Le HibOO

Sziget 2006, Day 1/7 - 9 Août

Sziget Festival 2006

Sziget, cru 2006, c’est parti ! C’est sous un soleil radieux qu’ont débutées les hostilités. Cette édition s’annonce comme la plus riche de l’histoire du festival, en terme de noms (Radiohead, Prodigy, Robert Plant, Franz Ferdinand, Placebo, Ministry, Fear Factory, Debout sur le Zinc…) mais aussi en terme d’affluence. Toujours plus de festivaliers français aussi, ils devraient être pas moins de 10.000 cette année. Le plus grand bazar musical de l’année débute par du lourd, retour sur une journée riche en émotions, en découvertes et en confirmations.

Un petit état des lieux s’impose avant de démarrer le festival marathon d’une semaine. Rien ne change vraiment, quelques nouveautés cependant : Le Silent Disco, déjà vu aux Solidays, espace dansant où tout le monde se bouge sur de la musique qui provient d’un casque. Le camping est maintenant plus ou moins délimité, cela n’enlève rien au charme du grand n’importe quoi qui règne ici. Pour le reste, quelques déménagements d’animations et de scène, on adressera d’ailleurs un carton jaune à l’organisation pour avoir ouverte la scène Blues aux quatre vents musicaux du festival.

Rencontre avec ‘Les doigts de l’homme’, trio français fort sympathique, ô combien talentueux, qui se produira le soir même sur une scène Tzigane en feu (voir interview). Tout est prêt, le feu d’artifice peut commencer, c’est Glen Matlock and the Philistines qui allume le premier pétard. Les américains, auteur d’une prestation anecdotique, ne marqueront pas l’histoire du Sziget, tant leur rock manque d’originalité et de punch. Le grand spectacle se déroule ce soir sur la scène World, cet endroit offre un festival à lui tout seul en quelques heures, jugez plutôt : Danyel Waro, Susheela Raman, Boban Markovic Orkestra et Robert Plant s’y produisent ! Le gentil réunionnais ouvre la danse avec sa musique métissée, panachée et joyeuse. L’accent africain des morceaux oblige le public à danser, Danyel Waro, c’est un metteur d’ambiance, un installateur de fête, qu’on écoute les jours où ça ne va pas fort. Un crochet par la Main Stage s’imposait avant de revenir ici, en effet, les revenants Therapy ? se produisaient là à la surprise générale. Alors qu’ils n’avaient plus donné signe de vie depuis une dizaine d’années, Therapy ? revient sur scène et non seulement le groupe n’a rien perdu de son énergie, mais il s’est bonifié avec les années. Belle émotion lorsque les irlandais reprenaient les tubes sortis des cartons comme ‘Diane’ ou le très entraînant ‘Going Nowhere’ chanson phare de l’album ‘Troublegum’. La scène World ne s’offre pas de répit, c’est Susheela Raman qui se pointe, en configuration simple, guitare et percussions. Un joli set, tout en douceur, Susheela, visiblement ravie d’être ici chante principalement les morceaux de son dernier disque ‘Music for Crocodiles’. Belle séquence émotion, la jolie Susheela a le don pour vous prendre les tripes, sa voix est conductrice d’énergies positives. On passe décidément une après midi des plus réjouissante puisque c’est le Boban Markovic Orkestra qui succède à Susheela Raman. La fanfare des Balkans par excellence, considéré comme un roi en son pays, la Serbie, Boban Markovic conduit sa troupe de cuivres de manière spectaculaire. Invité récurant du festival, on ne se lasse jamais de cette musique énergique, intemporelle, qu’on croirait tout droit sortie d’un film de Kusturica. Une musique qui donne le sourire si l’on en croit les mines hilares des musiciens. Arrive enfin Robert Plant, star attendue ici, les t-shirts Led Zep fleurissent ça et là. L’artiste, accompagné de ses ‘Strange sensations’ fait fureur. Des morceaux très rock, il aurait eu sa place sur la Main Stage, le devant de la World étant devenu soudain minuscule. Impressionnant donc, mais que dire du public massé devant Franz Ferdinand… Une marée humaine là aussi ! Les écossais livrent leur produit habituel, à savoir un concert carré, très pop rock, c’est beau, sobre et efficace. Franz Ferdinand ayant fait le tour de la planète quatre cent fois depuis deux ans, on en profite pour filer sur les scènes dites ‘curieuses’, comme la Tente Roma, rendez vous incontournable des musiques tziganes. S’y produit en tête d’affiche les français ‘Les doigts de l’homme’. La encore il y a du monde, malgré la concurrence des grandes scènes. Les premiers accords d’Olivier mettent le feu, ses compères le suivent, tout sourire, que ce soit à la guitare rythmique ou à la contrebasse. Olivier essayera de remercier le public dans un anglais approximatif, il aura en guise de réponse : « Parle en Français, on comprend tous ! » ou encore « Vive l’Ardèche ! ». Vous l’aurez compris, quelques membres de la très grande colonie française sont venus en connaisseurs. Musicalement, c’est un délice, les doigts d’Olivier martyrisent sa guitare sèche comme jamais, pour l’ennui, on repassera un autre jour, c’est là que ça passe ce soir !

Le concert est passionnant, mais comme souvent, on se doit d’aller voir un autre spectacle, tout aussi merveilleux, si l’on veut profiter du plus de choses possibles. Notre préférence va à la scène Danse et Théâtre où se produit la troupe du Ballet National de Marseille. Un mélange de danse contemporaine, de musique violente et une large part au visuel, voilà la recette du spectacle, donné devant un public éparse mais connaisseur. Cette scène présente la particularité de se tenir devant une butte naturelle, le public prend donc place à flanc de colline, pas de siège, on s’assoit par terre et c’est très bien comme ça. Une telle démonstration ne laisse pas indifférent, espérons que la compagnie présente son spectacle un peu partout en France.

L’étape suivante nous emmène du côté de la scène Jazz, où se produisent les français de ‘La compagnie des musiques à ouïr’. On ne peut que conseiller ce groupe à tous ceux qui auraient des idées reçues sur le jazz. Un public surchauffé, des musiciens en transe et une musique qui libère quelque chose de magique. Impossible de décrocher, tant le spectacle proposé est captivant, sans aucun doute, ne manquez pas ce groupe lorsqu’il sera de passage dans votre région. L’intensité déployée durant ce set rappel celle des grands concerts de rock, et même punk !

La soirée se terminera sur une déception, la prestation de Roger Sanchez, pas vraiment à la hauteur de sa réputation, proposant un mix des plus classiques, certes entraînant, mais pas transcendant. Le public venu en nombre s’en amusera cependant. C’est ainsi que se conclut la journée, riche en images, en émotions et en bonheur auditif. Demain est un autre jour, et si l’affiche ne propose pas de noms ronflants, on aura tout de même plaisir à voir quelques groupes bien bruyants, tels Ministry ou Sick of it all. La semaine débute bien, si en plus le temps se maintient, c’est la promesse d’un festival d’anthologie !

» Site du Sziget www.szigetfestival.com

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