les Blaireaux - Parades Prénuptiales

A vrai dire, l’idée d’un nouvel album des Blaireaux ne remplissait pas nécessairement de joie, sur le thème “chanson française rigolote à influences variées…”, thème éculé et donc crainte de perdre du temps à l’écoute de cette nouvelle galette …
Pourtant, il est difficile de nier que ces “Parades prénuptiales” sont une réussite, car la quinzaine de chansons qui les constituent sont plutôt cohérentes, avec des textes où l’humour est largement présent sans (ou très rarement) céder à des facilités, des musiques assez variées et des atmosphères également disparates, qui font osciller les morceaux de la mélancolie à la comédie noire, se rapprochant ainsi des influences auto-proclamées (Fersen, Brel, Brassens, Juliette entre autres…) qui sont parfois étonnantes et pas toutes retrouvées mais dans l’ensemble plutôt de bon goût !
Constitué de multiples saynètes, “Parades prénuptiales” ne comporte finalement que peu de morceaux en rapport direct avec son titre, mais ces titres sont plutôt réussis, qu’il s’agisse de la supplique de deux frères claustrophobes (sur la vie intra-utérine, pour faire rapide) ou de l’hilarant et à mon sens sommet de l’album autour du berceau, où comment (ne pas) gérer l’habituelle difficulté à louer les mérites des nouveaux-nés sans faire de gaffes… On reconnaît évidemment l’énorme influence des Frères Jacques dans un bon nombre de morceaux, autant dans la façon de chanter (choeurs à plusieurs voix) que dans les musiques, mais on peut également évoquer la figure de François Béranger, qui ressort énormément sur l’oeil ou le gardien de musée… On a droit à des textes légèrement engagés, tels balance l’info ! sur le journalisme-voyeurisme-populisme, et un certain nombre de chansons plus calmes, plus poétiques parfois permettent d’insuffler un peu plus de sentiments (dresde, laureline, dans la maison de virginie) et de reposer les oreilles des auditeurs… Pour clôre l’album, trois titres “bonus” permettent aux musiciens et paroliers de se lâcher, avec des jeux de mots “limite” sur la sieste ou un facile mais très drôle la chanson du branleur qu’on n’explicitera pas ! Bref, cet album est une réussite, et pourrait réconcilier les rockers avec la “chanson française”…
Tracklist
- Les aventures du Baron perché
- L’oeil
- Balance l’info !
- Autour du berceau
- Le gardien de musée
- Pourquoi j’ai mangé ma mère
- Une jeune fille qui a faim
- Dresde
- Laureline
- Des moustaches à la Nietzsche
- Supplique de deux frères claustrophobes
- Dans la maison de Virginie
- Bonus : La sieste
- Bonus : La chanson du branleur