir toutes les réactions, et ils n’ont pas la même écoute qu’un public assis, qui est en général plus passif. En face de personnes debout, nous devons jouer d’une manière bien plus énergique, ce qui nous permet de mieux ressentir les différents échanges qui se produisent lors d’un concert.

En entendant vos chansons, votre voix et l’acoustique semblent très importantes. L’acoustique n’est elle pas meilleure dans une salle fermée ?

SM : Oui, mais il ne faut pas oublier qu’un festival est toujours un peu bruyant de toute façon ! Nous devons augmenter la puissance du son, et jouer énergiquement ! Ensuite, nous suivons aussi les réactions du public, s’il danse devant la scène, cela nous donne une motivation supplémentaire, nous voulons tout donner !

Sur scène, nous essayons d’être très énergiques, et de ressentir un maximum la musique ; nous jouons tel que nous sommes ! Très libres, et je pense que nous pouvons l’être autant grâce à la grande structure de nos chansons. Nous savons toujours où nous allons.

Dans votre dernier album, vous chantez en français un morceau : « L’âme volatile », est-ce une envie personnelle ou vouliez-vous toucher le public français ?

SM : Nous avons un ami afghan à Paris, qui écrit des poèmes français et qui a écrit le texte de cette chanson. Nous l’avons beaucoup écoutée afin de nous imprégner le plus possible des mots, de leurs sonorités. Puis nous avons composé la musique à partir de notre ressenti sur ces sonorités. Ce qui est intéressant, c’est que notre ami n’est pas français, et il a une manière afghane de trouver la rythmique du texte ; l’afghan et l’indien sont proches, et cela a été relativement simple pour nous de trouver une composition musicale adaptée. Et il est vrai que c’est agréable de faire une chanson en français puisque nous donnons beaucoup de concert dans ce pays.

Vous jouez sur la scène de musique World du plus européen des festivals, et vous êtes une citoyenne du monde, que ressentez-vous ?

SM : Nous sommes très contents, et nous aimons beaucoup les artistes qui la partagent avec nous (ndlr : Danyel Waro, Boban Markovic et Robert Plant). Mais nous ne voulons pas être enfermés dans un style de musique en particulier, si nous avions pu jouer sur la scène rock, nous aurions été ravis (rires) ! Nous jouons de la musique, et n’essayons pas d’être considéré absolument comme un groupe de World.

Vous dîtes ne jamais faire d’improvisation en concert mais à vous écouter, nous avons l’impression qu’il n’y a que ça ! Quel est votre secret ?

SM : Sur scène, nous essayons d’être très énergiques, et de ressentir un maximum la musique ; nous jouons tel que nous sommes ! Très libres, et je pense que nous pouvons l’être autant grâce à la grande structure de nos chansons. Nous savons toujours où nous allons.

Vous avez une voix très particulière, avez-vous appris vos techniques de chants dans de vieux livres indiens ?

Susheela : Je n’ai pas appris qu’une seule technique vocale. Ce qui donne ce résultat est la somme de toutes les différentes techniques que j’ai pu apprendre depuis toute petite, et juste en écoutant d’autres chanteurs. Cependant, j’ai une grande base de technique indienne mais je m’intéresse à beaucoup d’autres. J’écoute, j’expérimente, et je m’approprie finalement certaines manières de faire.

Vous travaillez beaucoup dans les traditions indiennes, mais certaines des techniques ne leur correspondent pas…

S : Il est vrai que chez les chanteuses traditionnelles indiennes, la marque de performance est la capacité d’une voix à monter dans les aigus. Je ne travaille pas particulièrement dans ce sens là. Ma voix peut descendre très bas, ce qui lui donne une toute autre couleur. Je ne suis pas fixée à une tradition, une manière de faire, j’essaie d’en inclure le plus possible, pour en faire ma manière. En fait, je n’essaie pas d’être ou ne pas être traditionnelle, je ressens et j’adapte de façon à me sentir à l’aise dans ce que je fais. Il existe beaucoup de règles, certaines d’entre elles sont essentielles, d’autres pas.

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