Le HibOO

Enfermés dehors

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Un SDF trouve un uniforme de flic et le met pour manger dans les cantines de police…

p>Tout le monde se souvient de Bernie, qui avait sans doute suscité le même sentiment que c’est arrivé près de chez vous : fallait-il rire ou être effrayé par la folie déjantée (mais ô combien inventive) d’Albert Dupontel ? Enfermés dehors ressemble à Bernie, mais en mieux : mieux écrit, mieux réalisé, mieux quoi.

On retrouve dans Enfermés dehors quelques ingrédients qui avaient fait de Bernie une oeuvre atypique : clash entre les classes sociales, naissance d’un anti-héros, scènes filmées façon très BD, et scénario déjanté tout en étant subtil. Mais Enfermés dehors est bien plus abouti.

D’une part, la réalisation. Dupontel semble avoir des tonnes d’idées dans la tête et prend un malin plaisir à en mettre plein les yeux : les plans se succèdent à une vitesse folle, les cadrages sont tantôt très larges (notamment dans la zone “high tech” où l’immensité des bâtiments prend le dessus sur l’humain), tantôt très rapprochés (la zone de squat, où la pauvreté humaine est mise en valeur), la musique très Hard Rock donne tout de suite une dimension trash à ce que l’on pourrait considérer comme une fable sociale. On y retrouve d’ailleurs un petit esprit Jeunet, dans le sens où ces 2 réalisateurs ont trouvé leur univers qui leur est propre, et en conservant un casting avec les mêmes têtes entre chaque production. Mention spéciale à Yolande Moreau, qui tire son épingle du jeu.

Le rythme effréné, parfois epileptique, clippesque, fait que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Dupontel est au sommet de sa folie : à la fois scénariste, réalisateur, dialoguiste et acteur principal, son univers est parfaitement contrôlé. Il ira jusqu’à réaliser toutes les cascades lui-même. Et on est loin d’une chute d’escalier (on pense à la scène du bus, anthologique).

Si vous n’avez pas aimé Bernie, évitez ce film. Maintenant si vous êtes et fan, et encore plus de Dupontel, il vous suffit d’y aller les yeux ouverts, et d’admirer comment le cinéma français peut être moins soporiphique que le dernier Chabrol. Moins intellectuel. Mais quand l’intellectuel vous donne envie de dormir dans une salle, il vaut mieux choisir l’univers Dupontelien.

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