
La légende de Zebda continue ! (© Sébastien Duteil). Faisant parti de ces groupes ayant émergé dans les années 90 (et transformant systématiquement les formations de l’époque, tous styles confondus, en légendes et/ou valeurs sûres), le collectif toulousain s’était dispersé en 2003, chaque protagoniste vacant à ses projets parallèles (le plus connu restant Mouss et Hakim). Puis, il y a 3 ans, le groupe se reforme naturellement, et revient 3 ans plus tard avec un nouvel album.
Soyons hônnete : dans les années 90, on n’écoutait pas la musique comme en 2012. On appartenait à des castes : les métalleux ne se mélangeaient pas avec les rappeurs, le grunge était surtout écouté par les terminales C … oui oui, avant, on n’écoutait pas forcément TOUTES les musiques en même temps. Parce que la musique était aussi associée à des us et coutumes, des looks … et à l’époque, j’écoutais surtout du Obituary, Angra, The Gathering … autant le dire, à 1000 lieux de Zebda ! Et le seul souvenir que j’en avais était le fameux “tomber la chemise” qui, pour moi, sonnait comme une Zoubida et autres trucs qui pullulaient dans le fameux Top 50.
Alors forcément, quand Barclay m’a proposé de faire un HibOO d’Live avec Zebda, j’ai eu le même réflexe que beaucoup “Ils ont encore vivants ?” … et ce HibOO d’Live remet les pendules à l’heure : quand des gosses écoutent une musique qui leur est inconnue, qu’ils dansent et qu’ils tapent dans les mains, on se dit que finalement l’on tient là le meilleur public. Celui qui ne juge pas un groupe sur son nom ou sur son passé, ou encore sur son style. Un gamin, il danse et tape dans les mains si la musique lui plait. Et quand tu filmes ça, tu te dis que toute la branlette que tu te fais à te construire une culture musicale en croyant que ce que tu écoutes est “mieux” est encore plus ridicule.
C’était un 23 novembre. Au pied de Sacré Coeur. Il faisait beau, et froid. En tout cas, froid pour un sang toulousain. A peine les micros installés, que les gardiens, amis pour la vie des sites à sessions, nous tombaient dessus en demandant explicitement de partir. Autour de nous, des ventes illégales de faux sacs de marque, de grigris et autres Tour Eiffel en plastique dans la plus grande illégalité. Mais Paris, c’est comme ça : la musique dans un parc est un délit. Alors on est allé là où les gardiens zélés nous ont convié à aller … pis bah tu verras la vidéo, ils sont revenus, parce que des gens qui dansent et qui tapent dans les mains, c’est mal. Zebda ne s’est pas laissé démonter. Les gamins non plus.
Au final, Zebda ce n’est toujours pas ma tasse de thé. Mais c’était vraiment super de filmer un groupe aussi enthousiaste, capable de transmettre à un public complètement étranger à leur carrière de la bonne humeur.
zebda.artiste.universalmusic.fr
Edit : Le dimanche autour de l’Eglise, vu par Off TV
