Suki Brownies - Suki Brownies

Dans un monde noyé de musiciens talentueux subsistent 2 possibilités de se démarquer : révolutionner son époque, ou trouver un nom qui interpelle. On est ici très loin de la révolution, mais force est de constater que Suki Brownies possède un truc incroyable qui se ressent dès la première écoute de leur album éponyme.
L’histoire veut que 2 Lyonnais aient rencontré une jolie femme venue de Londres, répondant au doux patronyme de Suki : le courant passe, et le résultat peut être considéré comme un coup de foudre entre la France et l’Angleterre. Riffs accrocheurs, son tout simplement exquis, voix attirante, le tout rappelle quelque peu, ci et là, Pixies ou encore Velvet Underground. On est cependant loin d’une pure copie sans saveur des légendes outre-atlantique. Suki Brownies, à travers 10 titres à la durée relativement courte, séduit. Vraiment. Bien plus qu’Emmanuelle Seigner, “chanteuse” rock au sein d’Ultra Orange. On trouve dans cet album tout ce qui fait défaut à l’actrice reconvertie : de l’énergie, du peps et surtout des compos qui tiennent la route. Difficile de ne pas être médusé par “Papa” ou encore “Eye”, véritables tubes en puissance. Ou encore cette perle, “Four Walls”, que l’on a tout de suite envie de mettre en boucle.
Toutefois, tout ne se résume pas à un rock saturé enroulé de lignes vocales basiques. Ainsi, Window est certainement la surprise la plus inattendue de cet opus, laissant apparaître clairement la voix délicieuse de Suki, tout en dégustant sans modération les parties de guitare aussi simplistes que génialement trouvées. Le seul regret palpable est la construction relativement basique des chansons, mais vues les influences citées précédemment, cela relèverait presque du pléonasme. Néanmoins, quelques ponts et/ou variations auraient rendu cet opus parfait.
Les groupes rock français sont définitivement débarrassés de cet héritage lourd qui les obligeaient à chanter dans la langue de Molière pour tenter de passer sur les ondes. Aujourd’hui, certainement grâce au web, les pepites francophones n’ont plus aucun complexe. Suki Brownies, tout comme Hey Hey My My, Scalde, AaRON, Cocoon ou The Do - pour ne citer qu’eux - illustrent parfaitement une santé créative à toute épreuve, et l’on se fiche finalement des textes, quand l’émotion est au rendez-vous. Même si dans le cas présent, ceux de Suki sont davantage le résultat d’une songwriter inspirée.
En écoute : Track 04, Window
Tracklist
- A billion
- Papa
- Eye
- Window
- Cregs
- I don’t know
- Brick
- Four Walls
- For me
- Yellow