Ici et là et au MO’FO ce soir et demain encore
Vendredi 29 janvier. 21h. La Flèche d’Or. La nouvelle, celle qui est plus grande, plus froide, plus pro, plus noire, où l’on ne mange plus, mais où l’on voit encore et encore plus une programmation superbe. Aliosha est au Lumix pour faire quelques clichés. Charlotte qui est là pour mettre en mots l’atmosphère de cette soirée autours de Coco & Curry
.
Début du set de Jupiter. Je reste quelques morceaux, intrigué par le jeune duo lotita + technologies eighties, avec guitare/clavier Korg (qu’on avait réussi à oublier) et son d’époque qui continue de cimenter ce retour forcé et attendu vers les années 80 (en préparant les années 90, que de surprises, c’est trépidant). Eux sont nés après tout ça, il ne savent pas ce qu’ils font… Mais au final c’est plutôt agréable, ça manque d’un peu de jeu live encore (le karaoké, c’est rigolo, mais bon) mais c’est frais, c’est marrant , c’est dansant.
Ooops. 21h35, faut que je file. Je ne verrai pas les suivants, ni Coco & Curry. Ligne 2 > Ligne 4 > Velib’. Direction St-Ouen. Le festival à ne pas rater : le MO’FO.
Hop ! Dans l’ordre : acheter pass 3 jours, mettre bracelet, dévaler les escaliers. Direction tout en bas. Salle MO. Merde : j’arrive pile après le set de Gablé. Ce sera pour une prochaine fois. Direction la scène FO (à côté), où Kramer opère assis dos au public, soutenu par des vidéos lentes, abstraites, brumeuses. On distingue un œil ici, un visage là, qui se dessine au fil des minutes. Avec une guitare et un multi effet, Kramer tisse des nappes de sons tirés, flûtés, clairs, brillants, distordus. Les sons s’enchevêtrent, se superposent, de répondent, s’affrontent. C’est lent, c’est doux, violent par moment. Brouillon dans le son. Mais bouillonnant. On se demande si ces petits bruits qui traînent ici et là dans les HP sont des parasites ou s’ils sont voulus. Mais peu importe : ça chatouille. On voudrait juste que ce charmant public intelligent et lucide, curieux et généreux ait la politesse de fermer sa gueule plutôt que d’hurler continuellement. Personne ne les oblige à venir. Quel intérêt d’emmerder ceux qui veulent profiter de la finesse des choses ?
Tiens ToMa, salut Monsieur Les Boutiques Sonores. On remonte ? Tout se passe bien ? Hé oui, les indispensables Boutiques Sonores – un être hybride entre disquaire sélectif et nomade, réseau de bornes interactives, organisateur de soirée, booker, label, éditeur de catalogue… et bientôt encore beaucoup plus – sont présentes sur le MO’FO. Gage réciproque de qualité. Ils organisent aussi une partie des showcases de la journée (accessible gratuitement à tous, au premier étage, à l’endroit où vous trouverez les exposants – disquaires, fanzines… – et où se font les rencontres en journée) : Fairguson, This Is The Hello Monster !, Suzanne The Man, The Konki Duet…
En haut, un showcase est en cour, ITHAK, foutraque et fou. Puissant et drôle. Lunettes à led rouges, pantalons fluos… C’est la cour des miracles psyché. Et ça sonne. Très fort. Intéressant. On resterait bien un peu plus, mais les écrans, qui retransmettent en haut les images de ce qu’il se passe en bas nous signalent qu’Aidan Moffat + The Best-Ofs ont commencer à œuvrer en salle MO.
Aidan Moffat + The Best-Ofs c’est beau, c’est très beau. Une Les Paul, une Precision. De temps à autre une boîte à rythme pour souligner une le superbe. Le barbu légèrement bedonnant donne d’une voix douce, retenue, caressante, des mélodies nonchalantes, voyageuses (mais un voyage en grosse Ford à travers le Texas ou l’Arizona). On voudrait tout à coup que tous les pères du monde chantent comme ça. Parce que c’est reposant, parce que ça met en confiance. Le monsieur s’excuse de ne pas être dans la meilleure forme… C’est pourtant superbe. On a l’impression de rentrer chez soi et d’avoir une conversation posée avec une certaine forme de lucidité. Mais une lucidité qui saurait voir le quotidien avec poésie, avec magie, douceur et simplicité. Il y a quelque chose de la voix de Berman chez lui, en plus juste, en plus maîtrisé. L’atmosphère n’est pas lointaine de celle de feu les Silver Jews… Fin du concert en a capella, comme une dernière berceuse.
Encore une fois, on maudit, on conchie, on en serait presque à insulter (voire à savater) la bande de connards décérébrés qui n’a rien d’autre à foutre que de beugler pendant des concerts qui se font tout en douceurs. Une poignée de sous-exsitants qui se croient seuls au monde et autorisés à tout à la fois insulter les mecs sur scènes et le reste du public. Le reste du public qui lui voudrait pouvoir entendre ce qu’il se passe sur scène. Le reste du public, qui lui est là pour écouter, pour se laisser toucher, le reste du public qui est la pour la musique et qui se dit que le mec sur scène doit être juste en train de se dire « quel bande de connards », tout en faisant le maximum pour ne pas se laisser décourager…
Petite bière et passage éclair chez les Sole & The Skyrider Band : gros son, flot rap. Ca tranche avec Aidan Moffat. Mais il est l’heure de partir (direction le bal Yeah Yeah de La Machine du Moulin Rouge, où nous attendent Les Terribles et le gang de Topper Harley pour du mix sixties), avec en tête cette conclusion : vivement demain au MO’FO !!
Ce samedi 30 janvier, on y retrouvera toute le journée les rencontres et les showcases dans le forum et le soir Coming Soon, Phoebe Killdeer & The Short Straws, Le Prince Miiaou, H-Burns, Original Folks, The Sugarplum Fairy Pr.
Ce dimanche 31 janvier : Television Personalities, French Cowboy, Liz Green, The Patriotic Sunday, Biggles Flys Again, Shugo Tokumaro, Take It Easy Hospital.
MO’FO’10 @Mains D’oeuvres // LES 29, 30 & 31 JANVIER 2010
1, rue Charles Garnier 93400 Saint-Ouen – www.mainsdoeuvres.org


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