Le HibOO

Antipod

Antipod, jeune formation rouennaise, nous donne rendez-vous pour une série de concerts dans la région, en attendant de s’exporter. Un son pop rock soigné, un chant qui sort du ventre et vous touche à la tête. Un mélange d’influences qui ne laisse pas indifférent, le mieux est encore d’aller les découvrir, sur scène, c’est là que l’émotion passe. Rencontre avec ces quatre garçons à la langue bien pendue.

Antipod est un jeune groupe, pouvez-vous nous faire une brève présentation ?

Antipod s’est crée à l’été 2004. Il y avait eu un premier départ avec deux autres musiciens, puis nous avons rencontré Sylvain pour le véritable départ du groupe. Il y avait quelques compositions déjà là, on a dû retravailler les arrangements et puis nous nous sommes lancés pour quelques concerts au Bateau Ivre, au Brooklyn,… Depuis quelques mois, nous proposons une première maquette et un site Internet qui fonctionne bien puisque nous en sommes à 300 visites par semaine. Les gens peuvent d’ailleurs y écouter notre démo.

Antipod ressemble à un gros mélange de rock et de chanson à textes françaises, cela vient-il des influences de chacun ?

Déjà, le nom “Antipod” est tiré d’une chanson de Maxime Leforestier, j’ai trouvé ça pas mal et ça donnait aussi une certaine ouverture au niveau musical puisque nous n’avions pas vraiment fixé de style au départ hormis le rock français. Ensuite, nous avons tous des horizons musicaux assez différents, on essaye de marier tout ça. Certains écoutent de la chanson à texte du style Léo Ferret, Le Forestier, etc. D’autres sont plus pop-rock anglais, Supergrass, U2, un autre encore sera plus influencé par du rock progressif du style Dream Theater. Antipod, c’est le mélange de toutes ces influences. C’est parfois un peu conflictuel, l’idée c’est de laisser libre cours aux idées de chacun. Il y a souvent une idée génératrice de départ, il faut ensuite que les autres s’adaptent à l’idée de l’un d’entre nous. Ca a l’air de fonctionner, on arrive quand même à imbriquer plusieurs idées et ça tient la route. En ce moment on fait un gros travail de recadrage d’anciennes chansons. Sylvain est le vrai mélodique du groupe, on le laisse faire.

Peut-on parler d’un groupe régional, voire rouennais ?

Oui, nous sommes tous les quatre originaires de Rouen.

Je crois qu’on se démarque avant tout par des textes très travaillés. On insiste vraiment sur le sens, l’émotion. Ce côté-là est un peu oublié par beaucoup de groupes d’aujourd’hui

Quels sont vos projets, avez-vous une idée de carrière ?

Le but, c’est de faire un album, peut être dès cette année. C’est l’objectif premier. Après, c’est vrai qu’on est ouvert à toutes propositions. Dans ce sens, le site Internet nous ouvre pas mal d’opportunités. On ne se fixe pas de limites mais on ne tire pas non plus de plans sur la comète.

Comment appréhendez-vous la préparation d’un album ?

Ca se prépare, et pour ça, il faut déjà avoir du temps. Chacun travail de son côté, ça veut dire qu’il faudra voir ça le week end, pendant les vacances. Il y a aussi un financement à trouver. Tout un tas de choses à penser comme la pochette, les affiches et vraiment se prendre la tête sur les arrangements, pour que tout soit nickel de A à Z.

Musicalement, qu’est ce qui démarque Antipod d’un autre groupe de rock ?

Je crois qu’on se démarque avant tout par des textes très travaillés. On insiste vraiment sur le sens, l’émotion. Ce côté-là est un peu oublié par beaucoup de groupes d’aujourd’hui. Il y aussi une grande attente pour retrouver la magie de Brassens ou autre. Même si Julien ou Sylvain essayent d’amener une certaine technique, on reste dans cette idée de textes chiadés et lourds de sens. Le rock français, de manière générale, aborde tout ça de façon légère où il n’y a ni réflexion ni critique. De notre côté on essaie d’y mettre une vraie profondeur. Au niveau musical, nous n’avons pas l’impression qu’il y ait un autre groupe rouennais dans le même créneau que le nôtre. On essaie aussi de créer une ambiance lors de nos concerts, quelque chose qui ne laisse pas indifférent. On aime bien, lors d’un concert, voir les gens quelque peu perplexes et plongés dans notre monde. Ce qui nous intéresse maintenant, c’est de faire des festivals, de fréquenter plus de monde et entrer en contact avec les professionnels. Lorsqu’on se donne en concert, ça reste encore intimiste puisque nous jouons encore dans les cafés, les pubs. Heureusement qu’ils sont là, sinon nous ne pourrions pas jouer à Rouen !

Quelle est votre actualité immédiate ?

Pas mal de dates prévues sur Rouen notamment, avec le P’tit Bar le 24 Mars, le 7 Avril au Bateau Ivre, le 15 Avril à l’O’Kallaghan’s, le 5 Mai au Brooklyn Café. Nous participerons également au feu de la Saint Jean de Mont Saint Aignan, où une grosse scène est installée chaque année, c’était d’ailleurs les Zikatatane qui se produisaient là bas en 2005. On espère aussi participer aux Terrasses du jeudi, on a effectué les démarches en ce sens, ne serait-ce que pour toucher un public qui ne vient pas forcément dans les bars pour écouter de la musique. On a réussi à occuper nos quatre ou cinq prochains mois, après, ce qui serait intéressant, c’est de jouer ailleurs. On vient de faire l’Abordage Club, c’était assez sympa, nous avons eu un très bon accueil du public ébroïcien, on a vraiment passé une bonne soirée, avec les Fragments entre autre. Nous avons quelques contacts sur Le Havre, mais pour aller sur Paris, ce n’est pas évident. Heureusement, nous avons l’outil Internet maintenant, c’est une aide très précieuse. On se pose aussi des questions, peut être aurait-il fallu faire deux maquettes, une un peu plus abordable, peut être que notre musique fait un peu peur au premier abord. Nous avons fait un tremplin dernièrement, on a pris le risque de faire quelque chose d’assez couillu, alors que tous les autres faisaient quelque chose d’assez léger.

Peut-on parler d’univers intimiste ?

Oui, on essaie. Nous n’avons pas choisi la facilité à travers ça puisque lors des concerts, il faut quand même amener les gens dans un certain univers et ce n’est pas toujours simple. Aujourd’hui, les gens ont plutôt envie de légèreté, on sait que l’on ne s’est pas facilité la tâche. Même au niveau musical, ça demande pas mal de boulot. Le public est face à un gros mélange de chansons à texte, de technique, de rock, de pop… C’est assez déstabilisant. Nous préférons vivre notre truc plutôt que jouer des chansons niaises. Nous avons encore du travail pour que l’ensemble soit très carré. Sylvain est notre quatrième guitariste, il s’est très bien intégré. On ne voulait pas passer un an sur les morceaux pour que chacun les connaisse. Nous l’avons rencontré en allant voir jouer Platinium un soir, on est allé le voir à la pause en lui demandant s’il voulait essayer quelque chose avec nous et c’était parti. Même s’il est le dernier arrivé, il a pris une grosse place puisqu’il s’est occupé des pochettes, de l’affiche,…

Pour conclure ?

Venez nous voir jouer, vous pourrez également trouver notre démo, nous la vendons 5 euros. Ce n’est pas grand-chose, mais pour nous c’est important, ça financera une partie de l’album. On cherche encore une première partie pour la date du Bateau, si un groupe est intéressé…

www.antipod.org

Laisser un commentaire

Pour afficher un avatar / votre photo avec votre commentaire, inscrivez-vous sur www.gravatar.com

* = champ obligatoire