Le HibOO

Les Terrasses du Jeudi 2006, 4/4 - 27 juillet

Clap final pour cette nouvelle édition incroyablement riche, dénuée de pluie (une première, vivent les canicules !). Entre Elektrocution, les stars de ce dernier rendez-vous, Dominique A et son charisme hallucinant, ou encore B.L.A.S.T. et son electro jazz intellectuallo-contemplatif, la diversité commence à s’installer : ne manque plus que de l’electro.

On aurait pu croire durant les balances de Dominique A, aux alentours de 14h30 que la pluie aurait achevé cette édition 2006. Miracle divin ou chance, aucune goutte d’eau n’a frappé le sol rouennais en ce 27 juillet. Le programme est le plus eclectique du festival : jazz, rock punk, chanson à texte, musique tzigano-festive, hip-hop. Il y en a pour tous les (dé)goûts.

Tout commence au Café Poule. L’heure idéale pour l’apéro, juste avant de commencer à déguster de bonnes salades. B.L.A.S.T. est une formation mélangeant habilement jazz, electro, groove. Ca sonne bien, même très bien. 100% instrumental, pas de soli pédants à répétition propre au style, B.L.A.S.T. s’écoutent paisiblement avec un verre et des amis. Cible touchée.

Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006

Direction L’Espace du Palais, où toutes les Terrasses sont envahies. Les frères Nardan distillent une musique très technique, mais ô combien mélodique et communicative. Même si leurs accords tziganes semblent parfois répétitifs, le public est séduit, surtout lors du 2e set. Car tout le “problème” des Terrasses réside à voir les groupes 2 fois : une fois pour s’impregner de la musique dans une ambiance timide et distance, et une fois pour sentir le public réagir en communion, le restaurant et quelques verres ayant au préalable délié les langues, les mains, et l’envie de faire la fête.

Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006

Jon Pitt au Kallaghan’s était un pari risqué. D’une part, on apprécie l’effort des programmateurs d’avoir ENFIN coloré le festival avec du hip-hop. Bien sûr ce n’est pas du goût de tous, et bien sûr le hip-hop dégage une image relativement péjorative : mais si le hip-hop était plus représenté au cours de l’année dans les programmations des scènes rouennaises, l’évolution du public serait inévitable. Quoiqu’il en soit, Jon Pitt ça accroche les oreilles, ça donne envie de bouger, mais ce n’était pas aussi blindé et festif que Tibetan Holy Cowz la semaine précédente.

Elektrocution peut être considéré comme le vainqueur des premières parties. Il s’agit tout simplement du SEUL groupe à avoir fait carton plein sur les 2 sets. Une ambiance survoltée (pogo, slams, groupies …), des musiciens au top de leur forme, la beauté effrayante du guitariste David et de ses mouvements serpentesques, les vannes du chanteur Max’ vis à vis de son public “jeune” … on est en plein rock n’ roll attitude. Ces mecs vivent leur musique à fond, et même si l’on n’aime pas, même si la musique est perfectible et parfois répétitive, l’énergie dégagée scotche le public venu en masse place de la Pucelle. Les groupes estampillés “coups de coeur du Kalif” auront fait forte impression pour cette cuvée 2006.

Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006

On finit en beauté avec Dominique A. Si l’on aime bien sûr les chansons mélancoliques et les textes forts. Le personnage est charismatique, immense, mais ô combien séduisant et fragile. A peine arrivé sur scène, ce dernier sort, sourire malicieux “on voit que c’est gratuit”. Forcément, ça en jette, puisque la Place St Marc est bien remplie. Son répertoire est conséquent, et les musiciens qui l’entourent sont d’un niveau exceptionnel. Sans doute que beaucoup de gens ne se rendent pas compte, mais assister à un concert gratuit de Dominique A. ce n’est quand même pas rien. Beaucoup de titres bien sûr de son dernier album l’Horizon, et les anciennes qui ont permis à ce chanteur d’être (re)connu.

Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006
Terrasses du Jeudi 2006

Que retenir de ces Terrasses du Jeudi 2006 ? La programmation est devenue d’un excellent niveau, et hormis l’Attirail, les têtes d’affiche ont vraiment été bluffantes. Il est inéluctable que ce festival est devenu un rendez-vous immanquable, et l’on peut même commencer à prendre des risques (cf. Besh O Drom, complètement inconnu, et qui a connu un succès colossal). Parmi les reproches potentiels, une meilleure lecture des programmes ne serait pas un luxe, une meilleure organisation des styles (Dominique A en première semaine et Besh O Drom en dernière semaine aurait été plus cohérent au niveau “festif”), ou encore l’arrivée de tendances musicales encore mises à l’écart (hip hop plus présent, ou apparition de l’electro : pourquoi pas un Rubin Steiner, Wax Tailor ou un Vitalic ?) pourraient permettre aux Terrasses du Jeudi de devenir un festival gratuit, riche sur le plan musical. Trouver également une solution pour déplacer les gens Rive Gauche (les Têtes d’Affiche Place St Sever ?). Gare toutefois à cet effet “fête de la musique” où de plus en plus de pochtrons commencent à miner l’ambiance, notamment sur les têtes d’affiche.

www.terrassesdujeudi.fr Site Web des Terrasses du Jeudi

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