Le HibOO

Kad et Olivier

C’est dans un joyeux bazar que débute la conférence de presse. Kad et Olivier mettent l’ambiance et nous parlent du plaisir qu’ils ont eu à écrire, puis jouer « Un ticket pour l’espace », leur film qui sera sur les écrans le 18 Janvier.

Le retour sur terre a-t-il été difficile ?

Kad : Ah oui, très dur. C’est un peu comme quand vous êtes sur un bateau et que vous rentrez, vous avez l’impression que la terre continue de bouger et bien là, on a l’impression que la terre continue de tourner.

L’espace vous fascinait au point d’en faire un film ?

Olivier : Je suis fan d’aéronautique.

Kad : Moi, je suis fan d’aérobic.

Olivier : J’adore l’aviation. J’ai un peu attiré Julien Rappeneau (co-scénariste, NDLR) et Kad dans ma bulle. L’idée est venue en lisant un article sur le tourisme spatial. Je me suis dit qu’il y avait matière à faire rire. Nous avons donc écrit, pendant un an, l’histoire de ces deux civils qui partent dans l’espace. C’est surtout l’article de Richard Branson qui nous a mis la puce à l’oreille. Je pense qu’on a aussi fait un film d’anticipation, nous ne sommes pas dans le débile, dans le faux ou l’irréel.

Beaucoup de personnes ont été impressionnées par votre passage dans une émission de télévision où vous étiez dans la peau d’un spationaute, avez-vous tourné cette émission avant le tournage ?

Kad : Après, on prépare toujours nos rôles après. Oui, on fait ça à la française. Les américains préparent leur rôle bien avant. En ce qui nous concerne, nous nous sommes dit : « Tranquille, on fait le film et on se prépare après ». Et bien, ça a marché ! On peut dire que le film a préparé l’émission. Vous savez, c’est de la pure promo pour le film.

Kad : André Dussolier a une fantaisie sous exploitée, c’est un de nos plus grands acteurs français

On a l’impression que vous avez plus mis l’accent sur l’histoire et moins sur les gags, si l’on compare ce film à « Mais qui a tué Pamela Rose ? »

Olivier : Nous avons voulu faire quelque chose d’un peu différent.

Kad : Oui, et puis Julien nous apporte beaucoup de choses, de la structure, de la rigueur. Des choses que nous n’avions pas forcément au départ. C’est vrai que l’on a plus voulu raconter une histoire avec des moments drôles que des moments drôles sans histoire. Pamela Rose était une enquête policière, c’était plus compliqué à raconter encore.

Olivier : C’est peut être un défaut de notre premier film, dans le sens où ça ressemble à une succession de sketches. Nous n’avons pas voulu retomber dans le même piège sur le deuxième film.

Aviez-vous votre mot à dire sur la technique ou bien une fois le tournage commencé, c’est Eric Lartigau qui avait les pleins pouvoirs ?

Olivier : C’est une écriture à quatre. L’écriture cinématographique revient à notre réalisateur, Eric Lartigau. Il nous posait des questions de temps en temps, mais à aucun moment nous sommes intervenus en disant : « Non, là, nous ne sommes pas d’accord ». On a finalement découvert le film.

Kad : Au premier jour de tournage, on se laisse guider. Nous étions des créateurs, nous sommes devenus des créatures.

Comment avez-vous réussi cet amalgame entre comédiens dits « classiques » et comédiens venus du monde de la télévision ?

Kad : Pour Guillaume Canet et André Dussolier, nous avons fait la chose la plus simple du monde, on a été les voir. Ils nous connaissaient, aimaient bien notre boulot. Ils ont revu « Pamela Rose » pour s’imprégner de la manière dont filmait Eric Lartigau. Pour nous, ça s’est passé naturellement, il n’y avait rien d’exceptionnel.

Olivier : Les gens sont surpris de les voir dans ce genre de film, mais eux font simplement leur boulot de comédien.

Kad : André Dussolier a une fantaisie sous exploitée, c’est un de nos plus grands acteurs français. Olivier le comparait à Leslie Nielsen, l’acteur qui a fait les « Y a-t-il un flic… ». L’amalgame s’est fait naturellement, nous n’avions aucun moyen de contrôler ça. Il n’y a pas eu de décalages pendant le tournage, nous étions vraiment tous dans le même film. Pour être franc, Guillaume était dans une liste. Nous voulions un méchant charismatique, séduisant. Nous avions aussi pensé à des gens comme Benoît Magimel ou Pascal Elbé, des gens qui ne sont pas spécialement drôles au départ. Nous avons croisé Guillaume Canet à Bordeaux, dans un bar, en déconnant, on lui propose le rôle. Nous avons tous fini la soirée en pensant que cette conversation n’avait jamais eu lieue. Pourtant, le lendemain, Guillaume Canet nous appelait, il nous a dit qu’il avait aimé la sincérité de « Pamela Rose ». André nous aimait bien aussi. On partage le goût de l’absurde avec lui.

Olivier : Dussolier joue en ce moment même une pièce de théâtre à Paris qui s’appelle « La chèvre », il joue le rôle d’un homme qui tombe amoureux d’une chèvre.

Olivier : La scène la plus drôle du film, à mon avis, est celle du sampler avec Dussolier et Peff. On est très heureux que ce soit eux qui jouent cette scène

Est-ce une volonté de votre part de ne pas reconstituer le duo dans les mêmes scènes du film ?

Olivier : Oui, ce serait trop facile et puis on ne veut pas ressembler aux autres.

Kad : Eric et Ramzy ont tendance à être toujours ensemble et les autres, à côté par exemple. J’ai joué avec eux dans les Dalton, je sais très bien comment ça se passe. On ne voulait pas qu’il y ait à l’image, d’un côté les mecs drôles et de l’autre, les autres.

Olivier : D’ailleurs la scène la plus drôle du film, à mon avis, est celle du sampler avec Dussolier et Peff. On est très heureux que ce soit eux qui jouent cette scène.

Comment avez-vous convaincu Enrico Macias de faire partie de l’aventure ?

Kad : Voilà comment ça s’est passé : On écrit la voix de l’ordinateur de bord, très bien. On voulait lui donner un côté drôle. C’est quand même important, on se souvient tous de la voix de l’ordinateur dans « 2001, l’odyssée de l’espace ». On a décidé de l’appeler Enrico, ça sonnait comme un nom d’ordinateur.

Olivier : A partir de là, c’est l’usine à rêves, on peut tout se permettre. On a donc essayé de le contacter.

Kad : Nous avons rencontré son fils. On lui a dit qu’on voulait parler à son père. Ensuite on le rencontre, on lui dit bravo pour ce que vous faites tout ça et puis on attaque. « On a écrit un film. Dedans, il y a un ordinateur de bord, on aimerait bien que vous fassiez la voix ». On pense qu’il va nous mettre une mandale. Pas du tout, il a vraiment été content finalement.

Olivier : Le plus drôle, c’est que depuis quelques jours, tout le monde ne lui parle que de ça.

Est-ce que le film ressemble à ce que vous aviez envisagé ?

Olivier : Oui. Je pense qu’Eric a eu les moyens pour réaliser le film.

Kad : Ca va même au-delà de nos espérances. Lorsqu’on a vu le film pour la première fois, Olivier est sorti en larmes, moi je n’en pouvais plus.

Olivier : Nous l’avons vu trois ou quatre fois, sans les effets spéciaux, nous étions loin d’être rassurés. Quand tu vois la navette en carton, les fils de fer et tout… Finalement, nous sommes très très contents du film. Ce film mérite plus et mieux que « Pamela Rose », mais quoi qu’il arrive nous en sommes fier.

On a parfois l’impression de retrouver le Pignon de Veber…

Kad : Oui, moi je pensais plus aux frères Farelli. C’est à la fois barré et touchant.

Olivier : Ce sont les seuls qui traitent du handicap par exemple. En France, ça passe pour des grosses comédies potaches, alors qu’il y a toujours un fond très doux. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que l’un des deux frères tutoie un handicapé dans sa famille.

On imagine que le succès de « Pamela Rose » vous a ouvert plus facilement les portes ?

Olivier : Ce n’est pas compliqué : Tu fais un film, s’il marche, tu fais le deuxième. « Un ticket pour l’espace » a coûté le double par rapport au premier film, il faut qu’il fasse un minimum d’entrées. Si on atteint ce quota, on peut enchaîner sur un troisième film.

Pensiez-vous déjà faire du cinéma lorsque vous étiez sur le plateau de « La grosse émission » sur comédie ?

Olivier : En fait, nous avions déjà des idées de cinéma dès notre collaboration à Oui FM. On ne voulait pas spécialement faire « Pamela Rose ». Je me souviens que nous avons très vite fait des sketches sur le cinéma et puis tout ce que nous ne pouvions pas faire au cinéma, nous le faisions à la télévision. « Un ticket pour l’espace » n’est pas un sketch par contre, c’est vraiment un scénario travaillé.

Un retour sur scène est-il envisageable ?

Kad : On aimerait revenir sur scène. Ce serait un vrai délire, mais il devient difficile de caler 6 mois. Il faudrait ce laps de temps pour bosser sur un spectacle et ne faire que ça. La vérité, c’est que l’on aimerait faire un troisième film.

Pour finir, pensez-vous que la Française des jeux puisse commercialiser un jour le ticket pour l’espace ?

Olivier : C’est étrange que vous nous parliez de ça parce que je viens de recevoir un appel qui a priori concerne la Française des jeux. Je pense qu’ils sont en train de raccrocher les wagons sur le film. On leur avait proposé de participer, en matière de publicité. C’était pour eux hors de question, car on ne peut pas tricher chez eux. Ca va peut être drôle de les voir revenir en bous disant que ce n’était pas si mal.

Kad : Peut être que ça existera un jour. On nous propose déjà de gagner un salaire à vie, ou encore 80 millions d’euros sur un tirage, alors pourquoi pas…

Olivier : Moi j’en suis sûr, il y aura un concours un jour. Peut être pas en Europe, mais chez les chinois.

Un petit coup de cœur à nous faire partager ?

Kad : J’ai tourné dans le film de Peff qui s’appelle « Essaye moi », il sortira le 15 Mars. Peff a du talent, vraiment. Le film est très beau, j’espère qu’il va marcher. Il a d’autant plus de mérite qu’il a fait ça tout seul, sans chaîne de télé, sans distributeur

Olivier : Peff est un très grand comédien, c’est dommage que ce soit la télévision qui ait le droit de vie ou de mort sur un projet.

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