Eté 67 - Eté 67

Liège était réputé pour ses gaufres, laissons la place maintenant à Eté 67. Leur album éponyme sorti en avril chez eux, sera dans nos bacs fin août, soyez prêts ! Un premier album tout rock, tout belge (qui se permettrait de la clarinette dans du rock ?). La diversité des quatorze chansons nous fait voyager d’un monde à un autre, tout en restant dans le style du groupe.
En effet nous passons du jazzy dans Eva - fille égocentrique, superficielle, qui malgré tout apporte quelque chose - à du rock entraînant avec des guitares saccadées dans Autodestruction Massive - chanson basée sur la faiblesse et l’abus des Hommes ma façon de vivre c’est mourir à petit feu / mais qu’est c’tu veux ? on fait ce qu’on peut - pour finir avec une balade au sax’: Chinese Restaurant.
La voix singulière, et néanmoins proche de celle de Bertrand Cantat, de Nicolas Michaux nous berce et nous retient; ses paroles quant à elles nous renvoient à une dure réalité il y a toujours de la lumière / pour éclairer la misère / il y a ceux qui meurent et ceux qui se marrent / dans le quartier de la gare; ou bien les gens qui se soignent avec des Pilules une pilule rose pour courir plus vite / une pilule mauve pour ne plus pleurer / une pilule rouge pour mieux dormir …, tels sont les malheurs de notre société. Il y a cependant un peu plus de légèreté dans Je suis un égoïste j’aimerais tant qu’elle me quitte … / puisque je n’ai pas le courage / puisque je suis un lâche rythmé par le riff va-et-vient de la guitare; de liberté avec Le Petit Diable, chanté par Raphaël Breuer (guitare); d’humour sur Tout ce que je veux c’est que tu partes.
Et n’oublions pas l’amour …. avec un homme qui n’a plus confiance en lui dis-moi encore chérie / que je suis beau, je suis fort / car je risquerais de ne plus y croire (Dis-moi encore); un autre qui regrette sa femme non tu n’es pas là ce soir pour m’engueuler / et mon Dieu qu’est-ce que ça me manque (Tu n’es pas là), le tout accompagné d’un air festif avec des choeurs et la mandoline sur la fin. Les six belges ont bel et bien la tête sur les épaules, et regrettent pourtant le temps où ils démarraient seulement: les vacances à la plage / les efforts à la nage / ne sont plus de mon âge; ils ont maintenant une belle route tracée vers le succès qui les attend, même s’ils ont oublié le nom des rues du quartier (Les vacances à la plage, à noter la mélancolie à travers les instruments de Xavier Dellicour).
Et puis le groupe - dont le nom vient de leur courant d’inspiration qui naquît durant l’été 1967 - a repris On nous cache tout, on nous dit rien de Jacques Dutronc, ça swingue rockeusement bien. Ce premier opus est vraiment une pilule couleur arc-en-ciel, à écouter devant un couché de soleil comme sur la jaquette.
Tracklist
- les pilules
- dis- moi encore
- quartier de la gare
- éva
- marcher droit
- tu n’es pas la
- tout ce que je veux
- si vous voulez de moi
- chinese restaurant
- le petit diable
- autodestruction massive
- je suis un égoïste
- on nous cache tout, on nous dit rien
- les vacances à la plage