Le HibOO

Adanowsky - Etoile éternelle

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L’évocation d’Adan Jodorowsky ne vous dit peut-être rien, mais vous l’avez sûrement croisé aux côtés d’Adrienne Pauly, à la basse. C’est sous Adanowsky qu’il sort son premier album, intitulé Etoile Eternelle. Un album au ton grinçant où le chanteur remercie Marilyn Manson de l’avoir aidé à se décoincer (adieu la moustache).

Adanowsky est mi-chilien mi français; c’est sans surprise qu’on retrouve quatre titres en espagnol, dont deux ont été co-écrits avec son papa Alejandro Jodorowsky (acteur et réalisateur). Adan s’y pose des questions, fait part de ses doutes: quisiera ser lo que soy (j’aimerais être ce que je suis) lors du crescendo refrain de Yo soy, un titre assez lent. Autre titre-confession Estoy Mal ou cette sensation de mal-être, qui finit par n’être finalement que de la fainéantise: Soy un huevon; l’espièglerie se ressent par le rythme tchak!tchak! du piano, accompagné du trombone. Quant à El muerto vivo, il relate cet état second dans lequel on se trouve après quelques abus. La peur et la légéreté augmentent en même temps que l’orgue et la mandoline se font de plus en plus incontrôlable sur la fin. Adanowsky est unique et exhubérant dans ses arrangements. Qui se permettrait de jouer du ticket de métro ? ou encore émettre un son strident à l’aide de pince et bistouri, pour dresser un acide portrait du monde du 7è art ? (la course des rats).

Adanowsky joue le crooner. Le titre-phare L’idole résume ce fantasme, ses influences (du jazz latino à Elvis, en passant par James Brown), ce désir de plaire aux filles grâce à la danse: Fixez-moi, je vais vous entortiller / avec mes pas de danse ! De plus cette chanson pop est davantage accentuée dans sa version espagnole. A noter aussi, la présence de Christophe en barman - à l’instar de son père qui devait réaliser - dans le vidéo-clip.

Adanowsky est sensible, il le démontre dans Poudre d’ange chanson au rythme blues. De même dans son duo avec Arthur H - Compagnon du Ciel - ou le dialogue entre deux anges devant la mort de l’Humanité, et cette sublime explosion musicale pour clore la chanson. Egalement vis-à-vis de ses amis fumeurs il chante mesquinement Tuez-vous, tuez-vous ! / on ne voit déjà plus vos dents, sur un fond de toux accompagné au vibraphone.

Néanmoins c’est tout d’abord un homme, et il sait parler aux filles j’aimerais entre tes cuisses enfreindre mes limites ou bien souviens toi ma belle de ces intenses battements/de mon coeur contre tes seins te rouant de coups violents dans la jazzy et swingante Etoile Eternelle. Autant qu’à sa mère, pour qui il voue un amour inégalable vous parait-il anormal / d’aimer quelqu’un qui vous aime?, dans Maman t’as pas fini ?; ce désir d’inceste bercé au mélodica.

N’oublions pas qu’Adanowsky est drôle, il n’hésite pas à le prouver dans une caricature personnelle (et universelle) : Chanteur à Bobos ; qui s’apparente néanmoins à une satire de Vincent Delerm fils de [...] tu cites des supermarchés / des villes et des comédiens / mal rasé, mais d’un air sage / sur le reflet du piano. Mais aussi sur scène, lieu où il excèle, en compagnie du déluré et délirant Nicolas Ullman.

Tracklist

  1. l’idole
  2. étoile éternelle
  3. estoy mal
  4. compagnon du ciel (avec Arthur H)
  5. maman t’as pas finit?
  6. la course des rats
  7. no
  8. poudre d’ange
  9. tuez-vous, tuez-vous!
  10. chanteur à bobos
  11. yo soy
  12. el muerto vivo

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