Mathieu Boogaerts à la Java
Mathieu Boogaerts a le chic pour inventer des formules lives toujours différentes, et qui marchent. Avec le bassiste Zaf Zapha, il a su sortir des sentiers battus des nombreux concert « intimistes » et acoustique qu’il a déjà donné (sentier des halles, lavoir moderne…), et proposer un duo electrique tout à fait original.
- Date : 18.11.2009
- Adresse : 105 rue du Faubourg du Temple 75010 Paris
- Web : http://la-java.fr
La java est une sorte d’ancien dancing d’avant guerre réabilité, (Edith Piaf et Django reinhnardt y ont joué, paraît-il) dont l’ambiance désuète, oscille entre le club de jazz et la boîte de nuit de province. Mais avec un artiste du niveau de Boogaerts sur scène, (et deux micros, deux petits amplis et une sono d’assez bonne qualité), elle devient un lieu carrément agréable pour voir des concerts.
Thierry Stremler
C’est le charme des premières parties, on dévouvre parfois de nouveaux artistes, où l’on tombe de manière impromptue sur des gens dont on est fan, comme Thierry Stremler. Thierry est un vieil ami de Mathieu et c’est en copain qu’il est venu « chauffer la salle », seul à la guitare. Très à l’aise, (un fou rire pendant le premier morceau), Thierry Stremler a alternés des morceaux de son dernier album sorti (« je suis votre homme ») et de nouveaux titres (les excellents »les serveuses » ou « pornostar », et le pertinent « économie », pour lequel Zaf Zapha est venu l’épauler), que j’avais eu la chance d’entendre en primeur au printemps (chronique ici)… Drôle, délicat, émouvant, et un sens de la mélodie pop incroyable (il parvient a faire chanter une salle qui ne le connaissait à priori pas), on attend avec impatience le nouvel album.
Mathieu Boogaerts (www.mathieuboogaerts.com)
L’intérêt de cette série de concerts (donnés presque tout les mercredi, depuis octobre, il n’en reste qu’un) résidait surtout dans la superbe complicité entre Mathieu et son acolyte Zaf, suffisamment rodés pour se donner beaucoup de liberté, se faire des blagues, et faire prendre aux morceaux des directions inconnues (même pour eux). Nous étions une petite centaine (surtout des filles), et Mathieu a commencé par proposer au public de s’assoir sur le parquet, (comme ça se serait plus sympa), nous a parlé de son angoisse perpetuelle avant chaque concert, de son micro de guitare qu’il adore, a donné les résultats du foot… bref, pour la modique somme de 9 euros, on était un peu comme à la maison.
Alternant méthodiquement morceaux du nouvel album (pratiquement tous joués) et vieux titres (l’espace, le ciment, ondulé…) Mathieu nous a livré une sorte de version light des concerts quasiment rock qu’il donne avec son quatuor actuel (voir ici la chronique de l’alhambra). Paradoxalement, c’est lorsqu’il est sans batterie qu’on comprend à quel point la musique de boogaerts (en particulier de dernier album) est basée sur le rythme. Beaucoup de contretemps, d’arrêt et de départ « en l’air », de break improbable… Le silence prend en quelque sorte la place du batteur, et ça marche… Beaucoup d’energie, d’espace dans cette musique donc, et l’occasion d’entendre véritablement les textes, souvent très drôles… Sur sa télécaster noire, Mathieu a rappelé qu’il était un excellent guitariste, (au style absolument inimitable, teinté de funk, de boogie, et de rythmes africains), et avec un bassiste aussi groovy que Zaf, était capable de faire danser la salle avec trois mots et quatre notes, quitte se prendre de manière impromptue pour james brown (un peu de sex machine, « take it to the brigde » -le public »yeaah ! » etc…) ou jesse garron (« c’est lundi »). Matthieu est un vrai cabot, étudiant le moindre de ses mouvements, qui sait utiliser l’incongru, l’impromptu pour en faire des petits moments magique.
Rendez vous le 25 novembre au Bataclan, cette fois avec un batteur et un clavier en plus …


Jipes 22.11.09 | 16:01
Pas de vidéo ? Suis bien déçu nous provinciaux n’avont pas beaucoup de chance :o(