Sziget 2006, Day 2/7 - 10 août

Cette deuxième journée s’annonçait plutôt calme, bien sûr le terme ne sera pas adapté pour des groupes comme Ministry ou Sick of it all, mais dans l’ensemble, c’est la journée où il fallait laisser courir ses yeux et ses oreilles. La palme du concert du jour ira à Goran Bregovic, malgré quelques soucis de son. Retour sur un jour comme les autres sur une île pas comme les autres.
‘It’s a marvellous place, i’d love to come back’, la phrase est du bassiste de Therapy. Il n’est bien sûr pas le seul à avoir ce sentiment, les campeurs festivaliers ont du se réveiller avec cette idée, et aussi avec un gros mal de tête pour certains. Deuxième jour, synonyme de remise des émotions de la veille. On ne reviendra pas sur la prestation de Jovanotti, artiste italien programmé en tête d’affiche sur la Main Stage, de quoi surprendre un festivalier italien lui-même. Placer Jovanotti au même rang que Radiohead, Placebo, Prodigy ou Franz Ferdinand, en voilà une idée !
Reprenons depuis le début et le concert des néerlandais de Green Lizard, venus supléer Ill Nino, défaillant de presque dernière minute. Groupe pop-rock à la musique énergique, visiblement impressionné de se retrouver là, c’est du moins ce que l’on en déduit au vu du jeu de scène quasi inexistant des musiciens bataves. La suite sera bien plus réjouissante puisque Ministry s’avance. Les papys n’ont pas pris une ride, c’est devant une foule considérable qu’ils distillent leurs premiers riffs. Le son de cette scène est toujours remarquable, mais beaucoup trop fort en ce qui concerne les américains. Comme pour Anthrax l’an passé, tout ce que l’île comporte de metalleux se retrouve devant les stars du rock lourd US. L’écran géant montre des images de Georges Bush, on imagine ces gars là pas vraiment copains avec leur président.
Après un détour par la case ‘défilé de mode’, pour un show très second degrés, nous nous retrouvons devant la scène World. Les oreilles, qui prenaient là un peu de repos, sont vite réanimées par de jolies mélodies made in Mexico, celles de Lila Downs. Cette artiste est bien connue pour avoir joué la musique du film Frida. Son dernier album, La Cantina, fait un véritable carton en Hongrie. Mélange de harpe, de guitare, de violons et toutes ces petites sonorités qui rappellent l’Amérique Latine. Lila ne ménage pas sa peine et se donne du début à la fin du set, elle chante et danse dans une tenue colorée, de toute beauté !
Un petit saut sur la Main Stage, juste pour la curiosité, où se produit Kispal ès a Borz, le groupe rock le plus populaire de Hongrie. Une musique très efficace, des tubes en pagaille, ça donne envie de rester mais il serait impensable de manquer la suite. La suite, c’est Goran Bregovic et sa fanfare des mariages et enterrements et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un événement toujours attendu ici. Vous connaissez forcément cette fanfare serbe si vous avez vu au moins un film d’Emir Kusturic. Ce dernier est en effet l’ami de Bregovic et lui offre systématiquement les bandes originales de ses films. Le concert de cuivres sera malheureusement entaché de quelques problèmes de son, pour le reste, on nage en plein bonheur auditif. Au même moment, à 15 minutes de marche très rapide, grosso modo, à l’autre bout de l’île, se jouait le concert de Sick of it all. La scène Hammer affiche complet, c’est-à-dire qu’il ne reste pas dix centimètres carrés sous une tente qui peut accueillir pas loin de 5.000 personnes. La température monte de plusieurs degrés, le show offert par les américains est de toute beauté, une musique pleine de rage, un jeu de scène au poil, s’il ne fallait voir qu’un seul concert métal cette semaine, c’était bien celui là. Le reste de la soirée, c’est ce spectacle complètement hallucinant donné sur la scène théâtre et danse par des japonais restés figés dans les traditions ancestrales. Un spectacle de tambours qui ferait passer Les tambours du Bronx pour des petits joueurs, une merveille visuelle et une justesse de jeu qui font de ce spectacle un inoubliable moment.
Au même moment sur la scène Wan2, se produisait Wir Sind Helden, l’occasion pour nous de prendre nos marque sous la tente qui accueillera Coldcut demain. Si la pop allemande était plutôt alléchante à l’écoute de leur dernier album, la prestation live s’avère pourtant un poil décevante. Le public allemand y trouvera son compte, lui qui s’est déplacé en nombre. Le concert débutera une vingtaine de minutes en retard, une habitude sur cette scène. Les mélodies pop n’empêcheront pas les slams, pour sûr les filles du premier rang en sont pour quelques bleus !
Fin de soirée tranquille avec Le Biskuit, combo jazz hongrois qui fera forte impression, pas par leur charisme, les musiciens dégagent autant de passion qu’une huître du Danube, mais leur musique réveille le nombreux public, qui s’était quelque peu assoupi.
Demain est un autre jour, au programme, Coldcut, Les Boukakes ou encore Scissor Sister.